Attends je re. part3

home-designMalgré mes dénégations, je ne peux que me rendre à l’évidence. Acculé, je dois partir, vite. C’est le coup de pied au cul que j’attendais, le signal de la transformation. J’étais passé par toutes les étapes du deuil. Je n’avais plus qu’à accepter et reconstruire.

Je prends un grand appartement non loin de manière à assurer à mes enfants de pouvoir passer aisément d’un foyer à un autre (parait que c’est un de truc de riche ça… Probablement) puis je commence le grand nettoyage.

Nettoyage social d’abord. Virer les toxiques, les gens qui me pourrissent la vie, qui ne me rendent pas ce que je leur donne (figurativement ?). Trop d’énergie dépensée pour peu de retour, peu de joie. L’amitié ne devrait pas être un troc, on n’attend pas un retour sur investissement. Et pourtant. Pourquoi passer autant de temps pour les autres ? Lire des bouquins, écrire des histoires, imaginer des scènes, ingurgiter des règles de jeu pour simplifier la partie. D’un plaisir solitaire puis partagé, le jeu de rôle était devenu une contrainte. Le moindre faux pas était sanctionné, analysé, puis renvoyé comme une critique. La motivation n’y est plus, j’abandonne, je ne joue plus, ça ne m’amuse plus.

Faire le tri dans ses amis, froidement. Lui, ok. Elle non. Lui surtout pas. Elle, allez je la garde. Regarder sa collection et décider des gens à voir et à ne plus voir. Puis tout jeter en bloc. S’apercevoir que personne ne sortira de son confort pour toi, pour t’aider, pour t’accompagner dans tes problèmes, pour t’aimer en fait. C’est pas grave on verra plus tard.

Et puis il y a l’autre côté, l’écriture, les projets qui n’avancent pas, les trucs coincés chez l’éditeur, les relectures pour les potes, tout ultra-urgent, à faire pour hier, mais finalement non, on a le temps, puis d’un coup c’est de nouveau ultra-urgent. C’est une gestion par à-coups extrêmement destructurante et génératrice de stress. Et puis il y a les projets sortis par les autres, ceux qui ont pris ce métier à bras le corps, ceux qui produisent en une journée ce que tu mets un mois à écrire. J’aime voir ce qu’ils font, toutes ces nouveautés, et j’y participe parfois, mais je suis envieux, je me demande comment ils font, et tout à l’air tellement facile pour eux. Ils savent tout faire, écrire, dessiner, mettre en page, négocier des contrats, aller à des salons, créer des communautés. Et moi je sais pas faire ça. J’arrive pas à leur cheville, alors je m’en veux, je me dit que je produits pas assez, que je bosse pas assez. Alors basta, je peux plus suivre, j’arrête aussi. Je termine mes derniers engagements et j’en reprends plus.

« Faut que je fasse du vide »

On m’offre un bouquin, la magie du rangement. La quat’ de couv me parle d’une méthode japonaise pour tout ranger chez soi et se sentir mieux. Evidemment, ranger chez soi c’est ranger sa tête. 200 pages écrits gros dont j’ai retenu deux principes :

  • Jette 80%
  • Range le reste

J’ai jeté ou donné énormément de livres (on ne relit que quelques livres soigneusement sélectionnés), de vêtements (je ne les portais pas), de cds (le numérique les a tués), de vieilles boites (je revends rien de toute façon), des photos et même des meubles. C’est simple, on prend chaque objet en main, et si on ressent quelque chose instantanément alors on le garde sinon on le jette. Et ça marche.

Je commence à apprécier ne rien avoir, ou le moins possible. Chaque objet est une ancre qui te bloque en un lieu et une époque et qui t’empêche d’avancer, de regarder vers le futur. La nostalgie c’est réconfortant mais ça entrave.

Pour le rangement, c’est simple. Il faut faire en sorte que tes objets soient tous visibles. Les vêtements ne sont plus empilés mais mis côte à côte, les livres et cd qui restent idem. Donner à chaque objet qui reste une importance similaire.

Je suis seul au milieu du salon, je compte les meubles sur les doigts de ma main (gauche) et je suis bien.

Etape 1 tout casser, c’est fait.

Etape 2 reconstruire.

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