Poème des archipels

ArchipelsJe viens de retrouver un poème que j’avais écrit pour les Archipels, un extraordinaire cadre de campagne, il y a fort longtemps. Il devait servir à lancer une aventure mais je n’ai finalement jamais pu le placer. Pour éviter qu’il se perde, je le mets ici, pour la postérité.


Mes amis, laissez-moi vous conter
Une aventure à coté de laquelle vous ne passerez,
Une histoire de druide fantastique et exaltante
Aubergiste, coupe-moi donc une autre tranche.

Il existait autrefois très très loin,
Une île nommé Essence, c’est pratiquement certain.
Loin des hommes et de leurs actions,
Une compagnie de druide en prit possession.

Pourchassés par d’anciens amis,
Craignant pour leur vie et leur magie,
Ils partirent loin de leurs lieux maudits,
Mais ça, je crois l’avoir déjà dit.

Ils partirent de chez eux,
le regard fier et conquérant,
Emmenant en ces nouveaux lieux
Leurs femmes et surtout leurs enfants.

Les druides restèrent longtemps sur Essence,
Sans qu’aucun ne remarquent leur absence.
Ils auraient pu y couler des jours heureux
Il s’en est vraiment fallu de peu.

Un jour, un jeune druide nouvellement formé
Noraine le fol qu’il s’appelait,
Eut une révélation, une vision, une vérité.
A vrai dire, son nom était bien porté.

Surgissant au conseil des anciens,
Il enjoignit ses maîtres, les yeux plein de chagrin
A réfléchir, être moins serein,
Car les attendait bientôt un funeste destin.

Cette fois là, personne ne le cru.
Il faut dire qu’il vivait à la rue
Souvent dans ses pensées
Il passait son temps à inventer

Toujours il faisait des prédictions
Plus ou moins fatales selon la saison
Parfois, il se perdait, regardant l’horizon
Les gens pensait qu’il perdait la raison

Alors il partit dans la forêt.
Promettant de disparaitre à jamais.
S’enfuit en solitaire, en ermite.
Il faut vraiment aimer les poux et les tiques.

Bien, il est temps pour moi de faire une pause.
Cela fait des heures que je glose.
Aubergiste ! Je meurs de soif on dirait !
Allons! Sers moi donc un godet.

Mais voilà que même sans raconter, je rime
Déformation professionnelle, j’en suis victime.
Pour mon gosier, merci patron.
Retournons donc à notre baston.

Plusieurs semaines plus tard,
En pleine nuit, il faisait noir.
Un capitaine et ses éclaireurs rapportèrent
L’arrivée prochaine de sombres vaisseaux de guerre.

Les maitres n’en crurent pas leurs oreilles.
Ainsi, le fol n’était plus pareil ?
Son augure, pour une fois était juste,
Les maitres avaient vraiment été injustes.

Maintenant ils étaient découverts.
Comment s’en sortir ? Comment faire ?
Les maitres empâtés, encroutés
Ne discutaient plus avec leurs alliés.

C’est alors que Noraine revint,
Dans la forêt, il avait suivit son instinct.
C’est beaucoup plus tard qu’il raconta
Ce qu’il s’est réellement passé ce soir là

Alors qu’en rage, de sombres pensées le submergeait,
Au bord d’un lac tranquille il s’arrêtait
Il pleura, il cria :
« Mais pourquoi personne ne me croit ? »

En réponse, du plus profond des bois,
Il entendit une douce voix
« Moi, je te crois mon élu »
Et Sharilin, habillée de peu, apparu.

Noraine incrédule, écarquilla les yeux.
Et fut pris d’un doute affreux.
Devant lui se tenait une déesse,
Quasiment prête à montrer ses fesses.

Etait-il vraiment fou ?
Dit-il en grattant ses poux.
Moi qui n’entendait que des voix,
Je tombe à chaque fois un peu plus bas.

Sharilin, agacée
Parla fort, pour se faire respecter
« Oho, j’existe! Je suis là »
« Mais là, quoi ! Devant toi ! »

Noraine, se rassit et écouta
Tandis que la déesse parla.
« Tu es mon élu et je vais t’aider
A surmonter les épreuves par les miens, placées. »

« Va au nord et tu trouveras,
Sous le vieux tertre, tu prieras,
Et si de la patience tu as,
Les arbres alliés tu verras. »

« Demande leur le sacrifice
Et, ils te donnerons, sans artifice,
Qui une branche, qui un tronc
Pour défendre l’île, ils t’aideront »

Les semaines qui passèrent, c’est sûr
Virent Noraine travailler dur
Sans relâche, il négocia
et de majestueux navire il fabriqua

Lorsqu’il revint il était presque trop tard
La bataille avaient déjà commencé
Ses frères et ses compagnons se faisaient déjà tuer
Ils erraient dans les décombres, hagards.

Les vieux maitres alors reconnurent,
Que leur salut viendrait de la nature.
Heureux de voir arriver les renforts
Ils se battirent encore plus fort

Faisant appel aux puissances de la terre
Lançant des trombes d’eau de mer
Remplissant les cieux d’éclairs
Chez leur ennemi, ils portèrent la guerre.

Une fois l’adversaire vaincu
Les druides s’excusèrent de n’avoir cru
Noraine, raisonnable devenu,
Vexé par ces mots, au loin s’en fût.

Aujourd’hui personne ne sait,
Ce que les druides sont advenus
Ni de leur vaisseaux de bois vivants faits,
Ni s’ils sont revenus.

L’épilogue et la morale de cette histoire
Nous apprennent qu’il est parfois trop tard
Que même avec l’aide des dieux
L’avenir n’est pas toujours radieux.

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