Café-rôliste #14 – Gauthier et la fleur de purge

ZombieBoyL’épisode de cette semaine (oui ça ralentit un peu, en effet) est consacré à mon ami Gauthier ‘le go@t’ Lion dont je profite honteusement (je lui ai même pas payé sa bière je crois..) pour lui faire parler de sa condition d’auteur à l’occasion de la sortie récente de Fleur de purge, le dernier supplément de Wastburg.

Il nous raconte comment il en est arrivé là et nous parle aussi de tatouage et de l’opportunité de transformer café-rôliste en bière-rôliste..

J’avais un peu mal réglé le micro cette fois-ci et j’ai un peu trop choppé de bruit ambiant, j’espère que cela reste écoutable.


Liens

Le site de Gauthier

et ses autres travaux :
Boule de neige et boule de givre
Arkipel
Merkhos

Sur les tatouages :
Un livre : les bas-fond du crime et les tatouages
Une série de vidéo sur Youtube : La marque de cain

One Response to “Café-rôliste #14 – Gauthier et la fleur de purge”

  1. Pernic N. dit :

    Un podcast sur l’écriture de scénarios… MIAM!!!… en voilà une idée qu’elle est bonne…

    « Je pense qu’on se trompe tous… » Je valide cher Orlanth, mais avec une ch’tite nuance.

    On se trompAIT tous… autrefois… mais ça, « c’était avant » (comme le dit une célèbre publicité). Avant Apocalypse World en ce qui me concerne. Ce jeu a été une véritable claque dans mes habitudes de « vieux con raaliste »… habitué à écrire des scénarios à la « old school », façon les suppléments Descartes dans Cthulhu… où on te dit précisément:

    « A tel moment… il se passera ceci… puis enfin cela… »

    Bref, pendant longtemps on a subi ce genre de « hors sujet »/ »maladresse »/ »dysfonctionnement » (biffez les mentions inutiles) de la part d’auteur de scenar qui avait oublié « un tout petit détail » (mais qui a son importance) à savoir que le JdR n’a rien à voir avec les romans ou le cinéma.

    Et donc, par extension, à cause de la « haute interactivité » (*) et du facteur imprévisible de l’être humain (Joueurs), on ne pouvait PAS (du moins on n’aurait pas du) écrire des scénarios de la même manière (avec « un début », « un milieu », « une fin », etc).

    J’ai toujours trouvé intéressantes les définitions de Frédéric SINTES sur son site limbic system au sujet des différents types de scénarios utilisés en JdR. Je me permets de recopier telle quelle =>

    – « Scénario »: les choses qui doivent se passer pendant la partie sont prévues à l’avance.
    – « Situation Initiale »: tout ce qu’on prépare est vrai avant que l’histoire commence.
    – « Bac à Sable »: la préparation est géographique au lieu d’être chronologique.

    En gros les « scénarios » c’est ce que l’on faisait avant (surtout dans les vieux jeux & modules) et qui étaient bien souvent inadaptés de par leur essence même de vouloir essayer de « tout prévoir »/ tout chercher à écrire/programmer…

    Style: alors pour démasquer le Colonel Moutarde, il faut aller dans la cuisine pour retrouver le chandelier avec lequel il a tué, et forcer Madame Pervenche à tout vous avouer parce qu’elle a assisté à la scène du crime. En clair, c’est le format « pour passer la porte bleu, trouve la clé bleu qui se trouve dans la chambre bleu, puis pour passer la porte jaune »… etc etc

    Le drame de vouloir écrire de véritables scénarios en JdR c’est de vouloir prévoir: « Où »? « Quand »? « Comment »? Et par définition c’est chercher à anticiper les futurs réactions de tes Joueurs…

    Parce que « inconsciemment » (c’est pas de ta faute, les psys et le juge le confirmeront le jour de ton procès) tu cherches « DÉJÀ » à baliser le chemin de tes Joueurs. Parce que tu es timide, parce que tu débutes, parce que tu penses que l’improvisation c’est comme le rock’n roll (« c’est la Maaaall! »). Donc tu prévois « DÉJÀ » qu’ils devront se rendre dans cette putain de cuisine (alors que ton pauv joueur de Bob, lui, il se sentait bien de visiter la bibliothèque), pour trouver ce putain de chandelier (alors que la corde faisait du pieds à ta joueuse Martine qui a toujours été une adepte du SM, mais ça, c’est une autre histoire) et d’aller ensuite foutre des baffes ou menacer de trucider son canari à cette connasse de Madame Pervenche, pour qu’elle daigne parler/avouer. Alors qu’au fond, ils la trouvent finalement très sympathique cette PNJ… et puis il est mignon son canari, et puis c’est pas bien de faire du mal aux animaux… non… paaaas biiiien…

    Donc au final, tu réunis TOUS les mauvais ingrédients pour te retrouver avec ce postulat final de :

    le JdR se résume à trouver/comprendre les saloperies qu’il y a dans la tête de ton MJ. WTF!

    Et c’est à cause de ce genre de « mauvaise programmation », qu’on finit avec des Meujeu qui s’exclament en fin de partie:

    « mais vous êtes trop cons! Il suffisait de faire ci ou ça… et ça aurait marché! ».

    Ce qui, au passage, est facile à dire pour ce gros con, puisque lui, il l’a lu et écrit son scénar…

    Et ça c’est mal cher MJ… et c’est surtout le début de la névrose pour toi et tes Joueurs 😛

    De mémoire, j’ai encore en tête ce passage dans la campagne de l’Orient-Express (Cthulhu) où au sujet d’une boutique où l’auteur n’avait pas prévu que les Joueurs s’y rendent, il te dit textuellement « bon ben là… ils ne pourront pas y rentrer… trouver une justification… y’a du monde dans la rue… etc ». C’est l’exemple typique des erreurs de l’époque.

    Alors bien sur les fan boy te diront « oui mais tu peux t’adapter, improviser ». Certes, mais le fait même que tu sois obligé de le faire, prouve que c’est « mal écrit » (« non adapté » au format si particulier d’une partie de JdR).

    Après la « situation initiale » c’est devenu ma nouvelle religion. Ce qu’on appelle des « fronts » à Apocalypse World (et tous ses dérivés). En gros un groupe de menaces évolutif & interactif qui n’attend pas forcément la présence ou l’action des Joueurs pour agir/intervenir (donc « non scripté » comme dans un jeu vidéo, où dès que tu avances dans un couloir, des monstres apparaissent subitement par exemple: « coucou on est là pour toi, on t’attendait, merci d’être venu… enchanté moi je m’appelle xp-sur-pattes, et voici mon frère… ‘scroutch’… aaah… on ne passe même pas par les préliminaires, on attaque direct? Oki Doki »).

    Ici tu définis un style de menaces (PNJ, lieu, phénomène, cataclysme, maladie, etc) et des « enjeux ». C’est à dire ce qui risque d’arriver si les « glandus » (tu sais les escrocs/psychopathes à ta table qui se prennent pour des héros) ne font rien. A partir de là, tu lances la partie et tu regardes ce qui arrive…

    L’avantage c’est que toi aussi tu t’amuses (en tant que Master). Parce que comme le dit Grégory Pogorzelsky: « si tu sais d’avance comment ça doit se finir… ben… techniquement… ça veut dire que t’as pas besoin des Joueurs, inutile de les faire venir ». C’est cash, mais ça a le mérite d’être clair 😉

    Maintenant si y’en a qui s’amusent encore à jouer les « MJ illusionnistes », le genre de Meujeu qui n’en a rien à secouer de ce que font ses Joueurs, car de toutes façons, il a déjà TOUT prévu, que ça va se passer en trois actes (« intro », « twist », « climax ») et va se finir avec « un boss de fin de niveau »… ben, si vous aimez ça, et que ça se passe bien, tant mieux pour vous… continuez!

    Mais une fois qu’on a goutté à la vraie liberté et « véritable interaction », c’est comme une drogue, on ne revient plus aux travers d’avant en général. Parole de Junky 😛

    Et sinon pour le mode « sandbox » (bac à sable) Le Grümph donnait de super conseils dans sa conférence à Orc Idée (pour ceux que ça intéresse)…

    BLACK PHARAOH
    * l’interaction, la vraie ça n’a rien à voir avec l’illusion de choix multiples. Un scénario toboggan où tu passes d’une scène pré-programmée à une autre… c’est TOUJOURS un scénario toboggan, même si entre deux de ses scripts tu as trois beaux toboggans de formes et de couleurs différentes. C’est juste de l’illusionnisme un tantinet « plus subtil »… mais t’es toujours sur un putain de rail qui te dit… « c’est par là ducon! »

    Et les pires escrocs se sont ceux qui te vendent le coup du:

    – « non mais attends, tu peux enchainer les scènes dans l’ordre que tu veux, c’est pas trop chouettement interactif ça? ».

    C’est un peu comme si je te disais, je vais te mettre une claque dans ta gueule et un coup de genoux dans les roustons. Mais attention, grand prince que je suis, je te laisse choisir par quoi on commence… mais au final, quoi que tu fasses/décides, tu vas quand-même prendre une claque dans ta face, et un coup de genoux dans les boules…

    La vraie liberté d’action des PJs au cours d’une partie de JdR, elle ne se négocie pas, sinon ça s’appelle du « truandage » cher confrères manipulateurs 😛

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