Mai, 2019

Transformer un album complet téléchargé sur Youtube en une suite de fichiers musicaux indépendants

Des fois y’a des chouettes albums sur Youtube et on aimerait bien les télécharger. Des fois, y’a des gens sympas qui mettent même des timecodes correspondant au moment où commence chaque chanson. Ben avec tout çà on peut se faire un chouette album. Attention, cela est probablement illégal si vous ne possédez pas l’album en question.


Commencez par trouver votre album sur Youtube. Téléchargez-le avec Youtube-dl. Exemple avec Monalbumàmoi

youtube-dl -f best -x extract --audio-format mp3 <lien youtube Monalbumàmoi>

Copiez puis coller les timecodes dans un fichier texte quelconque que vous aurez pris soin de renommer en .cue

Modifier le fichier pour qu’il corresponde à ce format.

PERFORMER "<nom de l'artiste>"
 TITLE "<Titre de l'album>" 
 FILE "<nom du fichier.mp3>" MP3
 TRACK    01  AUDIO   
 TITLE    "<Titre du 1er morceau>"  
 PERFORMER    "<Artiste>"    
 INDEX 01    00:00:00
TRACK 02 AUDIO 
et ainsi de suite

EDIT (07/08/19) : Je suis tombé sur plusieurs sites pour aider à la génération du fichier cue
http://cuegenerator.net/
http://www.stutenandy.de/cue.php?lang=en

Téléchargez cuesplitter. La version 1.2 marche très bien.

Lancez cuesplitter et ouvrez le fichier cue créé.

Si le fichier n’est pas formaté correctement, cuesplitter mettra des warning et indiquera ce qu’il y a à corriger.

Ensuite cliquez sur « Séparez! », selectionnez un répertoire de sortie, et roule ma poule.

Simple et de bon goût.

De l’exploration des mondes réels, ma soirée BDSM

Il y a quelques semaines, par le biais d’une association de quartier je rencontrais une fille que je découvrais particulièrement sympa, mignonne et carrément geek. Curieuse et aventureuse, elle et son mari explorent des territoires sexuels que je ne connais pas. Tout aussi curieux, je suis l’archétype du mec qui observe mais ne s’implique pas, toujours en contrôle, voyeur évidemment. Un jour elle me propose une soirée BDSM, Bondage Sado-maso, pas eu le temps de compter jusqu’à trois que j’acceptais cette occasion unique de découvrir un monde nouveau.


Mon amie s’occupe de tout, elle m’inscrit à la soirée, me parraine et me fait accepter alors que je suis seul (ce qui n’est normalement pas permis). Les quelques échanges que j’ai avec les organisateurs sont cordiaux, et me rassurent. A part les photos de lieu qui, comme ça de l’extérieur, peuvent faire un peu flipper, en fait tout va bien.

Jour J, je ne suis pas à l’aise. Dans la voiture, Il y a mon amie, avec son mari, un couple d’amis à eux que je ne connaissais pas et moi. Dans la voiture on plaisante, on discute, on se rend compte qu’on a des points communs et de la geekerie à revendre, on fait des plans pour organiser des parties de jeu de rôle, bref je suis content. Cela dit, je ne sais pas où je vais, ni ce qu’il va se passer et tout ce qu’on peut me dire ne m’aide finalement pas. Je ne sais pas s’il faut s’habiller d’une certaine manière. D’une précédente expérience j’avais l’impression qu’il fallait être super looké, homme comme femme, mais finalement le combo pantalon, chemise noirs et chaussure de ville fonctionne.

On est accueilli dans une petite pièce d’un appartement sur deux étages par un mec hyper gentil au visage doux. On paye, trente boules pour la soirée, sachant que c’est open bar pour les alcools, ce n’est pas cher du tout en vrai. J’ai dépensé plus de thunes en soirée après les cours de théâtre que là.

Il y a une douche, des toilettes hyper propres, une salle pour manger et boire, avec pas mal de d’alcool pour se désinhiber, et un peu de nourriture pour les petits creux. La salade de fruit était une énorme tuerie. La patronne nous fait visiter les deux salles de jeux. Deux grandes pièces d’où pendent du plafond des anneaux pour s’attacher. Il y a des chevalets, une sorte de cheval d’arçon, des cordes, des fouets, chats à neuf queues et autre badines et plein d’objets divers dont je ne comprends pas forcément l’usage. Des gens sont déjà arrivés. Je me rends rapidement compte que nous sommes les plus jeunes, ce n’est pas un problème pour moi, et je ne suis absolument pas étonné. Je suppose qu’il faut du temps pour assumer ses envies et s’autoriser ces soirées. Je vois passer un homme habillé en cuir, les fesses à l’air et le sexe apparent, enserré par un anneau de métal. Une femme d’une soixantaine d’année, est à demi-nue, les seins lourds et beaux offert à la vue de tous. Quelques hommes portent des colliers de chiens. Certaines femmes sont en simili-cuir, option découverte. Je vois quelques personnes un peu à l’écart, observant, comme moi. On se rassemble, les gens discutent, j’ai l’impression d’être à une soirée parfaitement normale avec des gens absolument adorables, juste ils sont le cul à l’air. On boit un peu, on mange un peu et la maitresse des lieux nous donne les règles. Propreté et hygiène avant tout, primordial, sécurité et consentement absolu, des serviettes, des préservatifs, d’autres conseils de bon sens donné sur le ton de la rigolade. Je suis bluffé par la tranquillité et la simplicité qui se dégage. Partout je vois des sourires et des gens l’air heureux de partager un bon moment.

On me présente un homme et sa copine, lui blanco un peu mal foutu, je détecte un air un mi-dégueu mi amusé. Sa copine, asiatique, jolie, fine, ne parle qu’anglais, ça me fait travailler la langue. Elle est canadienne. Lui est sympa, il apprend et pratique l’art des cordes et m’en parle avec plaisir, partageant sa passion pour les nœuds. C’est intéressant, surtout quand il emploie un vocabulaire lié à l’hypnose pour décrire certaines de ses actions. Elle me raconte qu’elle voyage beaucoup, rencontre des gens et aime se faire attacher.

La soirée démarre tranquillement. Dans une pièce j’entends le claquement d’une cravache sur une fesse. La femme aux seins lourds est debout contre un chevalet et se fait gentiment fouetter par son mari, un homme aux cheveux blancs qui manie son instrument d’une main agile, tour à tour caressant puis frappant gentiment, glissant de temps en temps la baguette en cuir dans son entrejambe. Quelques hommes sont dans un trip soumission. A quatre pattes, le cul en l’air, ils attendent le bon vouloir de leur domina, qui vient leur caresser le postérieur. C’est dingue. Parce que tout me parait parfaitement normal. Personne ne se juge, à part au théâtre où on joue avec son corps, je n’ai jamais été dans un environnement avec une telle acceptation du corps de l’autre.

Je fais une pause dans mon observation et je discute avec un pâtissier qui me montre ses créations sur son smartphone, magnifiques, j’ai envie de bouffer du sucre.

Un mec, sourire jusqu’aux oreilles, m’explique qu’il préfère être fouetté mais qu’au besoin il peut dépanner. Je rigole, et lui demande de le faire sur moi. Il utilise un long losange de cuir rose, appelé Langue de dragon et frappe sur mon dos, chemise conservée. Je suis un peu épais et j’ai du mal à ressentir des choses. Pour les massages, il faut littéralement me marcher dessus ou m’enfoncer ses poings dans le dos pour que je commence à sentir. Rapidement je lui ai demandé d’y aller plus fort, puis j’ai commencé à aimer ça. Ce n’est pas vraiment une douleur, ça commence comme une caresse et ça monte lentement. Dans le sexe, il y a souvent un moment d’excitation où je bascule et j’apprécie particulièrement de me faire griffer le dos, parfois jusqu’au sang. Là c’était tranquille mais je sentais que ça pouvait monter haut. Absolument rien de sexuel du coup, ce n’est pas cette excitation. Première expérience réussie donc. Autour de moi, ça commence à se chauffer un peu. La canadienne se fait attacher par son ami. Une femme se fait sévèrement fessée. Mes potes technophiles me font essayer une application sur smartphone qui permet de faire vibrer deux sex-toys selon sa propre volonté, rythme, puissance. On est en plein Déclic. Je prends en main un œuf vibrant qui a déjà une sacrée patate, mais le second, un engin de la forme et de la taille d’un rasoir électrique est tellement puissant qu’il m’engourdit la main au bout de quelques secondes. Dans une culotte ça doit dépoter sévère. Ce que je constate rapidement lorsque quelques minutes après, cette fille se fait attacher au plafond, les yeux couverts d’un masque, une boule dans la bouche, les deux sex-toys placés là où ils doivent être. Il y a une sensation de puissance, de pouvoir jouissive lorsque je la vois tressaillir à mesure que j’augmente ou diminue la vitesse et la force des deux engins. Je flippe un peu tout de même, je suis toujours en train de me demander si elle est ok. Elle répond régulièrement oui de la tête, elle ne voit rien mais entend tout, le plaisir des trois mecs qui jouent avec elle, les rires, les questions techniques, les demandes de consentement. Elle acquiesce souvent, refuse parfois, personne n’insiste, absolument jamais. Oui, non, c’est très rapide. Je rends le smartphone et j’observe ébahi le plaisir qu’elle semble prendre ainsi entourée.

La soirée se passe ainsi, je bascule de jeux en jeux, j’observe, je participe un peu, plus à l’aise dans mon rôle de voyeur. Parfois je mets des coups de cravache, toujours à me demander si c’est trop ou pas assez fort. On ne le voit pas forcément, il faut beaucoup d’observation, d’empathie, et de compétence pour rester le plus possible à la limite entre la douleur et le plaisir. Enormément de confiance aussi. J’ai vu une dame sur le cheval d’arçon, avec un homme lui tapant les fesses en rythme comme un tambour, puis un autre lui mette des coups qui m’ont fait sursauter par leur violence. J’ai vu un homme jouer avec un certain nombre de baguette chinoise insérées dans l’anus, puis une fois terminé se relever tranquillement et nous dire qu’après avoir essayé c’est pas trop son truc finalement. J’ai vu la fin d’un shibari raté, l’assemblage pas assez solide pour tenir le poids des deux participantes, la déception du maitre en corde qui se rend compte qu’il n’est pas assez compétent, qu’il pensait l’être mais qu’il doit encore apprendre. J’ai vu des pinces à linge métallique sur les organes génitaux de deux hommes en extase, j’ai vu du cul, pur et dur, j’ai vu tellement d’autres choses.

Et pourtant, sans doute pas encore assez. J’ai l’impression d’un monde immense à explorer et je n’en ai vu qu’une toute petite partie, safe, tranquille, rigolarde presque. En rentrant à la maison, je me suis demandé ce qu’il y avait d’autres, si ça pouvait être moins safe du coup, s’il y avait d’autres pratiques, d’autres envies. C’est marrant parce que je me fais un point d’honneur à être curieux, à voir plein de choses, et si je savais que ça existait et que j’en avait vu sur les tubes, le voir en vrai c’est complètement différent.

Et puis, encore une fois, je suis resté extrêmement passif. J’ai bien essayé un truc ou deux, mais je suis toujours resté dans le contrôle, concentré, presque en mode apprentissage, refusant notamment un truc qui m’aurait énormément excité, que je voulais faire mais que j’avais trop peur de dévoiler. Pourtant les dernières années m’ont appris les vertus du lâché prise, du flow, et autres métaphores à base de rivière qui coule. J’ai envie intellectuellement d’essayer, mais je flippe toujours au moment de le faire. Là, malgré ma joie, je ne me suis pas lâché, j’ai encore trop réfléchi. Est-ce que c’est pour moi ? De quoi ai-je vraiment envie ? Qui suis-je vraiment, et que suis-je prêt à accepter ? Je ne suis pas plus avancé aujourd’hui qu’hier. Et c’est bien finalement, encore un autre chemin à explorer.