Avis et critiques

Retour sur Avignon off, 2019

Depuis quatre ans je vais en vacances à Avignon pendant le festival off de théâtre. J’y retrouve une ambiance incroyablement artistique, une émotion directe et brute, une émulation rare. Chaque jour je marche, je vais voir des spectacles, je rencontre des comédiens, des chanteurs, des artistes. Je vis en immersion. Cette année j’ai décidé de faire un retour sur les pièces que j’ai vu, pourquoi et comment elles m’ont touchées.


Avignon, jour 1

Une chaleur écrasante, en journée, mais la nuit aussi. Forcément je me réfugie dans des bars.

Il y a du monde, mais c’est encore le début, ce n’est pas la foule de milieu de festival, grouillante et colorée.

Depuis plusieurs jours, une amie que j’aime beaucoup m’envoie des messages, pour savoir quand j’arrive. Elle veut qu’on se voie, qu’on discute. Je m’entends bien avec elle. On a eu une rapide aventure l’année dernière, et j’avoue ressentir un petit pincement quand je pense à elle. Beaucoup plus jeune que moi, être â côté d’elle me rajeunit à mon tour, et puis c’est bon pour l’égo.

Sur son conseil, je vais voir mon premier spectacle de la soirée.

PAN !

Un TFE (travail de fin d’étude) de Florent qui fait son chemin jusqu’à Avignon.

15 acteurs pour une adaptation de Peter Pan à mourir de rire, pour enfants et pour adultes.

Une chouette scénographie, des décors, de la lumière, des pétards, mais surtout énormément de générosité, d’envie et d’énergie de la part des acteurs.

Clochette jouée par Marine Barbarit est hilarante de mauvaise foi, avec son phrasé particulier, Crochet est drôle en wanabee Jack Sparrow épuisé, aidé de ses compère (dont Aymeric Haumont, et Thomas Rio) mais les enfants perdus sont parfaits aussi, avec une Lola Blanchard montée sur ressort, à l’opposé du rôle qu’elle avait dans le Zucco de l’année dernière, au même endroit. Peter Pan, joué par Nicolas Ladjici, est formidable aussi, doux et moins cruel que j’aurais voulu, mais toujours hyper engagé.

Bref, la salle en standing ovation pendant plusieurs minutes est la plus belle des preuves.

J’étais descendu à Avignon avec un ami, jeune, beau garçon, charmeur, drôle surtout. C’est toujours un plaisir de passer du temps avec lui. Je l’héberge pendant quelques jours, me disant que je serai moins seul. Évidemment je lui explique ce que je ressens pour la fille avec qui je traîne et je finis par lui présenter. Erreur fatale. C’est marrant comme on peut se tromper sur quelqu’un. Je sens le rapprochement se faire entre eux deux. Je suis impuissant. Lui me regarde, s’amuse de cette situation où il sait ce qu’il se passe en moi, mais en joue. Une fois seul avec moi, il se confond en excuse, m’explique que c’est plus fort que lui, mais qu’il va s’arrêter là. Je ne le crois pas. Il recommence de plus belle, jouissant sans doute de sa supériorité. Elle en joue aussi, sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle ne veut pas.

Avignon, jour 2

Ce deuxième jour à/en/sur/tamère Avignon commençait mal. Entre la fatigue de la veille et la chaleur écrasante qui empêche tout sommeil régénérant, j’ai passé une grosse partie de la journée à glandouiller à l’appart’, sans but.

Puis, mon amie revient à l’appartement. Ils sont chez moi, jouent et jouent encore. Je me sens clairement de trop, et je sais que je ne pourrais renverser la situation. Et puis pourquoi ? Prêt à exploser, je pars.

Marchant au hasard dans les rues, je sens ma brume m’envahir. L’expression de ma dépression latente et permanente. Putain de brume, toujours et systématiquement en embuscade. Je sais comment la combattre mais ce n’est pas plus facile à chaque fois. Reformulation, scansion, respiration, rinse and repeat. Je suis tellement fatigué parfois. Vers 18h je me fais alpaguer par un directeur de théâtre qui m’invite à la représentation à suivre d’une comédienne racontant sa vie où je ne sais quoi. Je n’ai rien à faire et besoin de me changer les idées mais ça ne fonctionne pas.

Titre oublié

Parce que ce que je vois n’est pas très intéressant. Ecrit de manière théâtrale et pompeux, je zappe littéralement certains passages, et perds complètement le fil. La comédienne tente et tente, sans succès, mais je m’endors à moitié, au deuxième rang.

La pièce terminée je vais boire un verre, et croise Lucile, une copine de Florent qui me remonte le moral par sa seule présence et sa joie d’être là. Elle est belle, drôle, constamment montée sur ressort. Marrant comme elle ressemble à ma mère au même âge.

Fanny Pocholle

Je décide finalement d’aller voir Fanny Pocholle. La salle n’est pas remplie, mais je ne sais pas pourquoi l’alchimie prend. La première partie est très drôle, avec un gars qui fait de l’humour noir sur sa maladie, la mucoviscidose. On rigole, le public est hyper réactif, on se fait des blagues entre nous, Fanny me prend, gentiment, pour cible pour la suite du spectacle, bref je passe un excellent moment.

On décide d’aller boire un verre, on sympathise et l’un des spectateurs nous propose de continuer la soirée sur son bateau.

C’est à ce moment précis que c’est devenu magique. Ce gars adorable est capitaine d’un putain de bateau de croisière de 110m de long, avec 40 membres d’équipage. Le bateau est absolument magnifique. On visite l’entrepont de grand luxe, la salle des machines à la chaleur infernale, le poste de commande (je me suis pris pour Kirk dans l’Enterprise), le fucking jacuzzi, où on a passé une grosse partie de la soirée en mode open bar, bref hallucinant. Une chance et une soirée surprise comme il n’en arrive pas souvent, en tout cas sans drogue. Ou sans argent.

Marcher au hasard, prendre des décisions simples, suivre le courant, kiffer ce qui vient, une belle journée finalement et fuck le reste.

Entre mon travail sur la brume et cette rencontre, mon moral est bien remonté. J’ai toujours un petit trou dans le cœur, mais je le comble de petits plaisirs et de surprise. Je me couche heureux.

Avignon, jour 3

Malgré une petite pluie salvatrice au milieu de la nuit, la chaleur revient, plus étouffante que jamais. Je continue à me battre contre les soubresauts de la brume qui s’agite dans mon cerveau, repoussant sans relâche ses derniers tentacules amers. Cette fois-ci, j’ai gagné.

Comme d’habitude le début de journée est passé à se balader, à récupérer un peu de la veille. Je passe dans un parc magnifique, je fais une sieste à l’ombre d’un arbre, avec une vue splendide sur Avignon.

En repartant, je vois une affiche pour un spectacle joué à 15h20 par un acteur que j’avais adoré l’année dernière. Chaud-patate, j’attends patiemment l’heure dite pour que finalement la caissière m’annonce qu’ils font relâche aujourd’hui. De la toute-puissance de mon droit de client j’ai envie de hurler : »joue pour moi comédien, joue pour MOI ». Mais je ne le fais pas, parce que je suis gentil au fond.

Choqué et déçu, j’erre à la recherche d’une pièce pour l’après-midi lorsque je tombe une affiche.

Nina, des tomates et des bombes

Altermondialisme et trucs horribles.

La salle est pleine. La comédienne est pleine d’énergie, chante et danse. Le texte est plutôt sympathique même si peu instructif pour les gens qui sont déjà intéressés, et surtout un peu accusatif et moralisateur. Oui je sais, à cause de mon iPhone, des mineurs mineurs meurent en allant chercher des terres rares. Et c’est évidemment ma faute. Entre seum et grosse fatigue, j’ai trouvé que l’actrice ne nous embarquait pas, que ça marchait juste pas. Impression d’avoir un peu raté le coche d’une histoire trop simple et peu recherchée. Une spectatrice derrière dira en sortant et en substance : « c’est une terrible purge. ».

J’ai une heure de battement avant la prochaine pièce, juste le temps de boire une bière. Je rejoints la copine d’hier soir ainsi qu’une fille que j’avais vu l’année dernière que je trouvais super sympa mais qu’il semblerait que j’ai dragué, comme d’habitude sans trop me rendre compte. Moi je débarque en mode Yolo, je lui dis que c’est cool de se voir, que je lui avais couru après cette année pour boire une bière. Je la vois se raidir, sourire gêné. Je ne comprends pas trop, jusqu’à ce que je percute que ça vient déjà de ma façon de parler de l’année dernière et que si ça se trouve je la fais grave flipper.

J’ai une tendance à être un peu gouailleur, rentre-dedans, à pas trop prendre de gants en société. Et tout le monde ne supporte pas ça.

Ça me fait réfléchir sur les conséquences de mes actions, qui dépassent très souvent mes intentions initiales, qu’effectivement je peux mettre mal à l’aise les gens sans le vouloir, et même sans m’en rendre compte. Ce qui fait de moi, basiquement, un gros con. Qui se soigne, qui tente de s’améliorer, mais un gros con tout de même.

Ça m’arrive d’être surpris aussi parfois en bien, souvent en mal. Il m’est arrivé qu’une fille me saute dessus et m’embrasse. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a répondu que je devais le savoir et un de mes amis m’a assuré que je l’avais dragué toute la soirée. Alors que pas du tout, juste je m’intéressais à ce qu’elle disait. A l’inverse je me suis pris des stops de filles qui me recalaient alors que je ne faisais que parler. Mais sans doute que l’attitude, le sourire, l’intérêt envers quelqu’un font partie de la panoplie du charmeur.

C’est l’heure d’aller voir mes amis Florentins jouer une pièce au sujet lourd, la pédophilie dans l’église.

Pardon !

Sur un texte autobiographique de Laurent Martinez, on y suit l’histoire d’un homme victime, qui tente de se reconstruire à l’aide d’une femme récemment rencontrée, et d’un homme d’église coincé entre la pression de ses pairs à protéger l’institution et une bonne sœur qui tente à tout prix d’aider les victimes, elle-même sans véritable pouvoir, rongée par son impuissance.

La mise en scène est simple, le texte intéressant et malgré quelques difficultés à démarrer les premières minutes, on se laisse emporter par cette histoire qui prend une dimension véritablement brutale lorsque Laurent vient face public raconter son histoire, directement, sans filtre. C’est bouleversant.

Féminisme pour homme

Mes deux amies ont été recrutées pour tracter un spectacle et m’invite à aller le voir avec elle. Nous sommes accueillis par Noémie de Lattre, actrice, autrice, metteuse en scène de ce spectacle intitulé Féminisme pour Homme. En quelques minutes à peine, elle fait exploser la salle de rire, nous transforme rapidement en une bande de potes, se lâche complètement et nous fait un cours de féminisme absolument fondamental. En une heure et demi, elle alterne informations et blagues, chante, danse, rit. Sa joie explosive et phénoménale nous entraîne avec elle sans temps mort. Le sujet étant monumental, j’ai trouvé la fin un poil rapide et énumérative, mais c’est simplement de la frustration de ne pas pouvoir en faire plus, en dire plus.

 A titre personnel, je n’ai rien appris, tout ce qu’elle disait m’était connu, mais parce que j’ai fait ce chemin depuis 14 ans déjà, l’âge de ma fille. Mais quand tu vois le public en larme, standing ovation, puis des femmes prendre Noémie dans leurs bras expliquant qu’enfin quelqu’un mettait des mots sur leurs maux que tu te rends compte à quel point il y a un putain de problème à régler, une montagne à abattre, que son spectacle devrait être joué dans les collèges, les lycées, les facs même tant on nage dans une merde machiste et patriarcale dégueulasse qui fait du mal à tout le monde. Une actrice formidable avec qui j’aurais aimé passer plus de temps.

Bref, allez-y.

Après plus d’une heure à discuter avec Noémie, je rentre à la maison, fourbu mais content.

Lucile me dira par la suite que j’ai monopolisé la parole alors que des femmes souhaitaient discuter avec l’actrice. Comme quoi, j’ai beau être conscient du patriarcat et de ses problèmes, je continue à comporter comme je l’ai appris, à couper la parole aux femmes, à prendre l’espace. Je déconstruis mais çà prend du temps.

Avignon, jour 4

R.A.S ou presque. Repos jusqu’à 15h30 du mat’, balade dans les rues, siestes, tellement d’heure de sommeil à rattraper. Petit anniversaire sympa de l’ami Arnaud que j’invite à dormir à la maison pour éviter de le faire rentrer trop loin trop tard. On est maintenant quatre à l’appart’, j’ai bien fait de prendre grand.

Avignon jour 5

Arnaud me motive alors on sort direct voir des spectacles à 10h du mat’ en mode stakhanoviste. On débute au Train bleu avec Echos Ruraux.

Échos Ruraux

L’histoire d’une famille dont le père agriculteur vient de mourir en laissant une montagne de dettes après un passage au tout bio complètement raté. A part le protagoniste principal, le fils qui doit reprendre la ferme et ne voit aucune solution, aucune aide, toutes les portes se fermer une à une, tous les autres acteurs jouent plusieurs rôles, parfois membres du conseil municipal dont on voit la difficulté à équilibrer les budgets, devant parfois faire des arbitrages déchirants et inhumains, ou encore en grand-mère dont l’aide à domicile risque de partir suite à une décision administrative lointaine, ou encore la sœur avocate qui a fui la ferme pour vivre sa vie à Paris, faire la grande dame, et bien d’autres encore.

J’ai rarement vu une telle énergie sur scène, une telle vigueur, une telle vibration dans les émotions, du rire parfois, du ressentiment souvent, de la tristesse beaucoup, je me suis laissé complètement embarquer, les yeux mouillés par certaines scènes puissantes, dont celle où le fils explique à sa sœur pourquoi il l’envie, comparable dans l’idée et la réalisation au « Non merci » de Cyrano.

En tant que metteur en scène, j’ai parfois des acteurs que je suis obligé de pousser à fond, à qui je demande d’envoyer la voix, et qui me répondent que ça va faire ‘trop’.

Non. Ça ne fait pas trop. Ça ne fait jamais trop. Quand tu penses que c’est trop, t’es à la moitié de ce qu’il faut faire. Et les acteurs de Echos Ruraux nous le démontre parfaitement.

Maxime Sendré

A midi, je décide d’aller voir Maxime Sendré, déjà vu en première partie de Fanny Pchl. Je le croise dans la rue, il a l’air manifestement très heureux de me voir, sa joie est communicative. J’avais peur que la salle ne soit pas remplie mais je me suis complètement trompé. Salle pleine, avec des professionnels et des festivaliers, tellement que je me retrouve à l’arrière. C’est un one-man show prenant comme thème la mucoviscidose dont il est atteint. Et là c’est un festival de blagues, d’humour noir, de situations absurdes, d’imitations de personnages de films. On croise des médecins, des handicapés, des banquiers. C’est très drôle, enlevé, triste et flippant en même temps. On ne sait jamais si les quintes de toux de Maxime sont réelles ou jouées. Ce n’est vraiment pas simple à voir, on hésite en permanence entre le rire franc et la gêne. Bref c’est très très bien aussi.

Cyrano

Enfin à 14h, un Cyrano (il y en a trois ou quatre à Avignon cette année). Rapide, enjoué, avec de très beaux costumes et une mise en scène moderne, des films et des blagues, ça se tient bien même si c’est évidemment trop rapide pour un tel monument. La fin est un poil bâclée, et si la mort de Cyrano me fait systématiquement pleurer dans un réflexe pavlovien (c’est ouf d’ailleurs, c’est incontrôlable et systématique), là je n’ai dû essuyer qu’une petite rivière de larme au lieu du torrent habituel. Donc très bon moment aussi.

L’après-midi se passe tranquillement, passant de bar en bar, de rencontre amicale en rencontre amicale. Puis à 20h je vais voir Gardienne, dont on m’a vanté les qualités, soit directement (par Sylvain), soit par les affiches et le fait que ce soit complet presque systématiquement.

Gardienne

C’est un seul en scène où l’actrice nous raconte l’histoire des femmes de sa famille mais par le thème des enfants et de l’avortement. Elle incarne tour à tour des grands-mères, des mères, des sœurs, des jeunes puis finalement elle-même et chacune exprime à sa manière ses sentiments et ce qu’elle a dû faire pour éviter d’avoir des enfants dont elle aurait eu la charge exclusive. Peu d’homme sont dépeints positivement (autre époque, autres mœurs, ou pas..), et ce qui ressorts surtout c’est le courage de ces femmes à une époque où l’avortement c’était surtout risquer la mort, les infections, les stérilités et autres joyeusetés dont peu ont idée.

Et bien je dois dire que je n’ai pas aimé.

Le début est très long, le débit de parole est très lent, il y a peu d’humour (pas forcément facile cela dit) et la montée en émotion n’a juste pas du tout marché pour moi. Comme pour les autres spectacles « féministes » que j’ai pu voir, et étant né et ayant été élevé moi-même dans une famille de femmes depuis plusieurs générations, je savais déjà tout ça, on m’avait parlé de ces horreurs, j’étais familier et malheureusement impuissant.

J’ai été successivement les hommes qu’elle décrit, égoïste, charnel, peu investi. J’ai été ce bourreau et je ne pourrais jamais m’excuser plus que je ne l’ai déjà fait. L’histoire aurait dû me toucher, j’étais prêt pour ça. Et c’est peut-être pour ça que je n’ai pas accroché. Tant pis.

Je passe la soirée avec Lucile et quelques personnes de rencontre, très sympas. La place des Corps Saints est pleine de monde, des gens jouent de la musique tzigane, une femme danse dans les rues, les verres s’entrechoquent. On entend des rires, de la joie. Mon regard croise celui de celle qui m’a blessé en début de semaine, la lumière perd un instant de son éclat, je bois un coup, regarde ailleurs, ça va mieux mais je décide de partir rapidement. Comme d’habitude en fin de soirée, je croise Thomas Rio, partage mon histoire, ma journée, il me fait rire. Merci mec.

2h30 du mat’, je me couche, apaisé.

Avignon jour 7, déjà

Ça fait plusieurs jours déjà que je suis en collocation avec Lucile et ça se passe bien. Tous les jours elle me fait rire, saute, danse, chante, c’est un bonheur quotidien. J’ai l’impression de vivre avec ma fille, avec juste quelques années de plus mais le même délire. Après la colloc du début de vacances, ça me change. D’ailleurs, je me rends compte que parcourir Facebook me mets parfois des petits coups au cœur, des piqûres de rappel dont je ne veux pas me rappeler. Pourtant je suis à deux clics d’aller mieux, deux petits clics. Clic. Êtes-vous sûr ? Clic. C’est fait. C’est un pincement, mais je me sens déjà mieux. A l’autre maintenant. Clic. Oui je suis sûr. Clic. Soulagement.

En caleçon sur mon siège en plastique collant, je parcours le guide d’Avignon pour trouver un spectacle. La chaleur et le flemme m’interdise de sortir avant 12h. Sur une page au hasard, je tombe sur « La contrebasse » sur un texte de Suskind, l’auteur du Parfum qui m’avait mis une petite claque quand j’ai vu le film. J’avais aidé une amie à travailler sur une partie du texte et j’avais bien aimé. Quelques minutes après je me rends au théâtre, à l’extérieur des remparts.

La contrebasse

Sur un décor minimaliste mais sympathique, l’imposant comédien nous raconte sa relation particulière à la musique, à son instrument, énorme, qui prend de la place dans sa vie professionnelle, sa vie amoureuse aussi, toujours là, ne le quittant jamais. Il boit, enchaîne les bières pendant une heure et demi, perd de plus en plus pied avec la réalité. On comprend qu’il n’est pas à sa place, qu’il n’a pas forcément choisi, qu’il a agi à la suite d’une rébellion pathétique contre l’autorité parentale, qu’il n’est finalement qu’un ouvrier de la musique, détestant son outil, ses pairs, et ses héros, mais ne sachant rien faire d’autre. Un seul espoir, ténu, impossible, une jeune fille, inatteignable, hors de portée, désynchronisée. Va-t-il attirer son attention ? Comment ? Et surtout pourquoi ?

Bon, autant vous dire que malgré une ou deux longueurs, j’ai adoré le texte et l’interprétation de cet homme plus fatigué qu’alcoolisé, triste et flamboyant.

Et puis ça me fait réfléchir, je me projette. Après tout malgré mes tentatives artistiques, qu’est-ce que je suis au fond, à part un informaticien ? Qu’est-ce que j’ai vraiment tenté ? Est-ce que j’ai vraiment tout fait pour sortir de ma zone de confort ?

Je profite du fait que les pintes sont moins chères qu’ailleurs pour rester un peu avant le prochain spectacle. L’acteur est là, me regarde, me dit qu’il m’a vu dans le public, me demande mon avis. On parle une heure de la pièce, de son rapport au métier. Il me dit qu’un festival amateur au fort potentiel va prendre place en Avignon au mois d’Août. Ça lui fait plaisir de voir d’authentique passionnés. « Mais dans ce métier, ne sommes-nous pas tous passionnés ? ». Il me regarde un instant, sourit puis me dit : « Pour la plupart des professionnels, c’est un métier, juste un métier ».

Depuis le temps que je rencontre des comédiens, je me rends compte que la passion qui m’anime, l’envie absolue de ressentir et faire ressentir des émotions disparaît ou se réduit avec l’expérience, comme si le fait d’en vivre devait impérativement éteindre la flamme. J’ai eu le même retour dans le milieu du jeu vidéo, un rêve pour ceux qui n’y sont pas, un métier comme un autre, un désenchantement, pour ceux qui y sont.

En repartant je croise mon amie Émilie et décide d’aller voir Hot House que j’ai déjà vu plusieurs fois mais pas dans la forme actuelle.

Hot House

Dans une prison/hôpital psy éloigné, un directeur frappadingue, et le comité de direction tentent de faire face à la mort d’un patient, et à l’accouchement surprise d’une autre, violée par un membre du personnel dont on ne connaît pas l’identité. Comme à chaque fois j’ai bien aimé, probablement le public aussi vu la salle quasi pleine depuis le début du festival. Je dois avouer ne toujours pas comprendre complètement l’histoire mais c’est drôle, rythmé (sauf à une ou deux reprises), déjanté alors ça me va. Je regrette simplement le choix d’intention donné au personnage du Directeur que je trouve en colère en permanence et pour lequel je verrais plus de nuances, de folie, et de pathétisme.

Évidemment ce n’est en rien la faute d’Hugo, qui défend très bien le choix actuel, mais pour une prochaine version, je crois que c’est une direction à prendre.

Je croise plein de potes d’un coup, Alexandre, Hubert et d’autres. On boit des coups, on reparle de Florent, de Hugues, mon prof préféré de tous les temps, on refait ces quelques années de théâtre qui nous ont tous transformé, on compare nos expériences et nos envies.

Klotilde

A 19h30 je cours voir Klotilde, un seul en scène très drôle.

A un moment elle demande au public qui est venu à cause de l’affiche où elle se découvre pas mal, évidemment je lève la main, je ne suis pas seul, le public rit, elle me dit qu’elle ne se mettra pas à poil, que j’ai été eu, mais ce n’est pas grave, j’ai pas mal bu avant, je suis à 3 grammes, je m’en fous, elle est marrante. C’est du stand-up, elle parle de tout et de rien, je ne saurais même pas dire le thème. J’ai passé un moment agréable, pas ouf mais bien.

La fin est un peu rapide, elle ne parle pas trop au public, démonte son matériel en pensant à autre chose. Je me remémore la discussion avec l’acteur de la contrebasse sur la passion.

Le sourire de Lisa

À 21h20 je vais voir le Sourire de Lisa, un peu plus d’une heure de délire ininterrompu sur le développement personnel, l’accès à sa conscience, à Dieu ou au souffle ou à Leonard de Vinci de l’autoroute ou, ou, ou… C’est bourré de jeu de mot, de référence alakon, et d’explications foireuses dites avec le plus grand sérieux par un formidable acteur belge, forcément.

En sortant je fais la rencontre de la maman de ma colocataire. Elle s’appelle Laetitia. Je bloque sur son visage, qui me fait penser à ma mère. Un truc de dingue, une cousine sans doute. On parle beaucoup, on rigole beaucoup, j’ai l’impression que c’est un truc de famille. On parle boulot, elle organise des stages artistiques, je veux participer ! On décide de se revoir le lendemain, je suis content de ma soirée. Qu’est-ce qu’elle est belle. Sans le vouloir elle me renvoie à ma relation avec les femmes en général. Depuis le théâtre je sors souvent avec des filles plus jeunes que moi, parfois beaucoup plus jeunes comme celle du début d’Avignon, et je suis souvent déçu. Mais j’y retourne quand même, ayant la sensation diffuse qu’il faut que je sois « utile », une espèce de connerie de mentorat peut-être, que je n’ai pas de valeur si je n’apprends pas quelque chose aux autres, si je ne les aide pas. Evidemment, ça fonctionne assez peu. Et puis sans doute ai-je peur que la personne avec qui je suis se rende compte que je suis vide. C’est comme s’il fallait que je sois constamment en mouvement, que je ne peux être intéressant et aimable si je suis juste moi. En deux jours, je me rends compte que l’âge ne fait rien à l’affaire. Elle est magnifique, plus âgée que moi mais aussi jeune dans la tête, artiste, fantasque, tout ce que j’aime et que je retrouve rarement chez les gens de ma génération.

Avignon, Fin

Je suis rentré depuis quelques jours, la tête toujours pleine de soleil et de spectacles formidables.

Comédiens !

Comédiens ! a été ma claque d’Avignon. Une bande de comédiens ont trois heures pour se préparer à présenter une pièce dans un nouveau théâtre, mais ils n’ont que la moitié des décors et un acteur ne connait son texte.

C’est joué par trois acteurs/chanteurs (une demi-douzaine de moments musicaux) absolument dingues, c’est drôle à en pleurer puis la tragédie prend place et on continue à pleurer mais pas pour la même chose. C’est magnifiquement joué, sans temps morts. Standing ovation et tout et tout. Au moment de partir, un immense Viking se lève devant moi, tatoué de partout, barbes et cheveux longs, il se tourne, il y a les yeux mouillés de larmes et me dit : « ça va être dur de s’en remettre hein. »

Nos Pénis Divergent

Sur un ton plus léger, je suis allé voir Nos Pénis Divergent. Deux Pénis sont interviewés par un présentateur déjanté façon Ardisson. Le premier appartient plutôt à un geek et le second à un beau gosse, toujours fier et droit.

Bon, je suis arrivé avec une bonne pinte dans le nez, je suis allé au premier rang et j’ai commencé à tchatcher avec le deuxième rang, déjà hilare. Autant dire que quand le spectacle a commencé, le public était déjà chaud bouillant. C’est très drôle, pas très bien joué en général mais extrêmement généreux. Ça ne s’arrête pas un seul instant, enchainant vanne sur vanne, et souvent beaucoup plus fines que ce à quoi je m’attendais. Ça réussit l’exploit de ne pas être grossier, tout en étant parfois informatif.

Bref, très bien aussi.

Et Dieu créa la voix

Un one man avec beaucoup de chant. L’acteur explique comment s’est créé sa voix et sa passion pour le chant. Il raconte différentes étapes de sa vie, son enfance, ses parents, puis ses métiers avant d’en arriver devant nous, et comment sa voix s’est transformée pendant ce voyage.

C’est très drôle et les moments musicaux sont assez incroyables. Surtout quand on est à 1 mètre, comme je l’étais. C’est généreux.

Tel père telle fille

Enfin, Tel Père, Telle Fille, avec Lucile est une pièce drôle et émouvante où une fille entretient une relation fusionnelle avec son père et n’ose pas lui avouer sa grossesse. Il y a deux acteurs, plus un troisième au téléphone et pourtant très présent. J’ai évidemment été touché par cette histoire dont le nœud n’est pas un conflit, mais bien l’amour. C’est parce qu’ils s’aiment profondément, que cette incompréhension arrive.

Je me suis beaucoup amusé, mais je suis content d’être rentré.

Big up à toutes les formidables rencontres faites sur place, et aux surprises de la vie, bonnes ou mauvaises qui fait qu’on se sent vivant.

De l’exploration des mondes réels, ma soirée BDSM

Il y a quelques semaines, par le biais d’une association de quartier je rencontrais une fille que je découvrais particulièrement sympa, mignonne et carrément geek. Curieuse et aventureuse, elle et son mari explorent des territoires sexuels que je ne connais pas. Tout aussi curieux, je suis l’archétype du mec qui observe mais ne s’implique pas, toujours en contrôle, voyeur évidemment. Un jour elle me propose une soirée BDSM, Bondage Sado-maso, pas eu le temps de compter jusqu’à trois que j’acceptais cette occasion unique de découvrir un monde nouveau.


Mon amie s’occupe de tout, elle m’inscrit à la soirée, me parraine et me fait accepter alors que je suis seul (ce qui n’est normalement pas permis). Les quelques échanges que j’ai avec les organisateurs sont cordiaux, et me rassurent. A part les photos de lieu qui, comme ça de l’extérieur, peuvent faire un peu flipper, en fait tout va bien.

Jour J, je ne suis pas à l’aise. Dans la voiture, Il y a mon amie, avec son mari, un couple d’amis à eux que je ne connaissais pas et moi. Dans la voiture on plaisante, on discute, on se rend compte qu’on a des points communs et de la geekerie à revendre, on fait des plans pour organiser des parties de jeu de rôle, bref je suis content. Cela dit, je ne sais pas où je vais, ni ce qu’il va se passer et tout ce qu’on peut me dire ne m’aide finalement pas. Je ne sais pas s’il faut s’habiller d’une certaine manière. D’une précédente expérience j’avais l’impression qu’il fallait être super looké, homme comme femme, mais finalement le combo pantalon, chemise noirs et chaussure de ville fonctionne.

On est accueilli dans une petite pièce d’un appartement sur deux étages par un mec hyper gentil au visage doux. On paye, trente boules pour la soirée, sachant que c’est open bar pour les alcools, ce n’est pas cher du tout en vrai. J’ai dépensé plus de thunes en soirée après les cours de théâtre que là.

Il y a une douche, des toilettes hyper propres, une salle pour manger et boire, avec pas mal de d’alcool pour se désinhiber, et un peu de nourriture pour les petits creux. La salade de fruit était une énorme tuerie. La patronne nous fait visiter les deux salles de jeux. Deux grandes pièces d’où pendent du plafond des anneaux pour s’attacher. Il y a des chevalets, une sorte de cheval d’arçon, des cordes, des fouets, chats à neuf queues et autre badines et plein d’objets divers dont je ne comprends pas forcément l’usage. Des gens sont déjà arrivés. Je me rends rapidement compte que nous sommes les plus jeunes, ce n’est pas un problème pour moi, et je ne suis absolument pas étonné. Je suppose qu’il faut du temps pour assumer ses envies et s’autoriser ces soirées. Je vois passer un homme habillé en cuir, les fesses à l’air et le sexe apparent, enserré par un anneau de métal. Une femme d’une soixantaine d’année, est à demi-nue, les seins lourds et beaux offert à la vue de tous. Quelques hommes portent des colliers de chiens. Certaines femmes sont en simili-cuir, option découverte. Je vois quelques personnes un peu à l’écart, observant, comme moi. On se rassemble, les gens discutent, j’ai l’impression d’être à une soirée parfaitement normale avec des gens absolument adorables, juste ils sont le cul à l’air. On boit un peu, on mange un peu et la maitresse des lieux nous donne les règles. Propreté et hygiène avant tout, primordial, sécurité et consentement absolu, des serviettes, des préservatifs, d’autres conseils de bon sens donné sur le ton de la rigolade. Je suis bluffé par la tranquillité et la simplicité qui se dégage. Partout je vois des sourires et des gens l’air heureux de partager un bon moment.

On me présente un homme et sa copine, lui blanco un peu mal foutu, je détecte un air un mi-dégueu mi amusé. Sa copine, asiatique, jolie, fine, ne parle qu’anglais, ça me fait travailler la langue. Elle est canadienne. Lui est sympa, il apprend et pratique l’art des cordes et m’en parle avec plaisir, partageant sa passion pour les nœuds. C’est intéressant, surtout quand il emploie un vocabulaire lié à l’hypnose pour décrire certaines de ses actions. Elle me raconte qu’elle voyage beaucoup, rencontre des gens et aime se faire attacher.

La soirée démarre tranquillement. Dans une pièce j’entends le claquement d’une cravache sur une fesse. La femme aux seins lourds est debout contre un chevalet et se fait gentiment fouetter par son mari, un homme aux cheveux blancs qui manie son instrument d’une main agile, tour à tour caressant puis frappant gentiment, glissant de temps en temps la baguette en cuir dans son entrejambe. Quelques hommes sont dans un trip soumission. A quatre pattes, le cul en l’air, ils attendent le bon vouloir de leur domina, qui vient leur caresser le postérieur. C’est dingue. Parce que tout me parait parfaitement normal. Personne ne se juge, à part au théâtre où on joue avec son corps, je n’ai jamais été dans un environnement avec une telle acceptation du corps de l’autre.

Je fais une pause dans mon observation et je discute avec un pâtissier qui me montre ses créations sur son smartphone, magnifiques, j’ai envie de bouffer du sucre.

Un mec, sourire jusqu’aux oreilles, m’explique qu’il préfère être fouetté mais qu’au besoin il peut dépanner. Je rigole, et lui demande de le faire sur moi. Il utilise un long losange de cuir rose, appelé Langue de dragon et frappe sur mon dos, chemise conservée. Je suis un peu épais et j’ai du mal à ressentir des choses. Pour les massages, il faut littéralement me marcher dessus ou m’enfoncer ses poings dans le dos pour que je commence à sentir. Rapidement je lui ai demandé d’y aller plus fort, puis j’ai commencé à aimer ça. Ce n’est pas vraiment une douleur, ça commence comme une caresse et ça monte lentement. Dans le sexe, il y a souvent un moment d’excitation où je bascule et j’apprécie particulièrement de me faire griffer le dos, parfois jusqu’au sang. Là c’était tranquille mais je sentais que ça pouvait monter haut. Absolument rien de sexuel du coup, ce n’est pas cette excitation. Première expérience réussie donc. Autour de moi, ça commence à se chauffer un peu. La canadienne se fait attacher par son ami. Une femme se fait sévèrement fessée. Mes potes technophiles me font essayer une application sur smartphone qui permet de faire vibrer deux sex-toys selon sa propre volonté, rythme, puissance. On est en plein Déclic. Je prends en main un œuf vibrant qui a déjà une sacrée patate, mais le second, un engin de la forme et de la taille d’un rasoir électrique est tellement puissant qu’il m’engourdit la main au bout de quelques secondes. Dans une culotte ça doit dépoter sévère. Ce que je constate rapidement lorsque quelques minutes après, cette fille se fait attacher au plafond, les yeux couverts d’un masque, une boule dans la bouche, les deux sex-toys placés là où ils doivent être. Il y a une sensation de puissance, de pouvoir jouissive lorsque je la vois tressaillir à mesure que j’augmente ou diminue la vitesse et la force des deux engins. Je flippe un peu tout de même, je suis toujours en train de me demander si elle est ok. Elle répond régulièrement oui de la tête, elle ne voit rien mais entend tout, le plaisir des trois mecs qui jouent avec elle, les rires, les questions techniques, les demandes de consentement. Elle acquiesce souvent, refuse parfois, personne n’insiste, absolument jamais. Oui, non, c’est très rapide. Je rends le smartphone et j’observe ébahi le plaisir qu’elle semble prendre ainsi entourée.

La soirée se passe ainsi, je bascule de jeux en jeux, j’observe, je participe un peu, plus à l’aise dans mon rôle de voyeur. Parfois je mets des coups de cravache, toujours à me demander si c’est trop ou pas assez fort. On ne le voit pas forcément, il faut beaucoup d’observation, d’empathie, et de compétence pour rester le plus possible à la limite entre la douleur et le plaisir. Enormément de confiance aussi. J’ai vu une dame sur le cheval d’arçon, avec un homme lui tapant les fesses en rythme comme un tambour, puis un autre lui mette des coups qui m’ont fait sursauter par leur violence. J’ai vu un homme jouer avec un certain nombre de baguette chinoise insérées dans l’anus, puis une fois terminé se relever tranquillement et nous dire qu’après avoir essayé c’est pas trop son truc finalement. J’ai vu la fin d’un shibari raté, l’assemblage pas assez solide pour tenir le poids des deux participantes, la déception du maitre en corde qui se rend compte qu’il n’est pas assez compétent, qu’il pensait l’être mais qu’il doit encore apprendre. J’ai vu des pinces à linge métallique sur les organes génitaux de deux hommes en extase, j’ai vu du cul, pur et dur, j’ai vu tellement d’autres choses.

Et pourtant, sans doute pas encore assez. J’ai l’impression d’un monde immense à explorer et je n’en ai vu qu’une toute petite partie, safe, tranquille, rigolarde presque. En rentrant à la maison, je me suis demandé ce qu’il y avait d’autres, si ça pouvait être moins safe du coup, s’il y avait d’autres pratiques, d’autres envies. C’est marrant parce que je me fais un point d’honneur à être curieux, à voir plein de choses, et si je savais que ça existait et que j’en avait vu sur les tubes, le voir en vrai c’est complètement différent.

Et puis, encore une fois, je suis resté extrêmement passif. J’ai bien essayé un truc ou deux, mais je suis toujours resté dans le contrôle, concentré, presque en mode apprentissage, refusant notamment un truc qui m’aurait énormément excité, que je voulais faire mais que j’avais trop peur de dévoiler. Pourtant les dernières années m’ont appris les vertus du lâché prise, du flow, et autres métaphores à base de rivière qui coule. J’ai envie intellectuellement d’essayer, mais je flippe toujours au moment de le faire. Là, malgré ma joie, je ne me suis pas lâché, j’ai encore trop réfléchi. Est-ce que c’est pour moi ? De quoi ai-je vraiment envie ? Qui suis-je vraiment, et que suis-je prêt à accepter ? Je ne suis pas plus avancé aujourd’hui qu’hier. Et c’est bien finalement, encore un autre chemin à explorer.

Review de séries 1/X

Je suis abonné à Netflix depuis quelques mois, et en activité réduite, ce qui me laisse du temps pour regarder. Evidemment je suis devenu complètement addict. Netflix me procure une excellente expérience utilisateur et un catalogue très bien fourni. Exactement ce qu’aurait du faire les français il y a quelques années avant que le géant américain ne vienne tout écraser son passage. Maintenant c’est clairement trop tard. Depuis que j’ai Netflix, je ne télécharge quasiment plus, ce qui prouve qu’une offre correcte, à un prix acceptable, avec une interface qui fonctionne exactement comme elle devrait, c’est tout ce que demande le peuple. En attendant, voici une petite review des dernières séries que j’ai regardé.


  • Great News sur Netflix. Deux saisons de 8×20 min. Du comique produit par Tina Fey sur une équipe qui fabrique une émission d’info pourrie sur une chaine oubliée du câble américain. L’histoire commence lorsqu’ils engage comme stagiaire la mère, âgée de 60 ans, d’une des journalistes. C’est plutôt drôle, avec un débit très rapide, et une histoire globale par saison. La mère est horriblement abusive (genre de l’extrême) et la fille totalement soumise, mais c’est le cœur des situations. J’ai bien aimé.
  • Timeless sur Netflix. Je suis en train de finir la première saison. Une société a créé une machine pour voyager dans le temps mais elle a été volée par un vilain qui veut faire péter l’histoire. Une historienne, un soldat et un pilote prenne la machine de secours pour aller lui défoncer sa reum mais ça marche pas des masses. C’est très américano centré, genre TRES. Chaque épisode est un prétexte à visiter l’une de leur période et voir les grands personnages de ce temps, genre assassinat de Lincoln, Fort Alamo, Al capone etc. C’est pas ouf ouf, mais il y a un fil rouge intriguant sur une société secrète genre illuminati (ou les templiers d’assassin’s creed) qui contrôlerait l’histoire humaine et je veux voir où ça va.
  • Assassination’s classroom. Manga sur Netflix. Un monstre poulpique venu d’on ne sait où à détruit une partie de la lune et menace de détruire la terre à la fin de l’année si on ne le laisse pas devenir le prof d’une classe de ratée d’un collège japonais pour qu’ils l’assassinent, mais il est beaucoup trop rapide pour ça. Je n’ai pas encore fini la première saison. C’est hyper bizarre à suivre, je sais pas trop à qui ça s’adresse et de quoi ça parle vraiment. Le prof/monstre est ultra bienveillant, veut absolument que les élèves réussissent, fait tout et le reste pour les aider, les renforce positivement, et tout ça mais on comprend pas pourquoi. Je pense depuis le début qu’il s’agit d’une putain de gigantesque métaphore et que rien de tout ça n’existe. J’aime beaucoup mais je comprends rien.
  • Kevin’s hart black history. Un one-shot d’une heure. Un humoriste américain noir, raconte à sa fille comment les noirs américains se sont fait voler la vedette par des blancs. C’est trèèèès bien. Présenté sous le mode drôle, c’est juste profondément choquant mais tellement commun. L’histoire du pôle nord est édifiante par exemple. Y’a plus qu’à faire ça pour les femmes.
  • Riverdale saison 3. Mais c’est tellement de la merde, c’en est difficilement concevable. Chaque épisode est un festival de revirement, de non-sens, de situations totalement absurdes et déconnectées. J’adore parce que je veux savoir quelle connerie ils vont pouvoir faire après.
  • Fear the walking dead saison 1 et 2. J’avais abandonné WD à la saison 3 tellement c’est chiant et long et tellement j’en pouvais plus de Rick. Ce spinoff que j’ai commencé pour me remettre dans le bain zombiesque est plutôt très bon. La s01 en 6 épisodes présente les personnages en début de l’épidémie et installe l’action à Los Angeles. La s02 se passe au Mexique et l’ambiance zombie/latino me fait ultra-kiffer. Comme d’hab’, situation merdique sur situation merdique, choix pourris à faire constamment, et à peu près plus de bon sens de la part des persos que dans d’autres films et séries. C’est pas la série de l’année mais ça se laisse regarder. Y’a quelques scènes biiien gores aussi.

Nicky Larson ne craint personne

Toujours un peu ado dans ma tête, j’ai pourtant passé les 40 ans (nan c’est pas vrai, naaaan je veux paaaas). Je suis un enfant des années 80, élevé au Banania et au Nesquick, devant Croque-vacances et Récré A2 présenté par Dorothée, la grande prêtresse des enfants de cette époque, sans qui la France ne serait pas aujourd’hui le premier consommateur de Japonaiserie au monde. Je connais presque tous les dessins animés de cette époque, de Cat’s Eyes (LOOOVE) à Inspecteur Gadget, en passant par genre tous les autres. Je connais les génériques par cœur, j’ai élevé mes enfants en leur chantant un des génériques de Goldorak.


Et pourtant je déteste profondément la nostalgie, qui nous retient, nous empêche d’avancer, nous enferme dans le souvenir idéalisé d’un monde qui n’existe plus. Rien de plus rébarbatif pour moi que de voir sur scène les vieillards chantant en playback la seule chanson qui les fait vivre depuis plusieurs années. Tous ces remakes débiles des séries de notre enfance, qui parfois me font sourire par leur capacité d’autodérision (coucou Jump street), ce coup de coude qui dit : « hey, t’as vu, c’était con hein les années 80, allez claque ta place de ciné à 10 boules quand même, c’est le prix de la moquerie ». Autant dire qu’il a fallu que je me persuade que mon abonnement ciné me permette d’aller voir des merdes pépouze pour que je sorte de chez moi voir Nicky Larson.

La bande-annonce bien pourrie nous a tous fait croire qu’il s’agissait d’un énième navet de la bande à Fifi, déjà responsable des plutôt sympa Baby-sitting tout autant du bien problématique Epouse-moi mon pote.

Et ben en fait, pas du tout.

Tout d’abord c’est un film qui transpire l’amour de Lacheau pour le personnage de Nicky Larson. On sent qu’il a étudié le bousin, dans sa version VF, mais aussi VO et Manga. Il a pris énormément de muscles pour avoir la carrure du personnage et fait le travail jusqu’au bout en validant le scénario auprès de l’auteur original Japonais du manga. Ce que j’ai vu correspond en tout point à mon souvenir, pas de trahison. Et surtout sans les conneries des doubleurs français de l’époque, qui voulaient édulcorer pour le public jeune. Clairement, Lacheau s’est plutôt inspiré de la version originale.

Ce film a été fait extrêmement sérieusement, et je n’ai pas l’impression qu’il s’agisse d’une adaptation faite par-dessus la jambe. C’est drôle, bourré d’action, bourré de références aussi (parfois discrète, souvent beaucoup moins), et l’histoire tient globalement bien la route pour un film de ce genre. Des méchants, des gentils, des retournements de situations, de l’humour, de la baston, des poursuites, le tout parfaitement rythmé.

Les scènes d’action sont particulièrement bonnes, je me suis beaucoup amusé à voir ces chorégraphies et ralentis improbables. Notamment la dernière, qui raconte quelque chose en plus que la simple baston.

Il y a bien quelques petits soucis, notamment une vision de l’homosexualité qui pue clairement, toujours pas réglée depuis Épouse-moi mon pote, des placements produits posés à la truelle, un personnage plutôt pas trop utile et des caméos dispensables mais sans doute obligatoires.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup rit, de bon cœur, sincèrement, sans sarcasme ni cynisme et j’ai passé globalement un excellent moment.

Rêve de dragon reboot

Je suis vraiment un vieux joueur de jeu de rôle, un vieux rôliste, un vieux râliste aussi parfois. Je regarde tous les foulancements d’un œil circonspect, toujours à me dire que la nostalgie c’est quand même un peu de la merde. Mais quand j’ai vu le nouvelle édition de Rêve de Dragon, je n’ai repris conscience que plusieurs minutes après avoir dégainé ma carte bleu et payé en ligne. Une absence, un oubli de moi-même sans doute. J’ai craqué. Pas seulement pour les souvenirs incroyables que ce jeu à pu me procurer, à sa lecture, ou en jeu bien sûr mais aussi pour les illustrations superbes de Florence Magnin et Rolland Bartelemy, pour l’écriture ciselée des scénarios, pour leur incroyable pouvoir de rêve alors qu’à la même époque, on descendait épée à la main dans des donjons moisis pour y cambrioler les trésors de pauvres créatures assassinées pour notre plaisir malsain.

Rêve de dragon c’est le Voyage (grand V), l’absurde, le décalage permanent, l’envie d’en savoir toujours plus. Le seul jeu où on pouvait passer des séances entières à jouer des punks à chien, acrobates cracheurs de feu, cuisiniers ou saltimbanques et prendre un plaisir dingue à juste fumer de l’herbe de lune, manger des trucs bizarres trouvés dans la nature et expérimenter.

Contrairement à beaucoup de joueurs, j’ai toujours aimé les règles, parfaites, précises, et quasi exhaustives de Rêve de dragon. Tout se tient, et finalement tout est simple.

Et aujourd’hui j’ai reçu la plus belle, la plus riche, et la complète des éditions jamais écrite pour ce jeu.

Allez unboxing.

Plaidoyer pour une critique

Je mets ici pour la postérité un article que j’avais écris il y a quelques années, à l’époque où je faisais des critiques de jeu de rôles pour Radio-rôliste. Je le trouve encore d’actualité.


Il y a quelques jours, une discussion animée naissait entre les gars du podcast la Cellule et les auteurs du jeu Kuro à propos d’une critique particulièrement violente décrivant le jeu comme particulièrement mauvais et s’épanchant longuement sur le sujet.

Lors de cette discussion, un autre auteur faisait part de son agacement quant a une critique de son propre jeu, Dés de sang, remettant en cause l’impartialité et la manière de faire de la personne ayant fait cette critique, en l’occurrence, moi-même.

Comme cette remarque me travaillait quelque peu, j’ai eu envie de coucher par écrit la manière que j’avais de critiquer les jeux. Non pas que je cherche à me défendre particulièrement mais surtout parce que je me demande à quel point on est pas en train de se battre pour pas grand-chose.

Présentation

Tout d’abord un peu de présentation. Je m’appelle Yannick Polchetti et j’ai pour pseudo Orlanth depuis pas mal d’années maintenant. Je suis ce qu’on appelle un vieux rôliste, plus de 25 ans de pratiques diverses, avec quelques longues campagnes à mon actif, des dizaines de jdr testés et joués et bien plus de bouquins que je pourrais jamais en lire. En cela, je suis comme une bonne partie de la population rôliste, un collectionneur presque compulsif. Au-delà de mon activité purement joueur, je m’essaie aussi à l’écriture de jeux, parfois avec succès. Je ne prétends absolument pas avoir l’expérience de nombre d’auteurs du milieu mais quelques productions de ma part ont eu un petit succès qui me fait dire que je ne fais pas complètement de la merde.

Au titre de tout ce qui a précédé, je pense humblement avoir une légitimité en ce qui concerne la critique de jeu. J’aime les mécaniques élégantes et je bouffe régulièrement du système de jeu, ne serait-ce que pour en piquer les idées ou pour découvrir de nouvelles façons de jouer.

Méthode

Assez de présentation, parlons maintenant de critique et de méthodes. Pour moi, critiquer un jeu, ce n’est pas simplement donner son avis. Evidemment aucune critique ne peut exclure le point de vue de celui qui critique mais j’essaye au maximum de minimiser cet effet et de me placer du côté du néophyte (au sens de celui qui va découvrir ce jeu en particulier) et de décortiquer le jeu point par point.

A moins qu’il ne s’agisse d’un jeu distribué exclusivement numériquement, je commence toujours par parler de l’objet en lui-même. C’est le premier contact, la vue et le toucher sont importants et détermine grandement le plaisir qu’on pourra retirer à le manipuler et à le lire.

Ensuite je parle système de jeu. Un survol rapide me permet d’expliquer succinctement à quoi ressemble la mécanique, si on fait des jets de dés et comment et j’essaye de déterminer les points forts et les points faibles ressentis à la lecture.

Une précision d’ailleurs, personne n’a le temps de jouer à tout. Une discussion que nous avions eue d’ailleurs est : pouvons-nous critiquer un jeu sans y avoir joué ? La blague suivante étant, pouvons-nous critiquer un jeu sans l’avoir lu ? Si évidemment, je réponds non à la dernière question, c’est sans hésiter que j’affirme pouvoir critiquer un jeu sans y avoir jouer. J’estime que l’expérience dont la plupart d’entre nous dispose est suffisante pour se faire une idée rapide et pouvoir s’enthousiasmer ou pas sur une belle mécanique. Toutefois, l’avis initial émis à la lecture peut tout à fait se voir confirmer ou infirmer par une partie. Ce dont j’ai peur, c’est qu’une bonne partie des sensations éprouvées lors d’une partie de jeu de rôle provenant de la mise en scène et du scénario joué, donc très directement du maître de jeu, la qualité de ce dernier ne biaise l’avis final.

Une fois le système de jeu passé en revue, j’aborde le monde de la même manière, points forts et points faibles, en essayant encore une fois de rester objectif. Est-ce que telle région du monde me paraît suffisamment détaillée, ou attrayante, pour avoir envie de m’y plonger, est-ce que tel personnage non joueur me semble évocateur, est-ce que l’ensemble apporte quelque chose, est-ce que je sens le souffle épique ou au contraire la moiteur d’une ambiance lourde.

Ici, on est vraiment dans le pur ressenti et c’est à mon avis, la plus grande difficulté de l’exercice. Il faut arriver à expliquer ce qu’est l’univers et ce que l’on a ressenti en le parcourant tout en faisant fi de ses propres univers de prédilection. Pas simple.

Enfin, je parle des scénarios, car il en faut et j’ai un avis assez arrêté sur le sujet, et les conseils de maîtrise, un exercice périlleux mais intéressant car c’est le moment où l’auteur peut prendre du recul et expliquer son intention et la manière dont il souhaite que son jeu soit joué.

État des lieux

Le milieu du jeu de rôle est très petit. Je dis souvent que c’est une cour d’école avec cent personnes qui se connaissent. Il y a des petits groupes, des rivalités, des amitiés bien sûr mais comme dans tout milieu aussi petit, tout est amplifié. De plus, certains acteurs moins au fait des longues histoires foutent parfois un peu les pieds dans le plat. Qu’il s’agisse d’auteurs amateurs (pas au sens réducteur du terme, au sens de pas encore publié), de critiques qui se lâchent parfois, ou des auteurs qui prennent personnellement très mal la moindre remarque fut-elle prononcée du bout des lèvres.

Avec mes quelques compagnons, nous avons pris le contrepied de cet état d’esprit. Les choses sont dites, parfois brutalement, mais nous savons qu’à aucun moment il ne s’agit de casser l’autre ou son travail et qu’on gagne énormément de temps à se parler directement.

Oui, il y a déjà un filtre, nous nous connaissons et nous avons décidé tacitement que ce mode de fonctionnement est le meilleur pour nous.

Oui, lorsqu’un critique s’étale longuement sur un jeu, il ne connaît pas forcément l’auteur et n’a donc pas mis en place ce filtre. Il est donc parfaitement compréhensible que ce dernier réagisse mal. D’autant plus qu’il y a toujours un certain nombre de contraintes très difficiles à voir et à comprendre qui peuvent saloper un jeu au-delà de la vision de l’auteur.

  • Des contraintes de signes, qui obligent à couper drastiquement ou au contraire à tirer à a ligne et donc diluer le texte intéressant.
  • Des contraintes de temps, obligeant les auteurs à sortir des textes parfois peu relus.
  • Des contraintes financières. Pour rappel, il n’y a pas d’argent dans le jeu de rôle. Ceux qui imaginent le contraire n’ont qu’une connaissance très idéalisée de ce milieu. De rares éditeurs et auteurs arrivent à en vivre, mais la plupart ont un vrai métier à côté et bossent pour la gloire et la passion. Sans faire d’angélisme non plus, croire qu’on va devenir riche en faisant du jeu de rôle est un phantasme commun qu’il est urgent de détruire.

Ajoutons à cela des contraintes extérieures, comme les illustrations (branleurs de dessineux), la maquette (faite à l’arrache par le gars qui a touché une fois inDesign) , l’imprimeur (toujours en retard) et la distribution et on peut commencer à comprendre les difficultés pour un jeu de sortir exactement comme l’a voulu l’auteur et l’éditeur.

Conclusion

Tout ce long post pour finir par donner mon avis. On va sans doute me taxer de dire des choses évidentes ou d’être un gros connard qui ne prend pas partie, mais je m’en fous. Ce qui est évident pour l’un ne l’est pas pour l’autre et cela ne coûte rien de les redire.

La critique est effectivement facile à faire. N’importe qui ayant lu un jeu de rôle peut finalement donner son avis et cartonner gratuitement (ou encenser). Ce qui va faire la différence, et ce vers quoi je travaille, c’est la mesure et l’argumentation.

Un jeu peut être mauvais, indéniablement, et j’en parlerais bientôt lors d’une future chronique, mais il est important d’expliquer en quoi le critique considère le jeu mauvais. En effet, ce qu’il trouve mauvais peut ne pas l’être pour un autre joueur, ou ne pas sembler aussi important à ses yeux.

A l’inverse, produire quelque chose c’est toujours s’exposer. Il faut le comprendre et l’accepter, il n’y a pas vraiment d’alternative.

Bières de Noël, le retour

Article toujours pas sponsorisé hein 🙂


Ce mois de Décembre ayant été particulièrement chargé, côté activité théâtrale, je n’ai pas vraiment pu mettre à jour comme je le souhaitais l’article sur le calendrier de l’avent. Impossible de boire une bière par jour et de la critiquer dans la foulée.

Je me suis dit que j’allais plutôt mettre ici les bières qui m’ont marqué.

Déjà, dans l’ensemble, presque toutes étaient au moins bonnes, aucune fausse note à mon goût, plein de découvertes, parfois un peu spécial, mais après tout, je voulais être surpris, j’ai été servis.

Mes préférés, et probablement les plus surprenantes, sont donc les suivantes.

J’ai déjà parlé des deux premières dans l’article précédent, je ne vais pas y revenir.

Pour celle-ci et la suivante, elles portent bien leur nom. Des saveur de chocolat, et de menthe pour la Cocoa Mint, on à l’impression de boire des After Eight. J’adore les After Eight, mais à boire c’est bizarre.

Pour la XMax c’est plus doux et le goût est un peu pétillant si je me souviens bien. On sent bien le chocolat par contre.

L’une de mes préférés. Forte en goût en alcool. Pas mal d’épices douces-amères, elle me fait penser à du Jagermaester avec des bulles.

Comme d’habitude, les porters, les stouts et les plus fortes m’ont marqués mais il y’en a bien d’autres d’excellentes, comme l’Abominable snowman ou l’Einstöck islandaise, mais je ne vais pas toutes les citer.

En conclusion, un achat dont je suis très content, et que je renouvellerais sans doute.

Et je pense faire un tour sur Saveur-bière pour retrouver celles qui m’ont plu ou en découvrir d’autres.

Et vous ? Des découvertes ?

Des bières à Noël

Article pas sponsorisé du tout, ce n’est pas de la pub, et je n’ai pas été payé.


avent-biere

Il y quelques semaines, plusieurs personnes connaissant mon amour pour la bière m’ont envoyé des messages pas subliminaux du tout sur l’existence d’un calendrier de l’avent des bières. Il m’a pas fallu plus de 5 minutes pour que j’aille commander ce package sur Saveur bière, un site de vente par correspondance que je ne connaissais absolument pas avant ce fabuleux coup marketing.

La commande s’est effectuée sans aucun problème, très rapidement.

J’ai reçu trois mails avant la livraison en point relais et tout s’est passé parfaitement malgré l’affluence et le nombre de commande. C’est assez rare pour être signalé (il y en avait au 5 ou 6 en attente en plus de la mienne au point-relais, une petite boutique de fleur dans ma ville loin de la capitale, j’imagine pas ce que ça a donné pour les autres).

Faisant parti des pré-commande, j’ai reçu en cadeau une sorte de tapis pour poser sa bière, deux verres et un decapsuleur, le tout d’une qualité moyenne (verre fin, décap en métal découpé un peu brutalement).

Le colis faisant 22kg j’ai un peu galéré à le ramener chez moi en transport en commun, mais bon on a rien sans rien.

Ensuite j’ai attendu.

Et voici ce que j’ai découvert, jour après jour.


basqueland-season

1er Décembre

Saison Basqueland Brewing Project

Légère et fraiche, un peu d’artume mais pas trop, des arômes d’agrumes, une longueur en bouche moyenne, ça pétille un peu.

J’ai été un peu surpris, en bien, par cette première bière au goût délicat mais bien présent.

Note : 4/5 sur l’échelle de moi


hara-kiri

2 Décembre

Hara-Kiri

Un peu comme la première mais en moins bien. Légère aussi. Un poil plus houblonnée, elle me parait surtout un peu plus fade. Pas mauvaise du tout mais rien de transcendant, surtout après celle du premier jour.

 

Note : 2.5


baltic-porter3 Décembre

Winter Gorilla Baltic Porter

Une porter toute en puissance, aux arômes prononcés de café et de réglisse mais sans être écœurant. Une très grande longueur en bouche (on sent encore le gout après une minute). Une amertume plutôt faible.

J’ai adoré, mais j’avoue particulièrement aimer les stouts et les porters, alors je suis pas objectif. Je vais essayer de la retrouver en magasin celle-ci.

Note : 4.5/5 pour les gens qui aiment les goûts francs et directs.


winter-ipa4 Décembre

Winter IPA de chez Buxton Brewery

Une IPA corsée, à l’amertume prononcée mais gérable. Légèrement sucrée elle se boit très bien, avec un goût légèrement acidulé. J’ai bien aimé même si elle n’est pas exceptionnelle.

Note : 3/5

Ludovox – Achtung Cthulhu – Le guide de l’investigateur

CouvertureAchtung Cthulhu est une gamme de supplément, un cadre de campagne en fait, projetant les personnages dans la secondaire guerre mondiale. Il utilise les règles de l’appel de cthulhu mais aussi celles de Savage World.

J’ai mis le temps pour lire ce guide, mais j’ai finalement réussi. Non pas que ce ne soit pas intéressant mais j’ai de plus en plus de mal à lire de gros livres comme celui-ci, surtout quand il se contente d’un survol historique et de tas et de tas de règles et de tableaux. J’espère que le reste de la gamme est plus sympa.

Dans tous les cas, je reprends mon activité chez mes copains de Ludovox sous la forme d’une chronique du jeu.

Et vous, vous en avez pensé quoi ?


Lien
Achtung Cthulhu chez Ludovox

Ludovox – Le musée de lhomme

UnboxingJ’ai reçu il y a deux mois de cela, en avant-première pourrait-on dire, le supplément pour l’appel de Cthulhu, le musée de lhomme.

Je ne pensais pas avoir autant à lire et pour le coup j’ai mis pas mal de temps. Beaucoup trop de temps. Mais finalement j’ai réussi à le faire et j’ai pondu un article pour Ludovox.

Maintenant j’entame Achtung Cthulhu, des heures de lecture en perspective…

Le musée de lhomme chez Ludovox