Avis et critiques

Rêve de dragon reboot

Je suis vraiment un vieux joueur de jeu de rôle, un vieux rôliste, un vieux râliste aussi parfois. Je regarde tous les foulancements d’un œil circonspect, toujours à me dire que la nostalgie c’est quand même un peu de la merde. Mais quand j’ai vu le nouvelle édition de Rêve de Dragon, je n’ai repris conscience que plusieurs minutes après avoir dégainé ma carte bleu et payé en ligne. Une absence, un oubli de moi-même sans doute. J’ai craqué. Pas seulement pour les souvenirs incroyables que ce jeu à pu me procurer, à sa lecture, ou en jeu bien sûr mais aussi pour les illustrations superbes de Florence Magnin et Rolland Bartelemy, pour l’écriture ciselée des scénarios, pour leur incroyable pouvoir de rêve alors qu’à la même époque, on descendait épée à la main dans des donjons moisis pour y cambrioler les trésors de pauvres créatures assassinées pour notre plaisir malsain.

Rêve de dragon c’est le Voyage (grand V), l’absurde, le décalage permanent, l’envie d’en savoir toujours plus. Le seul jeu où on pouvait passer des séances entières à jouer des punks à chien, acrobates cracheurs de feu, cuisiniers ou saltimbanques et prendre un plaisir dingue à juste fumer de l’herbe de lune, manger des trucs bizarres trouvés dans la nature et expérimenter.

Contrairement à beaucoup de joueurs, j’ai toujours aimé les règles, parfaites, précises, et quasi exhaustives de Rêve de dragon. Tout se tient, et finalement tout est simple.

Et aujourd’hui j’ai reçu la plus belle, la plus riche, et la complète des éditions jamais écrite pour ce jeu.

Allez unboxing.

Plaidoyer pour une critique

Je mets ici pour la postérité un article que j’avais écris il y a quelques années, à l’époque où je faisais des critiques de jeu de rôles pour Radio-rôliste. Je le trouve encore d’actualité.


Il y a quelques jours, une discussion animée naissait entre les gars du podcast la Cellule et les auteurs du jeu Kuro à propos d’une critique particulièrement violente décrivant le jeu comme particulièrement mauvais et s’épanchant longuement sur le sujet.

Lors de cette discussion, un autre auteur faisait part de son agacement quant a une critique de son propre jeu, Dés de sang, remettant en cause l’impartialité et la manière de faire de la personne ayant fait cette critique, en l’occurrence, moi-même.

Comme cette remarque me travaillait quelque peu, j’ai eu envie de coucher par écrit la manière que j’avais de critiquer les jeux. Non pas que je cherche à me défendre particulièrement mais surtout parce que je me demande à quel point on est pas en train de se battre pour pas grand-chose.

Présentation

Tout d’abord un peu de présentation. Je m’appelle Yannick Polchetti et j’ai pour pseudo Orlanth depuis pas mal d’années maintenant. Je suis ce qu’on appelle un vieux rôliste, plus de 25 ans de pratiques diverses, avec quelques longues campagnes à mon actif, des dizaines de jdr testés et joués et bien plus de bouquins que je pourrais jamais en lire. En cela, je suis comme une bonne partie de la population rôliste, un collectionneur presque compulsif. Au-delà de mon activité purement joueur, je m’essaie aussi à l’écriture de jeux, parfois avec succès. Je ne prétends absolument pas avoir l’expérience de nombre d’auteurs du milieu mais quelques productions de ma part ont eu un petit succès qui me fait dire que je ne fais pas complètement de la merde.

Au titre de tout ce qui a précédé, je pense humblement avoir une légitimité en ce qui concerne la critique de jeu. J’aime les mécaniques élégantes et je bouffe régulièrement du système de jeu, ne serait-ce que pour en piquer les idées ou pour découvrir de nouvelles façons de jouer.

Méthode

Assez de présentation, parlons maintenant de critique et de méthodes. Pour moi, critiquer un jeu, ce n’est pas simplement donner son avis. Evidemment aucune critique ne peut exclure le point de vue de celui qui critique mais j’essaye au maximum de minimiser cet effet et de me placer du côté du néophyte (au sens de celui qui va découvrir ce jeu en particulier) et de décortiquer le jeu point par point.

A moins qu’il ne s’agisse d’un jeu distribué exclusivement numériquement, je commence toujours par parler de l’objet en lui-même. C’est le premier contact, la vue et le toucher sont importants et détermine grandement le plaisir qu’on pourra retirer à le manipuler et à le lire.

Ensuite je parle système de jeu. Un survol rapide me permet d’expliquer succinctement à quoi ressemble la mécanique, si on fait des jets de dés et comment et j’essaye de déterminer les points forts et les points faibles ressentis à la lecture.

Une précision d’ailleurs, personne n’a le temps de jouer à tout. Une discussion que nous avions eue d’ailleurs est : pouvons-nous critiquer un jeu sans y avoir joué ? La blague suivante étant, pouvons-nous critiquer un jeu sans l’avoir lu ? Si évidemment, je réponds non à la dernière question, c’est sans hésiter que j’affirme pouvoir critiquer un jeu sans y avoir jouer. J’estime que l’expérience dont la plupart d’entre nous dispose est suffisante pour se faire une idée rapide et pouvoir s’enthousiasmer ou pas sur une belle mécanique. Toutefois, l’avis initial émis à la lecture peut tout à fait se voir confirmer ou infirmer par une partie. Ce dont j’ai peur, c’est qu’une bonne partie des sensations éprouvées lors d’une partie de jeu de rôle provenant de la mise en scène et du scénario joué, donc très directement du maître de jeu, la qualité de ce dernier ne biaise l’avis final.

Une fois le système de jeu passé en revue, j’aborde le monde de la même manière, points forts et points faibles, en essayant encore une fois de rester objectif. Est-ce que telle région du monde me paraît suffisamment détaillée, ou attrayante, pour avoir envie de m’y plonger, est-ce que tel personnage non joueur me semble évocateur, est-ce que l’ensemble apporte quelque chose, est-ce que je sens le souffle épique ou au contraire la moiteur d’une ambiance lourde.

Ici, on est vraiment dans le pur ressenti et c’est à mon avis, la plus grande difficulté de l’exercice. Il faut arriver à expliquer ce qu’est l’univers et ce que l’on a ressenti en le parcourant tout en faisant fi de ses propres univers de prédilection. Pas simple.

Enfin, je parle des scénarios, car il en faut et j’ai un avis assez arrêté sur le sujet, et les conseils de maîtrise, un exercice périlleux mais intéressant car c’est le moment où l’auteur peut prendre du recul et expliquer son intention et la manière dont il souhaite que son jeu soit joué.

État des lieux

Le milieu du jeu de rôle est très petit. Je dis souvent que c’est une cour d’école avec cent personnes qui se connaissent. Il y a des petits groupes, des rivalités, des amitiés bien sûr mais comme dans tout milieu aussi petit, tout est amplifié. De plus, certains acteurs moins au fait des longues histoires foutent parfois un peu les pieds dans le plat. Qu’il s’agisse d’auteurs amateurs (pas au sens réducteur du terme, au sens de pas encore publié), de critiques qui se lâchent parfois, ou des auteurs qui prennent personnellement très mal la moindre remarque fut-elle prononcée du bout des lèvres.

Avec mes quelques compagnons, nous avons pris le contrepied de cet état d’esprit. Les choses sont dites, parfois brutalement, mais nous savons qu’à aucun moment il ne s’agit de casser l’autre ou son travail et qu’on gagne énormément de temps à se parler directement.

Oui, il y a déjà un filtre, nous nous connaissons et nous avons décidé tacitement que ce mode de fonctionnement est le meilleur pour nous.

Oui, lorsqu’un critique s’étale longuement sur un jeu, il ne connaît pas forcément l’auteur et n’a donc pas mis en place ce filtre. Il est donc parfaitement compréhensible que ce dernier réagisse mal. D’autant plus qu’il y a toujours un certain nombre de contraintes très difficiles à voir et à comprendre qui peuvent saloper un jeu au-delà de la vision de l’auteur.

  • Des contraintes de signes, qui obligent à couper drastiquement ou au contraire à tirer à a ligne et donc diluer le texte intéressant.
  • Des contraintes de temps, obligeant les auteurs à sortir des textes parfois peu relus.
  • Des contraintes financières. Pour rappel, il n’y a pas d’argent dans le jeu de rôle. Ceux qui imaginent le contraire n’ont qu’une connaissance très idéalisée de ce milieu. De rares éditeurs et auteurs arrivent à en vivre, mais la plupart ont un vrai métier à côté et bossent pour la gloire et la passion. Sans faire d’angélisme non plus, croire qu’on va devenir riche en faisant du jeu de rôle est un phantasme commun qu’il est urgent de détruire.

Ajoutons à cela des contraintes extérieures, comme les illustrations (branleurs de dessineux), la maquette (faite à l’arrache par le gars qui a touché une fois inDesign) , l’imprimeur (toujours en retard) et la distribution et on peut commencer à comprendre les difficultés pour un jeu de sortir exactement comme l’a voulu l’auteur et l’éditeur.

Conclusion

Tout ce long post pour finir par donner mon avis. On va sans doute me taxer de dire des choses évidentes ou d’être un gros connard qui ne prend pas partie, mais je m’en fous. Ce qui est évident pour l’un ne l’est pas pour l’autre et cela ne coûte rien de les redire.

La critique est effectivement facile à faire. N’importe qui ayant lu un jeu de rôle peut finalement donner son avis et cartonner gratuitement (ou encenser). Ce qui va faire la différence, et ce vers quoi je travaille, c’est la mesure et l’argumentation.

Un jeu peut être mauvais, indéniablement, et j’en parlerais bientôt lors d’une future chronique, mais il est important d’expliquer en quoi le critique considère le jeu mauvais. En effet, ce qu’il trouve mauvais peut ne pas l’être pour un autre joueur, ou ne pas sembler aussi important à ses yeux.

A l’inverse, produire quelque chose c’est toujours s’exposer. Il faut le comprendre et l’accepter, il n’y a pas vraiment d’alternative.

Bières de Noël, le retour

Article toujours pas sponsorisé hein 🙂


Ce mois de Décembre ayant été particulièrement chargé, côté activité théâtrale, je n’ai pas vraiment pu mettre à jour comme je le souhaitais l’article sur le calendrier de l’avent. Impossible de boire une bière par jour et de la critiquer dans la foulée.

Je me suis dit que j’allais plutôt mettre ici les bières qui m’ont marqué.

Déjà, dans l’ensemble, presque toutes étaient au moins bonnes, aucune fausse note à mon goût, plein de découvertes, parfois un peu spécial, mais après tout, je voulais être surpris, j’ai été servis.

Mes préférés, et probablement les plus surprenantes, sont donc les suivantes.

J’ai déjà parlé des deux premières dans l’article précédent, je ne vais pas y revenir.

Pour celle-ci et la suivante, elles portent bien leur nom. Des saveur de chocolat, et de menthe pour la Cocoa Mint, on à l’impression de boire des After Eight. J’adore les After Eight, mais à boire c’est bizarre.

Pour la XMax c’est plus doux et le goût est un peu pétillant si je me souviens bien. On sent bien le chocolat par contre.

L’une de mes préférés. Forte en goût en alcool. Pas mal d’épices douces-amères, elle me fait penser à du Jagermaester avec des bulles.

Comme d’habitude, les porters, les stouts et les plus fortes m’ont marqués mais il y’en a bien d’autres d’excellentes, comme l’Abominable snowman ou l’Einstöck islandaise, mais je ne vais pas toutes les citer.

En conclusion, un achat dont je suis très content, et que je renouvellerais sans doute.

Et je pense faire un tour sur Saveur-bière pour retrouver celles qui m’ont plu ou en découvrir d’autres.

Et vous ? Des découvertes ?

Des bières à Noël

Article pas sponsorisé du tout, ce n’est pas de la pub, et je n’ai pas été payé.


avent-biere

Il y quelques semaines, plusieurs personnes connaissant mon amour pour la bière m’ont envoyé des messages pas subliminaux du tout sur l’existence d’un calendrier de l’avent des bières. Il m’a pas fallu plus de 5 minutes pour que j’aille commander ce package sur Saveur bière, un site de vente par correspondance que je ne connaissais absolument pas avant ce fabuleux coup marketing.

La commande s’est effectuée sans aucun problème, très rapidement.

J’ai reçu trois mails avant la livraison en point relais et tout s’est passé parfaitement malgré l’affluence et le nombre de commande. C’est assez rare pour être signalé (il y en avait au 5 ou 6 en attente en plus de la mienne au point-relais, une petite boutique de fleur dans ma ville loin de la capitale, j’imagine pas ce que ça a donné pour les autres).

Faisant parti des pré-commande, j’ai reçu en cadeau une sorte de tapis pour poser sa bière, deux verres et un decapsuleur, le tout d’une qualité moyenne (verre fin, décap en métal découpé un peu brutalement).

Le colis faisant 22kg j’ai un peu galéré à le ramener chez moi en transport en commun, mais bon on a rien sans rien.

Ensuite j’ai attendu.

Et voici ce que j’ai découvert, jour après jour.


basqueland-season

1er Décembre

Saison Basqueland Brewing Project

Légère et fraiche, un peu d’artume mais pas trop, des arômes d’agrumes, une longueur en bouche moyenne, ça pétille un peu.

J’ai été un peu surpris, en bien, par cette première bière au goût délicat mais bien présent.

Note : 4/5 sur l’échelle de moi


hara-kiri

2 Décembre

Hara-Kiri

Un peu comme la première mais en moins bien. Légère aussi. Un poil plus houblonnée, elle me parait surtout un peu plus fade. Pas mauvaise du tout mais rien de transcendant, surtout après celle du premier jour.

 

Note : 2.5


baltic-porter3 Décembre

Winter Gorilla Baltic Porter

Une porter toute en puissance, aux arômes prononcés de café et de réglisse mais sans être écœurant. Une très grande longueur en bouche (on sent encore le gout après une minute). Une amertume plutôt faible.

J’ai adoré, mais j’avoue particulièrement aimer les stouts et les porters, alors je suis pas objectif. Je vais essayer de la retrouver en magasin celle-ci.

Note : 4.5/5 pour les gens qui aiment les goûts francs et directs.


winter-ipa4 Décembre

Winter IPA de chez Buxton Brewery

Une IPA corsée, à l’amertume prononcée mais gérable. Légèrement sucrée elle se boit très bien, avec un goût légèrement acidulé. J’ai bien aimé même si elle n’est pas exceptionnelle.

Note : 3/5

Ludovox – Achtung Cthulhu – Le guide de l’investigateur

CouvertureAchtung Cthulhu est une gamme de supplément, un cadre de campagne en fait, projetant les personnages dans la secondaire guerre mondiale. Il utilise les règles de l’appel de cthulhu mais aussi celles de Savage World.

J’ai mis le temps pour lire ce guide, mais j’ai finalement réussi. Non pas que ce ne soit pas intéressant mais j’ai de plus en plus de mal à lire de gros livres comme celui-ci, surtout quand il se contente d’un survol historique et de tas et de tas de règles et de tableaux. J’espère que le reste de la gamme est plus sympa.

Dans tous les cas, je reprends mon activité chez mes copains de Ludovox sous la forme d’une chronique du jeu.

Et vous, vous en avez pensé quoi ?


Lien
Achtung Cthulhu chez Ludovox

Ludovox – Le musée de lhomme

UnboxingJ’ai reçu il y a deux mois de cela, en avant-première pourrait-on dire, le supplément pour l’appel de Cthulhu, le musée de lhomme.

Je ne pensais pas avoir autant à lire et pour le coup j’ai mis pas mal de temps. Beaucoup trop de temps. Mais finalement j’ai réussi à le faire et j’ai pondu un article pour Ludovox.

Maintenant j’entame Achtung Cthulhu, des heures de lecture en perspective…

Le musée de lhomme chez Ludovox

Ludovox – Star Wars, Le manuel des explorateurs

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J’ai dévoré le dernier supplément en français pour Star Wars avec grand plaisir et j’en ai profité pour écrire une chronique dessus.

Ça se passe chez Ludovox : Le manuel des explorateurs

Ludovox – Présentation du Player’s Handbook #2

dnd-phb-coverEt voici la seconde partie de ma chronique du PHB chez Ludovox.

Je parle des règles et de la magie.

Spoiler : c’est très bien même si c’est encore perfectible.

C’est derrière ce lien

Ludovox – Présentation du Player’s Handbook #1

dnd-phb-coverUne nouvelle contribution de votre serviteur chez Ludovox.
Aujourd’hui je parle du player’s handbook pour D&D5 et j’aborde principalement les personnages (et leur création).

Ce n’est que la première partie, la seconde étant toujours en écriture.

Ça se trouve ici :
Présentation du PHB chez Ludovox