{"id":422,"date":"2014-11-16T11:37:29","date_gmt":"2014-11-16T09:37:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.memoiresecondaire.fr\/?p=422"},"modified":"2014-11-17T23:20:19","modified_gmt":"2014-11-17T21:20:19","slug":"les-memoires-dun-estudiant-botanica-vol-1-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.memoiresecondaire.fr\/?p=422","title":{"rendered":"Les m\u00e9moires d&rsquo;un estudiant botanica Vol.1 &#8211; #3"},"content":{"rendered":"<h3>7\u00a0&#8211; Enqu\u00eate<\/h3>\n<p>Je me levais \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019un matin blafard. Comme \u00e0 son habitude mon maitre \u00e9tait lev\u00e9 et avait commenc\u00e9 son entrainement dans la cour. Le rituel se r\u00e9p\u00e9tait tous les jours, inlassablement. J\u2019enfilais ma tunique de laine, refermais la boucle de ma ceinture et lassait mes sandales tout en observant mon maitre qui venait de s\u2019arr\u00eater pour effectuer quelques mouvements de gymnastique sur des rondins de bois. Je le voyais monter et descendre en utilisant juste la force de ses bras. A un moment, il se mit debout, torse nu, les mains et le visage rouges de froid et se mit \u00e0 soulever des b\u00fbches. La sueur coulait le long de son \u00e9chine et de la vapeur se d\u00e9gageait de sa peau coutur\u00e9e de cicatrices.<\/p>\n<p>La voix \u00e9raill\u00e9e de Karla Wagner, la cuisini\u00e8re, r\u00e9sonna dans les couloirs et m\u2019arracha \u00e0 cette vision. C\u2019\u00e9tait l\u2019heure de d\u00e9jeuner.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut d\u2019\u00eatre de grande qualit\u00e9, le petit d\u00e9jeuner \u00e9tait copieux, avec de grandes tranches de pain moelleux sur lesquelles \u00e9taient pos\u00e9es de gouteux morceaux de lards surmont\u00e9s d\u2019une paire d\u2019\u0153ufs l\u00e9g\u00e8rement grill\u00e9s. Apr\u00e8s nous \u00eatre restaur\u00e9s nous nous rend\u00eemes \u00e0 l\u2019infirmerie. Celle-ci avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en \u00e9largissant un ancien passage attenant au temple de Sigmar du ch\u00e2teau de Grunewald. S\u0153ur Sonja y officiait. C\u2019\u00e9tait une moniale de Sigmar, une guerri\u00e8re. Elle portait sur ses poignets les insignes de l\u2019empereur-dieu, le marteau \u00e0 gauche et la com\u00e8te \u00e0 deux queues sur le droit. Une longue cicatrice lui barrait le visage juste sous les yeux. Cette blessure l\u2019avait rendue d\u00e9finitivement aveugle et, ne pouvant plus se battre, elle avait pris la d\u00e9cision d\u2019employer ses talents et sa foi \u00e0 aider les malheureux.<\/p>\n<p>Il y avait l\u00e0 une demi-douzaine de personnes allong\u00e9es sur des lits de fortune, certains emmitoufl\u00e9s pour combattre le froid qui les tenaillait, d\u2019autres au contraire presque nus pour enrayer la progression de la fi\u00e8vre. J\u2019\u00e9tais troubl\u00e9 par leur \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, leur fatigue et leur difficult\u00e9 \u00e0 combattre ce qui ressemblait fort \u00e0 une infection. Je soulevais le cataplasme que l\u2019un d\u2019entre eux tenait serr\u00e9 sur son flanc pour y d\u00e9couvrir la blessure. L\u2019apparence de celle-ci \u00e9tait horrible. L\u2019estafilade que le pauvre homme s\u2019\u00e9tait inflig\u00e9e en voulant changer une des planches de sa cl\u00f4ture s\u2019\u00e9tait infect\u00e9e au point de recouvrir son c\u00f4t\u00e9 d\u2019une longue boursouflure allant de l\u2019aine \u00e0 l\u2019aisselle. Un filet de sang noir\u00e2tre courait tout le long. Les chairs n\u00e9cros\u00e9es, d\u2019une couleur oscillant entre le vert et le rose, en d\u00e9limitait les bords ouverts. Pour autant que je puisse en juger, l\u2019odeur qui s\u2019en d\u00e9gageait \u00e9voquait celle d\u2019un cadavre en putr\u00e9faction.<\/p>\n<p>Je reposais en h\u00e2te le bandage et reculait d\u2019un pas en me bouchant le nez avec le creux de mon coude.<\/p>\n<p>De quoi pouvait-il donc s\u2019agir\u00a0? A l\u2019\u00e9vidence, ce n\u2019\u00e9tait pas une simple infection. Le docteur Sieger avait bien veill\u00e9 \u00e0 nettoyer les plaies comme il le fallait et faisait changer les empl\u00e2tres r\u00e9guli\u00e8rement. Parcourant les \u00e9tag\u00e8res, je tentais d\u2019en reconnaitre les plantes entrepos\u00e9es dans de petits bocaux de verre. Quelques-unes ne me rappelaient aucun souvenir mais la plupart \u00e9taient connues pour leurs capacit\u00e9s m\u00e9dicinales \u00e9prouv\u00e9es. Les victimes, celles qui pouvaient encore parler, n\u2019avaient pas d\u2019indication \u00e0 nous fournir. Aucune n\u2019avait la m\u00eame activit\u00e9. Certaines \u00e9taient malades m\u00eame sans avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es. Enfin, aucune trace de morsure ou de piq\u00fbre n\u2019\u00e9tait visible, excluant la possibilit\u00e9 d\u2019un empoisonnement par un animal ou une plante.<\/p>\n<p>Ensuite nous interroge\u00e2mes les habitants encore valides. Sans plus de succ\u00e8s. La plupart se renfrognaient et pr\u00e9textaient du travail pour nous \u00e9viter.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette infructueuse journ\u00e9e nous d\u00e9cid\u00e2mes d\u2019enqu\u00eater dans le ch\u00e2teau. En premier lieu, j\u2019allai \u00e0 la biblioth\u00e8que. Elle \u00e9tait fort bien garnie pour une place fortifi\u00e9e comme celle-ci. Sous le regard attentif du biblioth\u00e9caire, je parcourus les rayonnages charg\u00e9s de livres. Il y avait peu de poussi\u00e8re et ces derniers \u00e9taient bien entretenus. J\u2019en ouvris quelques-uns\u00a0: <em>Trait\u00e9 d\u2019histoire sigmarite<\/em>, une sorte d\u2019encyclop\u00e9die de la vie de l\u2019empereur-dieu, <em>Tactiques imp\u00e9riales<\/em>, <em>les Guerres aux cours des \u00e2ges<\/em>, deux essais particuli\u00e8rement complexes sur la tactique et la strat\u00e9gie militaire, <em>Monarchie kisl\u00e9vite<\/em>, une tentative un peu d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de suivre les lign\u00e9es malgr\u00e9 les nombreuses circonvolutions g\u00e9n\u00e9alogique que 1000 ans de combat contre le Chaos avait engendr\u00e9s, <em>1001 recettes savoureuses d\u2019Estalie et d\u2019ailleurs<\/em>, un grimoire illustr\u00e9 que je m\u2019empressais d\u2019empocher discr\u00e8tement pour compulser plus tard au calme et surtout un petit livre \u00e0 la couverture pourpre dont le titre m\u2019intrigua particuli\u00e8rement\u00a0: <em>Une proposition inqui\u00e9tante<\/em>. Je profitais de la distraction offerte par le p\u00e8re Akney tentant de discuter philosophie sigmarite avec Otto pour mettre rapidement l\u2019ouvrage dans mon sac. Prendre un livre n\u2019est pas vraiment du vol. Plut\u00f4t un partage de connaissance non soumis \u00e0 approbation r\u00e9ciproque. De plus, une fois les connaissances acquises, je remets presque toujours les livres en place. Presque. A Nuln, c\u2019est m\u00eame une discipline reconnue. Il faut savoir que les documentalistes-biblioth\u00e9caires de l\u2019universit\u00e9 ont d\u00e9cid\u00e9 de ne plus tenir de registre de retard apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que la somme des amendes que devraient rendre les estudiants (et certains professeurs) d\u00e9passait de presque cinq fois le budget annuel de l\u2019universit\u00e9.<\/p>\n<p>Le soir arrivait et le diner allait \u00eatre servi dans quelques minutes. J\u2019en profitais pour aller discuter avec la cuisini\u00e8re. J\u2019avais pass\u00e9 une partie de mon adolescence \u00e0 exp\u00e9rimenter toute sorte de produits et ingr\u00e9dients, et la pr\u00e9paration de mets fins faisait assur\u00e9ment partie de mes comp\u00e9tences. Mme Wagner, un petit bout de femme \u00e0 la m\u00e2choire prognathe et aux cheveux en bataille, r\u00e9gnait sur ses mirlitons. Son domaine \u00e9tait ses casseroles et ses fourneaux. Malheur \u00e0 celui qui venait empi\u00e9ter sur son territoire. J\u2019en fis l\u2019am\u00e8re constatation lorsqu\u2019apr\u00e8s un rapide et froid \u00e9change de banalit\u00e9, elle pr\u00e9f\u00e9ra me jeter dehors sans autre forme de proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ma m\u00e9saventure je fl\u00e2nais ici ou l\u00e0, laissant trainer mes oreilles et mes yeux en attendant le repas, lorsque je vis sur le sol un morceau de papier pli\u00e9 en deux. Sans doute une note oubli\u00e9e par le seigneur Aschaffenberg. Il \u00e9tait \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0<em>pour le poulet, c\u2019est bon<\/em>\u00a0\u00bb. Je retournai plusieurs fois la note manuscrite, tentant de voir s\u2019il ne manquait pas quelque chose, mais je ne trouvais rien d\u2019autre. Quelques minutes plus tard j\u2019en informai Camillia et le p\u00e8re Akney, qui semblait d\u00e9j\u00e0 tout chamboul\u00e9, puis alla m\u2019assoir \u00e0 la table. Un repas pantagru\u00e9lique nous attendait. L\u2019entr\u00e9e \u00e9tait une mousse de canard marin\u00e9e \u00e0 l\u2019huile de noix du Reikland saupoudr\u00e9e de baies brunes hach\u00e9es finement. Un d\u00e9lice pour le palais et un soulagement de l\u2019\u00e2me. On nous proposa deux plats particuli\u00e8rement copieux. Le poulet en rotissade, fourr\u00e9 \u00e0 la ch\u00e2taigne et couvert de son jus \u00e9tait absolument fabuleux. Le papier disait vrai. Repus, je ne pus suivre la fin du repas, et me mis \u00e0 somnoler tranquillement sur mon si\u00e8ge. Mes compagnons prirent le deuxi\u00e8me plat,\u00a0un poisson \u00e9norme pr\u00e9par\u00e9 en grilladine, mais rapidement, me voyant fermer l\u2019\u0153il, ils d\u00e9cid\u00e8rent de m\u2019emmener dans ma chambre.<\/p>\n<p>Tandis que mon maitre me soulevait par un bras, je sentis le frottement agr\u00e9able de mon visage sur son \u00e9paule, d\u2019une solidit\u00e9 de brique et me laissait aller \u00e0 une douce torpeur. Je jetais un \u0153il derri\u00e8re moi et m\u2019aper\u00e7us que d\u2019autres \u00e9tait affal\u00e9s sur la table, dormant dans leur bras, ou carr\u00e9ment dans leur assiettes. A cet instant j\u2019aurais d\u00fb me douter de quelque chose. Depuis le d\u00e9but nous avions \u00e9t\u00e9 trop bien accueillis. Personne ne nous demandait o\u00f9 en \u00e9tait notre enqu\u00eate. Et cette fatigue \u00e9tait bien trop soudaine pour \u00eatre honn\u00eate. Malgr\u00e9 l\u2019avertissement du mot trouv\u00e9 par terre, je venais de tomber dans un pi\u00e8ge.<\/p>\n<p>Quelques minutes plus tard, je sombrais dans le sommeil.<\/p>\n<h3>8\u00a0&#8211; Une nuit difficile<\/h3>\n<p>Mes oreilles bourdonnaient. J\u2019entendais qu\u2019on m\u2019appelait mais je ne savais pas d\u2019o\u00f9 cela pouvait provenir. Mes paupi\u00e8res \u00e9taient lourdes. Autour de moi les sons me parvenaient \u00e9touff\u00e9s, comme si mes oreilles \u00e9taient bouch\u00e9es. Puis d\u2019un coup, tout devint clair.<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9veilles-toi bordel de saloperie me criait mon maitre. Bouge ton fessier petit, ou tu vas y passer pour s\u00fbr\u00a0!<\/li>\n<li>Maman, laisse-moi tranquille, je ne veux pas y aller, murmurai-je, encore endormi.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mais le p\u00e8re Akney me secouait et me secouait encore, tant et si bien que je m\u2019\u00e9croulai au bas de mon lit. Je me levai comme je pouvais. Le monde tanguait autour de moi. La naus\u00e9e habituelle, signe d\u2019une gueule de bois carabin\u00e9e, commen\u00e7ait \u00e0 poindre.<\/p>\n<ul>\n<li>Elles sont l\u00e0 bordel\u00a0! hurla-t-il en me collant violemment le visage contre la fen\u00eatre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Alors, dans la nuit baign\u00e9e d\u2019une lumi\u00e8re lunaire, je les vis. Les monstres que nous avions combattus la veille \u00e9taient revenus. Mais ils n\u2019\u00e9taient pas une poign\u00e9e. Cette fois, nous avions \u00e0 faire \u00e0 une horde enti\u00e8re. Des dizaines de ces cr\u00e9atures d\u00e9ferlaient par les portes entrouvertes du ch\u00e2teau. Les cadavres des gardes avaient \u00e9t\u00e9 projet\u00e9s contre les murs. D\u00e9j\u00e0 le combat commen\u00e7ait dans la cour.<\/p>\n<p>Mon maitre me mit mon \u00e9p\u00e9e dans les mains tout en me poussant dans les escaliers.<\/p>\n<ul>\n<li>Vite, nous devons les repousser.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Avais-je vu la m\u00eame chose que lui\u00a0? Alors que nous arrivions sur le perron menant dans la cour, nous f\u00fbmes rejoints par le seigneur Aschaffenberg. Il \u00e9tait arm\u00e9 d\u2019une lourde \u00e9p\u00e9e \u00e0 deux mains et avait rev\u00eatu un plastron de cuirasse. Quelques gardes \u00e9taient pr\u00e9sents, le visage d\u00e9compos\u00e9 par la peur. Soudain, ce qui restait de la porte d\u2019entr\u00e9e vola en \u00e9clat. Dans les retomb\u00e9es d\u2019\u00e9chardes et de poussi\u00e8re apparut le plus gigantesque monstre qu\u2019il m\u2019ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de voir. Il \u00e9tait haut comme deux hommes. Le bas de son corps ressemblait \u00e0 celui d\u2019un humain mais son torse et sa t\u00eate \u00e9tait ceux d\u2019un \u00e9norme taureau. Son cr\u00e2ne portait deux immenses cornes spiral\u00e9es luisantes. Il observa la sc\u00e8ne un instant puis \u00e9mit un grognement sourd avant de courir dans notre direction.<\/p>\n<p>Les brumes de mon esprit se dissip\u00e8rent instantan\u00e9ment. Voyant que le groupe d\u2019hommes-b\u00eates passait pr\u00e8s des \u00e9curies, j\u2019eus une id\u00e9e. Sans plus r\u00e9fl\u00e9chir, je courus dans la direction du b\u00e2timent. J\u2019atteins rapidement la porte et m\u2019y engouffrai. A l\u2019int\u00e9rieur, les chevaux piaffaient. Leurs yeux roulaient dans leurs orbites. Leurs naseaux \u00e9cumaient de peur. Ils tiraient sur leur corde sans parvenir \u00e0 les rompre, ce qui m\u2019aurait arrang\u00e9. Mon id\u00e9e \u00e9tait simple mais compl\u00e8tement folle. Je voulais les lib\u00e9rer et les diriger sur les hommes-b\u00eates pour provoquer une confusion que nous aurions pu mettre \u00e0 profit pour les battre. Je n\u2019avais pas pens\u00e9 que les chevaux pouvaient tout aussi bien se retourner contre nous\u00a0! Malheureusement je n\u2019eus pas le temps de r\u00e9aliser mes projets. Du coin de l\u2019\u0153il, j\u2019aper\u00e7us le chef de la meute. Il avait chang\u00e9 de direction et avait d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019occuper personnellement de mon cas. Pris de terreur, je d\u00e9cidais d\u2019aller me cacher sur une plate-forme en hauteur, au-dessus des chevaux. Je grimpais pr\u00e9cipitamment l\u2019\u00e9chelle puis me jetai derri\u00e8re des caisses au moment o\u00f9 la porte de la grange s\u2019effondrait sous les assauts du monstre. Je me recroquevillai en serrant les dents, tentant de respirer le moins fort possible. Les chevaux faisaient un boucan de tous les diables. Je pensais que leur odeur allait me sauver mais la cr\u00e9ature \u00e9tait plus intelligente que cela. N\u2019entendant plus rien, je risquai un coup d\u2019\u0153il hors de ma cachette. Le monstre me tournait le dos et fouillait la paille. Soudain, il poussa un grognement de triomphe et attrapa quelque chose au sol. Horrifi\u00e9, je vis qu\u2019il s\u2019agissait des deux palefreniers qui avaient essay\u00e9 de se cacher\u00a0! J\u2019entendis les os craquer, je vis le sang couler comme une fontaine tandis que le monstre les fracassait contre les murs comme des poup\u00e9es de chiffons. Je me retournai dans ma cachette et vis quelque chose briller dans le noir. J\u2019avan\u00e7ai ma main et attrapai un long tube de m\u00e9tal \u00e9vas\u00e9. Je venais de trouver le tromblon du cocher. Et il \u00e9tait charg\u00e9.<\/p>\n<p>Retenant mon souffle, je visais soigneusement le dos de la cr\u00e9ature qui d\u00e9vorait les malheureux, puis appuyai sur la d\u00e9tente. La violence du choc me projeta en arri\u00e8re. La charge de clous frappa le monstre de plein fouet, entaillant sa chair, rougissant la paille de son sang. La cr\u00e9ature hurla de douleur puis se retourna vers moi, folle de rage. A l\u2019\u00e9vidence, cela n\u2019avait pas suffi\u00a0! D\u2019un bond, elle attrapa le bord de la plate-forme et commen\u00e7a \u00e0 se hisser. Son visage et ses poings \u00e9normes n\u2019\u00e9taient qu\u2019\u00e0 quelques centim\u00e8tres de moi. Je pouvais sentir son haleine de souffre. Cherchant une \u00e9chappatoire mes yeux se pos\u00e8rent sur une ouverture menant sur le toit. L\u2019\u00e9norme main me rata de peu alors que je sautai au travers de la fen\u00eatre. J\u2019eu \u00e0 peine le temps de reprendre mon \u00e9quilibre que je vis la t\u00eate du monstre juste derri\u00e8re moi. Ses \u00e9paules trop larges ne passaient pas mais il s\u2019y employait quand m\u00eame \u00e0 toute force. Chacun de ses coups de boutoir faisait vaciller toute la grange. A plusieurs reprises je tentai de le frapper avec mon \u00e9p\u00e9e mais les tuiles glissantes rendaient mes coups impr\u00e9cis. Voyant qu\u2019il ne pouvait pas m\u2019atteindre, le monstre pr\u00e9f\u00e9ra ressortir de la grange. Apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait bien parti, je redescendis sur la plate-forme puis rechargeai le tromblon. Dehors, les hommes criaient de plus belle. Apr\u00e8s tout ce temps, le seigneur \u00e9tait encore debout\u00a0! Empli d\u2019espoir, je fon\u00e7ai les rejoindre. La plupart des hommes-b\u00eates avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Les gardes du seigneur gisaient sur le sol. Le seigneur combattait avec fougue les derniers monstres. Mon attention fut attir\u00e9e par le chef des hommes-b\u00eates. Il \u00e9tait debout devant le p\u00e8re Akney inconscient. La jambe du monstre \u00e9tait lev\u00e9e au-dessus de la t\u00eate de mon maitre, pr\u00eate \u00e0 l\u2019achever. Mon sang ne fit qu\u2019un tour. Instantan\u00e9ment, je levais mon arme et tirait sur l\u2019\u00e9norme cr\u00e9ature. Le temps sembla se ralentir. Les plombs vol\u00e8rent vers leur cible. Ils s\u2019enfonc\u00e8rent profond\u00e9ment dans la peau du monstre, mordirent les chairs, \u00e9clat\u00e8rent les os. Son cr\u00e2ne \u00e9norme eut l\u2019air d\u2019exploser et r\u00e9pandit son contenu sur le sol. Lentement, comme suspendu par des fils invisibles, le corps de l\u2019homme-b\u00eate tomba \u00e0 genou puis s\u2019effondra. Reprenant mes esprits je courus voir mon maitre. Son corps avait l\u2019air bris\u00e9 en plusieurs endroits. Sa respiration \u00e9tait sifflante. Le sang coulait de son visage tum\u00e9fi\u00e9. Il \u00e9tait gravement bless\u00e9 mais il vivait encore.<\/p>\n<p>Autour de moi, les combats s\u2019arr\u00eataient. Leur chef mort, les cr\u00e9atures pr\u00e9f\u00e9r\u00e8rent fuir. Le seigneur mit \u00e0 profit ce r\u00e9pit pour compter les survivants. Le capitaine Blucher avait surv\u00e9cu presque sans une \u00e9gratignure. Olver, le maitre des chiens, \u00e9tait lui aussi de la partie. Son bras gauche pendait lamentablement \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 et un de ses yeux \u00e9tait ferm\u00e9, mais il souriait. Sur la place, le p\u00e8re Akney reprenait conscience.<\/p>\n<ul>\n<li>Ce n\u2019est pas fini, dit Camillia d\u2019une voix sombre. Il y a quelques minutes, j\u2019ai surpris quelques-uns de vos hommes en plein rituel, dans la cave. Les hommes-b\u00eates n\u2019\u00e9taient qu\u2019une diversion.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme pour appuyer ses paroles, une lumi\u00e8re verd\u00e2tre \u00e9claira la cour du ch\u00e2teau. La lune du Chaos venait d\u2019apparaitre dans toute sa splendeur.<\/p>\n<h3>9 &#8211; A la poursuite du mal<\/h3>\n<p>Mon maitre se releva, les yeux rougis par la rage. D\u2019une main, il se tenait le flanc, de l\u2019autre sa hache. Mu par son incroyable volont\u00e9, il se dirigea en vacillant vers la porte menant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du ch\u00e2teau.<\/p>\n<ul>\n<li>Le passage est dans la chambre du majordome, dit Camillia rapidement. Y\u2019a cinq personnes en robes de c\u00e9r\u00e9monie. Sont devant un bouquin et un tapis avec un gros \u0153il jaune qui veut sortir tout seul.<\/li>\n<li>L\u2019\u0153il du Chaos, grogna le p\u00e8re Akney. Il veut nous rejoindre.<\/li>\n<li>Comment\u00a0\u00e7a\u00a0? demandai-je, la voix tremblante.<\/li>\n<li>Il y a certaines choses qui devraient rester \u00e0 leur place, petit. Mais \u00e7a, le Chaos il comprend pas bien. Alors il se sert des gens pour venir chez nous. Il leur promet du pouvoir. Il leur met des id\u00e9es dans la t\u00eate. De dr\u00f4les d\u2019id\u00e9es.<\/li>\n<li>Des id\u00e9es\u00a0?<\/li>\n<li>Et ces id\u00e9es tu vois, elles peuvent tout te chambouler la t\u00eate. Apr\u00e8s tu sais plus bien qu\u2019est-ce qu\u2019est bien et qu\u2019est-ce qu\u2019est pas bien, tu vois\u00a0?<\/li>\n<li>Mais les id\u00e9es, ce ne sont que des id\u00e9es\u00a0! m\u2019exclamais-je.<\/li>\n<li>Les id\u00e9es c\u2019est ce qu\u2019il y a de pire. Elles d\u00e9truisent des empires bien plus surement qu\u2019une arm\u00e9e. En attendant, je crois bien qu\u2019on va se taper une autre bataille.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Nous arriv\u00e2mes pr\u00e8s de la chambre du majordome. L\u2019armoire du fond avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e et une vol\u00e9e de marches descendait dans le noir depuis l\u2019ouverture qui se trouvait dans le mur.<\/p>\n<p>Le seigneur Aschaffenberg ouvrit la marche suivi du capitaine et du p\u00e8re Akney encore vacillant. Quelques instants plus tard, nous p\u00e9n\u00e9tr\u00e2mes dans une grande cave vout\u00e9e. Quelques braseros finissaient de bruler aux coins d\u2019un signe \u00e9trange peint en rouge sur le sol. Une \u00e9toile \u00e0 huit branches. Il n\u2019y avait personne. Le tapis et le livre que Camillia avait d\u00e9crits n\u2019\u00e9taient pas l\u00e0. Au fond de la pi\u00e8ce se trouvait une autre ouverture que nous emprunt\u00e2mes rapidement. Un nouvel escalier de pierre montait le long des murs du ch\u00e2teau jusqu\u2019\u00e0 un palier \u00e9troit et une grosse porte. Fou de rage, le seigneur l\u2019ouvrit d\u2019un coup de pied et d\u00e9couvrit qu\u2019elle menait directement sur le toit du ch\u00e2teau.<\/p>\n<p>A une douzaines de m\u00e8tres de nous se tenait une congr\u00e9gation h\u00e9t\u00e9roclite. Il y avait le bon docteur Sieger, Karla Wagner la cuisini\u00e8re, et deux autres personnes que je ne reconnus pas. Ils \u00e9taient habill\u00e9s de longues robes de c\u00e9r\u00e9monie pourpres aux coutures d\u2019or. Derri\u00e8re eux se tenait le majordome. Il portait un grand livre ouvert et psalmodiait des incantations inintelligibles. Le tapis avait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 sur le sol et semblait bouger de lui-m\u00eame. L\u2019\u0153il qui y avait \u00e9t\u00e9 brod\u00e9 grandissait d\u00e9mesur\u00e9ment, s\u2019\u00e9tirant d\u2019une mani\u00e8re obsc\u00e8ne. Morslieb \u00e9tait pleine et \u00e9clairait la sc\u00e8ne d\u2019une lumi\u00e8re spectrale.<\/p>\n<ul>\n<li>Eh bien vous voil\u00e0 enfin, fit le majordome en refermant le livre avant de le jeter comme un papier gras. Malheureusement vous arrivez trop tard. Le rituel est termin\u00e9. Dans quelques instants vous pourrez contempler la splendeur de mon maitre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le p\u00e8re Akney et le seigneur Aschaffenberg ne lui laiss\u00e8rent pas le loisir de continuer son monologue. Ils fonc\u00e8rent dans le tas, l\u2019arme au poing. Camilla d\u00e9cocha un carreau d\u2019arbal\u00e8te sur un des cultistes qui s\u2019effondra, les mains crisp\u00e9es sur la poitrine. Je vis le capitaine de la garde et le maitre-chien me d\u00e9passer \u00e0 leur tour pour aller ferrailler. Le toit devint tr\u00e8s rapidement confus. La bataille faisait rage, chacun tentant de d\u00e9s\u00e9quilibrer son adversaire pour le faire tomber du bord. L\u2019un des cultistes en fit les frais et s\u2019\u00e9crasa quelques dizaines de m\u00e8tres plus bas dans un bruis d\u2019os bris\u00e9s. Mon maitre combattait avec l\u2019\u00e9nergie du d\u00e9sespoir, balan\u00e7ant son arme dans tous les sens, avec conviction mais peu d\u2019efficacit\u00e9. Le seigneur Aschaffenberg faisait des moulinets, embrochant ses anciens subalternes sans h\u00e9sitation. Pendant ce temps, je cherchai une solution au v\u00e9ritable probl\u00e8me. Sous la lumi\u00e8re de la lune, l\u2019\u0153il du Chaos prenait forme humaine. De longs appendices tentaculaires sortaient sporadiquement du monticule de chair apparaissant sur le tapis. Je voyais l\u2019air vibrer. Au travers des univers, par-del\u00e0 les dimensions, des silhouettes se frayaient un passage vers notre monde. Puis vint l\u2019illumination. Le rituel \u00e9tait peut-\u00eatre termin\u00e9 mais le passage n\u2019\u00e9tait pas encore ouvert. Je levais la t\u00eate et regardait Camillia. D\u2019un regard nous compr\u00eemes ce que nous devions faire. C\u2019\u00e9tait le moment ou jamais. Nous nous jet\u00e2mes simultan\u00e9ment sur le tapis pour en attraper chacun un coin. Il \u00e9tait bien plus lourd qu\u2019il n\u2019y paraissait. Des dizaines d\u2019images abominables jaillissaient dans ma t\u00eate, des rafales de visions cauchemardesques m\u2019assaillaient tandis que je me concentrais sur ce que je devais faire. Le visage de mon grand-p\u00e8re m\u2019apparut. Je ne pouvais pas le d\u00e9cevoir. Je devais y arriver. Les larmes aux yeux, je tirais sur le tapis-portail \u00e0 m\u2019en d\u00e9crocher les bras. Camillia et moi fin\u00eemes par le retourner, emp\u00eachant l\u2019\u0153il du Chaos de recevoir la lumi\u00e8re de Morslieb.<\/p>\n<h3>10\u00a0&#8211; Extinction<\/h3>\n<p>Assis sur le toit, mon regard se perdait dans les montagnes qui se d\u00e9coupaient au loin. Derri\u00e8re moi r\u00e9sonnaient les r\u00e2les d\u2019agonie des cultistes abattus. Je passai ma pipe \u00e0 Camillia qui en tira une bouff\u00e9e avant de souffler un long jet de fum\u00e9e bleut\u00e9e.<\/p>\n<ul>\n<li>Vous croyez que c\u2019est termin\u00e9\u00a0? demandais-je, le regard fix\u00e9 sur l\u2019horizon.<\/li>\n<li>On vient de gagner une bataille, me r\u00e9pondit-elle fatigu\u00e9e. C\u2019est tout. Il faudra s\u2019en contenter. Viens, il faut nettoyer maintenant.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les cadavres des cultistes s\u2019entassaient sur le toit. Un nuage passait devant Morslieb dont la lumi\u00e8re avait finalement disparue. Adoss\u00e9 contre un muret, le p\u00e8re Akney se reposait. Le seigneur Aschaffenberg \u00e9tait accroupi pr\u00e8s du majordome, mais le chef des cultistes \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort. Il fallait que je sache ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, comment un groupe de gens \u00e0 priori sans histoires avait pu tenter de commettre une telle folie. Quelles abjectes pens\u00e9es avaient pu leur traverser l\u2019esprit.<\/p>\n<p>Je m\u2019approchais du livre que le majordome avait jet\u00e9 \u00e0 terre et l\u2019ouvrit \u00e0 une page au hasard. Il y avait des lignes d\u2019une \u00e9criture en pattes de mouche dans une langue que je ne comprenais pas et des dessins de cr\u00e9atures inconnues apparaissaient un peu partout. Les marges \u00e9taient griffonn\u00e9es d\u2019annotations incompr\u00e9hensibles \u00e9crites d\u2019une main f\u00e9brile. Soudain mon livre tomba au sol. Le regard du p\u00e8re Akney \u00e9tait un m\u00e9lange de rage et de piti\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>L\u00e2che ce livre petit, rugit-il. Tu ne sais pas ce que tu fais, tu n\u2019as rien retenu de ce que je t\u2019ai dit.<\/li>\n<li>Mais.. bredouillais-je. Nous devons savoir\u00a0! Ce n\u2019est qu\u2019un livre, un simple livre\u00a0! Les livres ne peuvent nous faire du mal\u00a0!<\/li>\n<li>Tais-toi\u00a0! Tu ne sais pas de quoi tu parles. Il hurlait, comme poss\u00e9d\u00e9. Sa bouche \u00e9cumait. J\u2019ai vu les d\u00e9g\u00e2ts que peuvent faire les livres\u00a0! Tu crois que tu es le premier \u00e0 imaginer pouvoir comprendre ? A penser que le Chaos peut se domestiquer, qu\u2019on peut lui donner des ordres ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Je ne savais que r\u00e9pondre. J\u2019\u00e9tais terrifi\u00e9. Je savais que j\u2019avais raison mais la folie dans ses yeux me fit taire. Il continuait de hurler sous les regards \u00e9tonn\u00e9s des hommes du ch\u00e2teau.<\/p>\n<ul>\n<li>Non, pas cette fois. Je ne referai pas la m\u00eame erreur avec toi.<\/li>\n<li>Je vous en supplie maitre, fis-je d\u2019une voix blanche. Le marteau de Sigmar est puissant mais il est inutile s\u2019il ne sait pas o\u00f9 frapper. Les livres ne sont que des outils, des armes que l\u2019on peut utiliser dans notre combat.<\/li>\n<li>Cela suffit, jeune pr\u00e9tentieux\u00a0! J\u2019ai pris ma d\u00e9cision\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p>Son visage n\u2019\u00e9tait qu\u2019\u00e0 quelques centim\u00e8tres du mien. Je pouvais voir ses dents bris\u00e9es et ses yeux inject\u00e9s de sang. Une main se posa sur son \u00e9paule.<\/p>\n<ul>\n<li>P\u00e8re Akney, vous avez raison, murmura Camillia. Nous allons br\u00fbler ce livre comme il se doit. Le Chaos ne doit pas nous infecter.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Joignant le geste \u00e0 la parole, Camillia prit le livre en l\u2019enserrant dans un v\u00eatement, comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait agi d\u2019un plat qui sortait du four, et le jeta dans le brasier qui avait \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 pour les cadavres et dans lequel brulait d\u00e9j\u00e0 le tapis maudit.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, quelque chose s\u2019\u00e9tait bris\u00e9 en moi. Je compris que nous \u00e9tions fondamentalement diff\u00e9rents. Que la folie s\u2019\u00e9tait empar\u00e9e de l\u2019esprit de mon maitre et que son jugement \u00e9tait devenu flou. Il fallait que je reste \u00e0 son c\u00f4t\u00e9. Je devais l\u2019aider comme il m\u2019avait aid\u00e9. Sans le savoir, nous venions de faire un pacte. Il sauverait mon corps, je sauverais son \u00e2me.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, nous repr\u00eemes la route en compagnie du cocher du seigneur Aschaffenberg.<\/p>\n<p>Camillia comptait l\u2019or que nous avions re\u00e7u en r\u00e9compense. Mon maitre se reposait dans la carriole, grognant et balbutiant dans un demi-sommeil agit\u00e9, le corps couvert de bandages. Je repensais \u00e0 notre affaire. Des employ\u00e9s corrompus, cherchant toujours plus de pouvoir dans l\u2019occultisme et l\u2019\u00e9tude de l\u2019ancienne magie, volant l\u2019\u00e9nergie vitale de ceux qui les entourait et leur faisait confiance, tout \u00e7a pour quoi\u00a0? Le retour de dieux tr\u00e8s anciens ? Une parcelle d\u2018\u00e9nergie divine\u00a0? J\u2019avais du mal \u00e0 imaginer comment on pouvait si facilement \u00e9changer son \u00e2me.<\/p>\n<p>Chassant ces mauvaises pens\u00e9es, je me saisis du petit livre qui se trouvait dans ma sacoche. Et tout en jetant des regards furtifs vers le p\u00e8re Akney, je me mis \u00e0 lire les premi\u00e8res pages d\u2019<em>Une proposition inqui\u00e9tante.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Fin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>7\u00a0&#8211; Enqu\u00eate Je me levais \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019un matin blafard. Comme \u00e0 son habitude mon maitre \u00e9tait lev\u00e9 et avait commenc\u00e9 son entrainement dans la cour. Le rituel se r\u00e9p\u00e9tait tous les jours, inlassablement. 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