Egotrip

Opération Statham, Conclusion

Cela fait maintenant presque deux mois que j’ai démarré le projet Statham. Il est temps de conclure l’expérience.


Je m’étais donné un objectif de six semaines, période que je pensais nécessaire et suffisante pour voir un résultat. J’ai attendu un peu pour voir si j’étais stable et si tout allait bien. Comme c’est le cas, voici un petit compte-rendu d’expérience.

Tout d’abord, le résultat. Pendant ces quelques semaines, j’ai effectivement minci. Et pas qu’un peu. Je ne me pèse pas, mais je regarde mes pantalons et ma ceinture. J’ai perdu 4 crans de ceinture. Quasiment cinq pendant quelques jours. C’est un changement énorme. Je peinais à fermer mon bouton de jean et aujourd’hui je me demande si je ne dois pas changer de garde-robe.

Depuis deux semaines je remange normalement, mais sans excès. Toujours des légumes évidemment, et j’ai ajouté un peu de gras. Je mange mes salades avec un peu de sauce que je prépare moi-même, à l’huile d’olive, je me permets un filet d’huile pour la cuisson, et même si je fais toujours attention, j’ai augmenté les quantités de nourriture. Je gère ma faim à coups de pomme, de carottes crues ou de fromage frais mais globalement ça se passe bien. Je me lâche de temps en temps, sans excès toujours mais je ne m’interdis pas une pizza avec les enfants, ou une bière avec les potes (que je bois lentement pour éviter l’ivresse et l’envie d’en reprendre). Suite à cela, j’ai repris légèrement, mais je suis stable.

Cette expérience m’a permis de prouver que c’était possible. Que j’avais la chance d’avoir un physique et une génétique réceptif, et qu’en mangeant moins et en faisant du sport, je pouvais mincir et me muscler.

Les amis que je vois moins souvent ont tout de suite remarqué le résultat. Les t-shirt, d’habitude un peu serré que je portais souvent, sont maintenant un peu flottant. Mon visage s’est aminci aussi, et avec les lunettes que j’ai depuis peu, je me retrouve avec une tronche d’intello (que je suis) que j’avais oublié depuis un moment. Je commence même à voir mes abdos, c’est dire ! Bon en tirant un peu sur le ventre et selon un certain angle hein.

Maintenant il va falloir tenir. Considérer que ces efforts doivent être continus dans le temps. Si je remange un peu plus qu’avant, j’ai surtout quasiment arrêté le sport, notamment à cause d’un mollet fragile mais je crois que c’est surtout une excuse. Il faut impérativement que je continue sur la lancée, gentiment mais fermement. Ring fit fonctionne bien pour moi, il faut que je me motive, en alternance avec Just Dance par exemple.

Bref, je suis content et j’espère pouvoir entamer la véritable phase 2 : musculation !

Opération Statham, phase 3

Cela fait déjà un mois que l’opération a commencé. Quelques résultats sont déjà là. Que ce soit en terme de forme physique, ou d’apparence. Mais rien n’est joué car notre protagoniste entre maintenant dans une phase complexe à gérer, le plateau.


Le plateau c’est le moment où il ne se passe plus rien, plus de changement, pas d’amaigrissement, pas d’amélioration de la forme. Juste rien. Du moins, en apparence.

Pour l’avoir déjà fait lors d’une précédente tentative il y a quelques années, le plateau est difficile pour le moral. On a l’impression que les efforts ne mènent à rien. C’est le moment où, généralement, on arrête et on se remet à bouffer des glaces en pleurnichant sur son canapé.

Pour ma part, le régime ne me demande pas d’effort. Bouffer des légumes frais fait partie de mon régime habituel de végétarien depuis déjà des années. L’alcool ne me manque pas vu que je ne sors quasi plus de chez moi, donc moins d’occasion. J’ai réussi il y a quelques années déjà à me déshabituer du goût sucré, donc ne pas ajouter de sucre dans les yaourt, ne pas manger de dessert trop sucré, ou de bonbons n’est pas vraiment un problème.

Pour le gras, c’est plus compliqué. Je m’autorise un petit lâchage de temps en temps. Le vendeur de Kebab d’à côté me fait des super sandwichs aux œufs. Avec un peu de frites, c’est jour de fête, une fois tous les 10-15 jours disons.

Sinon tomates, poivrons, avocats, carottes, petits poids, concombre, tout ce que je trouve au magasin. Des fois je me prends pas la tête et je mange tel quel, plus souvent je me fais des salades ou je les cuits simplement à l’eau ou à la poêle sans matière grasse.

Aujourd’hui je peux dire que le régime n’est absolument pas un souci.

Par contre, pour le sport c’est plus compliqué. J’en suis à deux semaines sans Ring Fit ou Just Dance et c’est pas bien. Mais j’ai des (fausses) excuses. La chaleur assommantes des derniers jours, le travail au quotidien, les..hem..jeux vidéos..hem *tousse*Netflix*tousse*, bref c’est compliqué. Il faut que je me remotive.

1ère Semaine

Rien de particulier. Tout va bien. Je suis en forme. Je dors peu. Rien d’inhabituel.

2ème Semaine

Lundi, mardi et mercredi : j’ai rehaussé légèrement les calories absorbées. J’ajoute un petit déjeuner avec flocons d’avoine + yaourt 0% ou lait d’amande + miel.

Mercredi j’ai mangé des pâtes le soir. J’ai très fortement réduit les féculents, du coup c’est jour de fête. Cela dit, avec ces modifs, je me suis retrouvé avec un boost d’énergie en soirée qui m’a motivé pour faire du sport.

J’ai relancé le Ring Fit et fait une petite séance de trente minutes à la fraiche vers 23h. Fatigue, sueur, mais j’avais super envie de bouger. Ensuite douche et super dodo. Je vais éviter d’augmenter trop fortement les calories, mais une fois de temps en temps ça fait du bien.

Question physique, je bouge pas trop. Ayant mis un pantalon pour un rendez-vous sur Paris Mardi (ouais j’en suis là…), j’ai constaté que j’avais gagné deux crans de ceinture depuis le début du programme. Ce qui est pour moi, maintenant, un poids et un physique de forme. On peut donc dire que c’est une réussite.

Maintenant il faut aller plus loin et sécher un peu ce ventre mou. Donc on continue tranquillement le régime et on reprend tranquillement aussi le sport.

Projet Neige et l’obsolescence du texte

Il y a quelques années (genre 15 ans) j’avais commencé à publier une campagne de jeu de rôle dans le défunt BodyBag, un journal créé par l’éditeur John Doe et destiné à soutenir ses publications. Trois épisodes sont sortis, laissant entier le mystère que j’avais tenté de mettre en place. Cet article explique comment cette campagne avortée est née et fait le point sur ses perspectives d’avenir.


J’ai une passion particulière pour les univers à la technologie hyper contrastée. J’adore aussi l’archéologie, l’idée de retrouver des civilisations disparues, ce qu’ils ont pu laisser comme souvenir ou comme techno ancienne. Je me pose des questions sur ce que l’humanité à pu oublier. Stargate est une de mes références. Plus récemment le jeu de rôle Numenera met en scène justement une civilisation ultra-avancée construite sur les ruines de plusieurs civilisations anciennes, plus de la magie. Mais qu’est-ce que la magie sinon de la technologie incomprise ?

Ah oui, et évidemment le post-apocalyptique ! J’ai en tête une campagne absolument dantesque de Bitume/Fallout, que j’ai joué pendant des années, et où j’ai laissé libre cours à mes délires en mélangeant les époques, la technologie futuriste et retro-futuriste, la bio-génétique et l’ultra-violence.

Bitume est un jeu de Croc datant des années 80 où une maladie, un virus, une comète où je ne sais quoi à supprimer les souvenirs d’une grande partie de la population les obligeant à survivre dans les décombres d’un passé dont ils ne se souviennent plus.

La biotechnologie justement fait partie de ces avancées incroyables qui me font rêver. Le transhumanisme, la fin de la mort, la modification corporelle. Bien que le cyberpunk, qui a un côté archaïque et stylé, le biotech me fait vibrer par ses possibilités à portée de main.

Toutes ces influences et coup de cœur se retrouvent dans quasiment tous mes jeu de rôle. Plus que des influences, des idées fixes, des répétitions martelées en continu, chaque itérations modifiant légèrement la précédente, s’enrichissant de mon environnement et de mes informations immédiates (et j’accorde comme je veux).


Projet Neige est un de ces essais, parti d’une volonté de pousser ces influences à l’extrême. Je vais essayer d’en parler sans trop spoiler parce que même si ce jeu est mort, il bouge un peu encore.

On joue souvent du post-apo que j’appellerais “de reconstruction”. Les communautés ont changé, mais les humains restent. Moins nombreux, ils doivent faire face à des défis plus immédiat, mais finalement reproduisent les structures d’avant (l’apocalypse).

A contrario, Projet Neige est un monde post-post-apo. Le monde est mort, il n’y a plus rien, à part de la cendre et des arbres. C’est terminé, salut, à la prochaine. Je voulais une ambiance absolument désespérée, où les joueurs ne savent pas ce qu’ils font là, comment ils ont survécu, ni ce qu’il s’est passé.

La première séance est simple, ils se réveillent tous dans une caverne. Un son sourd pulse faiblement aux alentours. La lumière provient d’une sorte de coquillage luminescent incrusté dans les murs et un coffre en métal sur le côté contient des vêtements simples et sans âge, un couteau et une boite à pilule rouge par personnage. La feuille de personnage est vierge et la partie commence immédiatement sans savoir ce qu’on joue ni pourquoi.

Toute cette séance, que j’ai jouée avec succès une dizaine de fois, est extrêmement impliquante. Qu’il s’agisse de comprendre l’environnement, de se comprendre soi-même, de construire sa feuille au fur et à mesure en fonction des compétences à utiliser sur le moment, tout concourt au mystère. Les premiers jets de dés sont l’occasion de se rendre compte que les personnages peuvent puiser, temporairement, dans une infinité de souvenir et de talents. Cela leur coûte une énergie mémorielle qui se reconstitue en rêvant.

Évidemment, une fois sortis de la grotte, ils découvrent un monde complètement mort, couvert de cendre blanche, aux arbres empoisonnés. Comment survivre alors ? Et surtout, pourquoi faire ?


Je n’irai pas plus loin parce que je veux continuer et terminer cette campagne mais aujourd’hui, je me sens très embêté parce que le réel rattrape ce que j’ai écris. Tout comme le Cyberpunk des années 80 est dépassé par l’actualité, et demande un reboot pour ne pas paraître ringard, Projet Neige se trouve dans un état où l’un des secrets majeurs, plutôt avant-gardiste à l’époque, est aujourd’hui une réalité.

SPOILER

La mémoire génétique des joueurs provient du fait que l’histoire de l’humanité, faits comme compétence, a été encodée dans leur corps. Plus un fait est connu, plus une compétence est répandue, plus il est aisé d’y avoir accès. Chaque cellule d’ADN peut contenir un nombre de donnée incalculable. Assassin’s Creed utilise déjà largement cette idée, et l’étend à chaque nouvel épisode mais il y a 15 ans, je ne connaissais pas AC et cette idée n’étais pas si connue.

Aujourd’hui j’apprends via cet article que le magicien d’OZ a été encodée pour de vrai dans de l’ADN.

Cette idée, que je trouvais super à l’époque, fait maintenant à peine lever un sourcil. Le jour où mes joueurs vont l’apprendre, leur réaction sera vraiment faible, sans surprise, pathétique.

/SPOILER

Je crois que pour la première fois de ma vie, je fais face à l’obsolescence du texte. D’autres contextes ne vieillissent pas, le med-fan évidemment parce qu’il se situe hors-du-temps. La SF aussi parce qu’elle est très loin et qu’on n’est pas près de voyager dans l’espace. Mais dès qu’on utilise des éléments plausible, on se risque à être rattrapé plus ou moins rapidement par la réalité.

Ce jour-là, il faut trouver la force de se réinventer.

Opération Statham, phase 2

Ca fait deux semaines environ que j’ai commencé ce programme régime et sportif. Il est temps de faire un bilan, et de commencer sereinement la suite.


Bilan

Il est évident qu’en deux semaines, je n’aurais pas le physique de notre acteur anglais. Cela dit, il y a tout de même quelques avancées.

  • Je suis beaucoup moins fatigué qu’avant, je dors mieux en général, même si je dors moins, sans doute à cause de la chaleur ou de la lumière. En tout cas, je me couche quand je suis fatigué et je me lève avant le réveil, entre 6h30 et 7h30 tranquillement.
  • Même si j’ai plus souvent faim qu’avant, je m’astreins à mon régime légume le mieux possible et je ne suis pas constamment à la recherche de nourriture. Ma seule source de féculent sont des pommes de terre à l’eau, et ça me convient parfaitement. Ce week-end j’ai fait un mini extra en mangeant un sandwich à l’œuf, et une frite. Oui une. Ça va quand même. Je regarde régulièrement le nombre de calorie de tel ou tel aliment.
  • J’ai augmenté la difficulté du ring fit et le premier jour, ça s’est immédiatement ressenti. Les exercices sont plus longs et il faut tenir les poses plus longtemps. Après deux ou trois fois, mon corps a accepté et maintenant ça va.
  • J’ai l’impression d’avoir légèrement dégonflé. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai maigri, carrément pas, mais je me sens un peu plus léger.

Phase 2

Je compte maintenant stabiliser ce nouveau mode de fonctionnement pendant les deux prochaines semaines.

Je réduis aussi légèrement la fréquence du sport, pour un total probable de 4 fois une heure par semaine.

Bon, aujourd’hui, pour premier jour de cette nouvelle phase, je viens de me faire ma première crampe au mollet depuis le début. J’ai moins bu d’eau que d’habitude aujourd’hui, c’est peut-être ça. En attendant je n’ai fait que quinze minute d’exercice mais je reprendrai probablement ce soir pour terminer, si toutefois j’y arrive, sinon je n’insisterai pas.

Lundi

Crampe, 15 minutes seulement de sport. Repas ok mais je mange peut-être un peu trop de fruits, par gourmandise plutôt que par faim. Attention à respecter ma sensation.

Mardi et Mercredi

Pas de sport encore. J’ai toujours mal au mollet, ça n’a pas l’air d’une crampe.

Sinon j’ai sorti ma balance de cuisine et je commence à peser ce que je mange. J’ai un fichier Excel pour calculer les calories consommées. Pour l’instant c’est simple et ça me permet d’avoir un petit suivi. Il est probable que je l’étende rapidement pour me faire un vrai fichier de référence.

Pour l’instant, j’en suis entre 700 et 900 cal par repas, donc entre 1400 et 1900 cal par jour. Il me semble que pour un homme de ma corpulence, je devrais être autour de 2000. Pourtant, je n’ai pas si faim que ça au quotidien et je ne mincis pas non plus. Du coup, je ne sais pas ce qu’il se passe, alors dans le doute je continue.

Jeudi

Pas de sport encore. Je pense que je me suis claqué un petit muscle. Je me suis baladé une petite demi-heure dans le quartier. J’ai un parc pas loin. Marche rapide, des sauts, des mouvement de bras et de jambes. J’essaye de bouger un maximum. En grimpant un talus, j’ai senti le muscle chauffer dans mon mollet. Je vais sans doute faire l’impasse sur le ring fit cette semaine, je voudrais pas aggraver la blessure.

Ce soir j’ai mangé un peu trop de féculents. J’ai voulu tenter les nouilles chinoises, et j’avais pas prévu que 150g ça remplirait autant mon assiette. Bon la première fois de la semaine, ça ira bien.

Vendredi et week-end

Je fais toujours attention. Pas d’écart en nourriture, mais pas de sport non plus. Je suis allé sur un tournage Samedi pour aider un ami, on a pris quelques photos de moi, j’ai pu regarder de l’extérieur ce à quoi je ressemble après ces trois semaines.

Si le résultat n’est pas celui que je pensais, moins rapide qu’espéré, il se trouve qu’il y a quand même un résultat visible. Selon ma fille qui ne m’avait pas vu depuis longtemps, j’ai dégonflé. Mon visage s’est affiné et mon ventre n’est plus le gros ballon qu’il était jusqu’à maintenant. Du coup, c’est moi qui me pose des questions sur mon propre regard, qui ne voit pas ce qui se passe avec l’acuité nécessaire. J’ai besoin d’un regard extérieur pour me diriger.

La semaine qui arrive, j’aurais ce regard, et j’espère la motivation et la santé pour reprendre le sport.

D’ailleurs Dimanche soir, reprise timide avec 30 minutes de Just Dance qui m’a fait transpirer, sans me fatiguer tant que ça.

Ah oui, et j’ai aussi vu la vidéo de McFly et Carlito qui parlent de leur propre expérience et montrent ce qu’ils ont réussi à faire en huit mois. Ça m’a rassuré quand au temps nécessaire pour voir un résultat et ça m’a remotivé pour continuer le projet.

4ème semaine

Rien de particulier. Le régime continue tranquillement. Sauf Dimanche où je me suis permis quelques bières avec une amie que je n’avais pas vue depuis longtemps. Je pensais prendre des bières 0% vu que j’évite l’alcool depuis le début du confinement, mais je me suis trompé. Au final, je n’ai pas ressenti d’ivresse (qui me fait peur depuis une épisode vertige qui a duré un mois) donc ça va.

En terme de calorie ce n’est pas génial, mais une fois de temps en temps, c’est bon pour le moral sans remettre en cause tous les efforts.

Pas de sport non plus. Étant donné la chaleur, qui déjà me tape suffisamment dessus pour me donner envie de vomir et me fait tourner la tête en pleine journée, je préfère éviter de surchauffer. C’est une bonne excuse ok.

Cela dit, les résultats apparaissent déjà. Je ne me pèse pas, donc je ne sais pas en terme de poids ce que ça donne, mais au niveau de la silhouette, ça se voit. Je mange de moins grande quantité, mon ventre est toujours là mais se réduit régulièrement et je vois apparaitre mes abdos du haut.

Il me reste encore une bonne bouée à perdre, alors c’est parti pour la phase 3 !

Opération Statham

Non, ce n’est pas d’un jeu de rôle dont je vais parler aujourd’hui. Jason Statham est chauve et musclé, alors que moi je ne suis que chauve. Du coup, je lance cette opération destinée à améliorer significativement ma forme, mes formes, mon énergie et ma musculature. Sans excès. Cet article est simplement mon suivi, au jour le jour de mes efforts.


Mes efforts vont se porter sur deux points, l’alimentation d’abord, et le sport ensuite. Ou simplement l’activité physique vu que je suis pas très sport en général.

1 – Changement d’alimentation

Je suis végétarien depuis près de 7 ans déjà, mais pas végétalien. Je mange bien sûr des légumes, mais sans doute pas suffisamment, et le pain, le fromage et les plats végé tout préparés sont une grosse partie de mon alimentation habituelle.

Depuis le 13 Juillet, j’ai supprimé le pain, le fromage, l’huile, le beurre, et les plats préparés de mon alimentation, ainsi que les sauces et quasiment tous les ajouts gras.

J’ai augmenté significativement les doses de légumes frais, et de fruits.

Je m’autorise un peu de pâtes ou de riz deux ou trois fois par semaine, dans des proportions raisonnables, un quart de l’assiette environ. Alors qu’avant je prenais une assiette et demi et je rajoutais du fromage par dessus, et de la sauce.

Je termine le repas avec un yaourt 0% parfois augmenté de graines de chia, et un ou deux fruits.

En cas de fringale, je mange une pomme qui suffit généralement à me caler.

Bilan aujourd’hui, pas de souci particulier. Je ne me sens pas plus faible, et même si j’ai un peu faim en général, je me sens bien à la fin d’un repas.

2 – Activité physique

On m’a offert il y a quelques jours un ring fit, un anneau en matériau composite destiné à être utilisé avec un jeu vidéo sur Nintendo Switch, proposant des exercices variés en nombre, forme et difficulté.

On peut adapter la difficulté, mesurer ses progrès, et l’ensemble est très amusant vu que notre personnage se retrouve dans un monde ressemblant à celui d’un jeu de rôle où il faut battre ses adversaires à l’aide de mouvements sportifs.

C’est absolument génial, parfaitement addictif et m’entraîne à avancer toujours plus loin.

Après ce préambule, voilà mon journal de bord. C’est parti !


Journal de bord

Semaine 1

Jour 1

J’ai commencé par un petit régime légume les trois premiers jours, pour l’énergie. Ça marche mais un peu.
Le ring fit m’a félicité pour ma motivation et ma fidélité pour mes dix jours d’entrainement d’il y a trois mois. Je le soupçonne de se moquer un peu de moi. Vu le délai, il m’a demandé si je voulais baisser l’intensité du programme.
J’ai ri d’un air moqueur et j’ai dit oui. Mais un point seulement. Faut pas déconner.
Au bout de dix minutes de courses et d’exercices il m’a demandé si je voulais arrêter.
Dans un râle de douleur j’ai dit non et j’ai continué.
Après 10 autres minutes, il m’a dit allez, fais pas le con, c’est ton premier jour.
Du seul doigt encore mobile qu’il me restait j’ai appuyé sur oui.
Deux semaines pour me stathamiser c’est peut-être un peu court.
Je rampe jusqu’au canapé pour finir Warrior Nun.
Demain est un autre jour.

Jour 2

Je me fais encore insulter par mon ring fit, mais avec le sourire et beaucoup de bienveillance.
“Vous avez fait beaucoup d’effort, volez-vous faire une pause, et arrêter pour aujourd’hui ?”
Mais ça fait 8 minutes !!!! Laisse-moi un peu jouer !

Ou, “170 bpm, vous êtes à 73% d’effort, c’est beaucoup pour votre âge.”
Mon âge ? Meh !!!

J’ai découvert un nouvel exercice, le grimpeur, faut faire semblant de grimper un truc en étant en planche. Je pense que j’ai un peu vomi dans ma bouche alors que j’en étais à ma troisième pause en 10 mouvements.

Tout ça pour 100 calories. Autant pas les manger. Du coup hier repas d’endives crues.

Jour 3 et 4

Jour 3 : Repos.
J’ai bu une bière, je m’en voudrais toute ma vie. 400 calories la punaise de sa maman la fêtarde.

Jour 4 : Le ring fit ne s’est pas trop moqué de moi aujourd’hui. 20 minutes affichées, 40 minutes réelles parce qu’il compte pas tout comme un commerçant de bas étage avec une balance truquée. Maudit soit-tu.
Pouls correct pour mon âge, travail des cuisses et des abdos ok.
Franchement ça va, je suis en nage mais pas si épuisé que çà. Que m’arrives-t-il ? Alors comme ça, le sport ça marcherais ? Hmmmm. Je dois pousser l’investigation.

Jour 5 et 6

Je suis TRÈS étonné de la tournure des évènements.

D’une part, mon “régime” n’est pas si contraignant et même si j’ai parfois un petit creux, avec une pomme c’est rapidement réglé.

Le reste c’est légumes frais : poireaux, carottes, tomates, courgettes, ce que je trouve quoi. La cuisine est super simple, la plupart du temps en fondu à la poêle, sans matière grasse.
J’ajoute une poignée d’amande le midi et le soir quand j’en ai.
Yaourt 0% avec des graines de chia et un ou deux fruits.

D’autre part, les exercices au ring fit me semble de plus en plus faciles. Je suis motivé et je me trouve une heure par jour sans souci, même à 23h comme j’ai fait avant-hier.
Donc Lundi, 20 min (donc 40 en vrai), et aujourd’hui 30 min (donc 60), tranquillement avec un pouls qui reste moyen. Pour mon âge.
Je continue comme ça encore quelques jours puis j’augmenterai la difficulté.

Donc mon bilan après quasi une semaine est vraiment positif. Je me lève le matin comme un ressort et je suis pas fatigué en journée. Bon, j’ai pas maigri (à l’œil parce que j’ai pas de balance), mais je me sens mieux et c’est le principal.

Semaine 2

Jour 7 et 8

Bon ça commence bien, vu que je n’ai rien fait ce jour 7. Par contre jour 8 ok, avec une heure complète de ring fit. 150 calories et un pouls moyen.

Si en fin de semaine je suis toujours ok, j’augmenterai la difficulté.

Le régime est toujours suivi, même si pour l’instant je ne vois aucun résultat. Je sais que ce n’est pas immédiat mais c’est un peu démoralisant. Je ne fais pourtant pas d’écart. A voir dans le temps.

Jour 9, 10 et 11

Petite routine, pas de ring fit le 9 et le 11, 45 minutes le 10.

Augmentation de la difficulté qui se ressent beaucoup. Le régime continue sans problème même si j’ai mangé un peu de pain ce dernier jour.

La stathamisation va prendre plus de temps que prévu…

Retour sur Avignon off, 2019

Depuis quatre ans je vais en vacances à Avignon pendant le festival off de théâtre. J’y retrouve une ambiance incroyablement artistique, une émotion directe et brute, une émulation rare. Chaque jour je marche, je vais voir des spectacles, je rencontre des comédiens, des chanteurs, des artistes. Je vis en immersion. Cette année j’ai décidé de faire un retour sur les pièces que j’ai vu, pourquoi et comment elles m’ont touchées.


Avignon, jour 1

Une chaleur écrasante, en journée, mais la nuit aussi. Forcément je me réfugie dans des bars.

Il y a du monde, mais c’est encore le début, ce n’est pas la foule de milieu de festival, grouillante et colorée.

Depuis plusieurs jours, une amie que j’aime beaucoup m’envoie des messages, pour savoir quand j’arrive. Elle veut qu’on se voie, qu’on discute. Je m’entends bien avec elle. On a eu une rapide aventure l’année dernière, et j’avoue ressentir un petit pincement quand je pense à elle. Beaucoup plus jeune que moi, être â côté d’elle me rajeunit à mon tour, et puis c’est bon pour l’égo.

Sur son conseil, je vais voir mon premier spectacle de la soirée.

PAN !

Un TFE (travail de fin d’étude) de Florent qui fait son chemin jusqu’à Avignon.

15 acteurs pour une adaptation de Peter Pan à mourir de rire, pour enfants et pour adultes.

Une chouette scénographie, des décors, de la lumière, des pétards, mais surtout énormément de générosité, d’envie et d’énergie de la part des acteurs.

Clochette jouée par Marine Barbarit est hilarante de mauvaise foi, avec son phrasé particulier, Crochet est drôle en wanabee Jack Sparrow épuisé, aidé de ses compère (dont Aymeric Haumont, et Thomas Rio) mais les enfants perdus sont parfaits aussi, avec une Lola Blanchard montée sur ressort, à l’opposé du rôle qu’elle avait dans le Zucco de l’année dernière, au même endroit. Peter Pan, joué par Nicolas Ladjici, est formidable aussi, doux et moins cruel que j’aurais voulu, mais toujours hyper engagé.

Bref, la salle en standing ovation pendant plusieurs minutes est la plus belle des preuves.

J’étais descendu à Avignon avec un ami, jeune, beau garçon, charmeur, drôle surtout. C’est toujours un plaisir de passer du temps avec lui. Je l’héberge pendant quelques jours, me disant que je serai moins seul. Évidemment je lui explique ce que je ressens pour la fille avec qui je traîne et je finis par lui présenter. Erreur fatale. C’est marrant comme on peut se tromper sur quelqu’un. Je sens le rapprochement se faire entre eux deux. Je suis impuissant. Lui me regarde, s’amuse de cette situation où il sait ce qu’il se passe en moi, mais en joue. Une fois seul avec moi, il se confond en excuse, m’explique que c’est plus fort que lui, mais qu’il va s’arrêter là. Je ne le crois pas. Il recommence de plus belle, jouissant sans doute de sa supériorité. Elle en joue aussi, sait ce qu’elle veut, et ce qu’elle ne veut pas.

Avignon, jour 2

Ce deuxième jour à/en/sur/tamère Avignon commençait mal. Entre la fatigue de la veille et la chaleur écrasante qui empêche tout sommeil régénérant, j’ai passé une grosse partie de la journée à glandouiller à l’appart’, sans but.

Puis, mon amie revient à l’appartement. Ils sont chez moi, jouent et jouent encore. Je me sens clairement de trop, et je sais que je ne pourrais renverser la situation. Et puis pourquoi ? Prêt à exploser, je pars.

Marchant au hasard dans les rues, je sens ma brume m’envahir. L’expression de ma dépression latente et permanente. Putain de brume, toujours et systématiquement en embuscade. Je sais comment la combattre mais ce n’est pas plus facile à chaque fois. Reformulation, scansion, respiration, rinse and repeat. Je suis tellement fatigué parfois. Vers 18h je me fais alpaguer par un directeur de théâtre qui m’invite à la représentation à suivre d’une comédienne racontant sa vie où je ne sais quoi. Je n’ai rien à faire et besoin de me changer les idées mais ça ne fonctionne pas.

Titre oublié

Parce que ce que je vois n’est pas très intéressant. Ecrit de manière théâtrale et pompeux, je zappe littéralement certains passages, et perds complètement le fil. La comédienne tente et tente, sans succès, mais je m’endors à moitié, au deuxième rang.

La pièce terminée je vais boire un verre, et croise Lucile, une copine de Florent qui me remonte le moral par sa seule présence et sa joie d’être là. Elle est belle, drôle, constamment montée sur ressort. Marrant comme elle ressemble à ma mère au même âge.

Fanny Pocholle

Je décide finalement d’aller voir Fanny Pocholle. La salle n’est pas remplie, mais je ne sais pas pourquoi l’alchimie prend. La première partie est très drôle, avec un gars qui fait de l’humour noir sur sa maladie, la mucoviscidose. On rigole, le public est hyper réactif, on se fait des blagues entre nous, Fanny me prend, gentiment, pour cible pour la suite du spectacle, bref je passe un excellent moment.

On décide d’aller boire un verre, on sympathise et l’un des spectateurs nous propose de continuer la soirée sur son bateau.

C’est à ce moment précis que c’est devenu magique. Ce gars adorable est capitaine d’un putain de bateau de croisière de 110m de long, avec 40 membres d’équipage. Le bateau est absolument magnifique. On visite l’entrepont de grand luxe, la salle des machines à la chaleur infernale, le poste de commande (je me suis pris pour Kirk dans l’Enterprise), le fucking jacuzzi, où on a passé une grosse partie de la soirée en mode open bar, bref hallucinant. Une chance et une soirée surprise comme il n’en arrive pas souvent, en tout cas sans drogue. Ou sans argent.

Marcher au hasard, prendre des décisions simples, suivre le courant, kiffer ce qui vient, une belle journée finalement et fuck le reste.

Entre mon travail sur la brume et cette rencontre, mon moral est bien remonté. J’ai toujours un petit trou dans le cœur, mais je le comble de petits plaisirs et de surprise. Je me couche heureux.

Avignon, jour 3

Malgré une petite pluie salvatrice au milieu de la nuit, la chaleur revient, plus étouffante que jamais. Je continue à me battre contre les soubresauts de la brume qui s’agite dans mon cerveau, repoussant sans relâche ses derniers tentacules amers. Cette fois-ci, j’ai gagné.

Comme d’habitude le début de journée est passé à se balader, à récupérer un peu de la veille. Je passe dans un parc magnifique, je fais une sieste à l’ombre d’un arbre, avec une vue splendide sur Avignon.

En repartant, je vois une affiche pour un spectacle joué à 15h20 par un acteur que j’avais adoré l’année dernière. Chaud-patate, j’attends patiemment l’heure dite pour que finalement la caissière m’annonce qu’ils font relâche aujourd’hui. De la toute-puissance de mon droit de client j’ai envie de hurler :”joue pour moi comédien, joue pour MOI”. Mais je ne le fais pas, parce que je suis gentil au fond.

Choqué et déçu, j’erre à la recherche d’une pièce pour l’après-midi lorsque je tombe une affiche.

Nina, des tomates et des bombes

Altermondialisme et trucs horribles.

La salle est pleine. La comédienne est pleine d’énergie, chante et danse. Le texte est plutôt sympathique même si peu instructif pour les gens qui sont déjà intéressés, et surtout un peu accusatif et moralisateur. Oui je sais, à cause de mon iPhone, des mineurs mineurs meurent en allant chercher des terres rares. Et c’est évidemment ma faute. Entre seum et grosse fatigue, j’ai trouvé que l’actrice ne nous embarquait pas, que ça marchait juste pas. Impression d’avoir un peu raté le coche d’une histoire trop simple et peu recherchée. Une spectatrice derrière dira en sortant et en substance : “c’est une terrible purge.”.

J’ai une heure de battement avant la prochaine pièce, juste le temps de boire une bière. Je rejoints la copine d’hier soir ainsi qu’une fille que j’avais vu l’année dernière que je trouvais super sympa mais qu’il semblerait que j’ai dragué, comme d’habitude sans trop me rendre compte. Moi je débarque en mode Yolo, je lui dis que c’est cool de se voir, que je lui avais couru après cette année pour boire une bière. Je la vois se raidir, sourire gêné. Je ne comprends pas trop, jusqu’à ce que je percute que ça vient déjà de ma façon de parler de l’année dernière et que si ça se trouve je la fais grave flipper.

J’ai une tendance à être un peu gouailleur, rentre-dedans, à pas trop prendre de gants en société. Et tout le monde ne supporte pas ça.

Ça me fait réfléchir sur les conséquences de mes actions, qui dépassent très souvent mes intentions initiales, qu’effectivement je peux mettre mal à l’aise les gens sans le vouloir, et même sans m’en rendre compte. Ce qui fait de moi, basiquement, un gros con. Qui se soigne, qui tente de s’améliorer, mais un gros con tout de même.

Ça m’arrive d’être surpris aussi parfois en bien, souvent en mal. Il m’est arrivé qu’une fille me saute dessus et m’embrasse. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a répondu que je devais le savoir et un de mes amis m’a assuré que je l’avais dragué toute la soirée. Alors que pas du tout, juste je m’intéressais à ce qu’elle disait. A l’inverse je me suis pris des stops de filles qui me recalaient alors que je ne faisais que parler. Mais sans doute que l’attitude, le sourire, l’intérêt envers quelqu’un font partie de la panoplie du charmeur.

C’est l’heure d’aller voir mes amis Florentins jouer une pièce au sujet lourd, la pédophilie dans l’église.

Pardon !

Sur un texte autobiographique de Laurent Martinez, on y suit l’histoire d’un homme victime, qui tente de se reconstruire à l’aide d’une femme récemment rencontrée, et d’un homme d’église coincé entre la pression de ses pairs à protéger l’institution et une bonne sœur qui tente à tout prix d’aider les victimes, elle-même sans véritable pouvoir, rongée par son impuissance.

La mise en scène est simple, le texte intéressant et malgré quelques difficultés à démarrer les premières minutes, on se laisse emporter par cette histoire qui prend une dimension véritablement brutale lorsque Laurent vient face public raconter son histoire, directement, sans filtre. C’est bouleversant.

Féminisme pour homme

Mes deux amies ont été recrutées pour tracter un spectacle et m’invite à aller le voir avec elle. Nous sommes accueillis par Noémie de Lattre, actrice, autrice, metteuse en scène de ce spectacle intitulé Féminisme pour Homme. En quelques minutes à peine, elle fait exploser la salle de rire, nous transforme rapidement en une bande de potes, se lâche complètement et nous fait un cours de féminisme absolument fondamental. En une heure et demi, elle alterne informations et blagues, chante, danse, rit. Sa joie explosive et phénoménale nous entraîne avec elle sans temps mort. Le sujet étant monumental, j’ai trouvé la fin un poil rapide et énumérative, mais c’est simplement de la frustration de ne pas pouvoir en faire plus, en dire plus.

 A titre personnel, je n’ai rien appris, tout ce qu’elle disait m’était connu, mais parce que j’ai fait ce chemin depuis 14 ans déjà, l’âge de ma fille. Mais quand tu vois le public en larme, standing ovation, puis des femmes prendre Noémie dans leurs bras expliquant qu’enfin quelqu’un mettait des mots sur leurs maux que tu te rends compte à quel point il y a un putain de problème à régler, une montagne à abattre, que son spectacle devrait être joué dans les collèges, les lycées, les facs même tant on nage dans une merde machiste et patriarcale dégueulasse qui fait du mal à tout le monde. Une actrice formidable avec qui j’aurais aimé passer plus de temps.

Bref, allez-y.

Après plus d’une heure à discuter avec Noémie, je rentre à la maison, fourbu mais content.

Lucile me dira par la suite que j’ai monopolisé la parole alors que des femmes souhaitaient discuter avec l’actrice. Comme quoi, j’ai beau être conscient du patriarcat et de ses problèmes, je continue à comporter comme je l’ai appris, à couper la parole aux femmes, à prendre l’espace. Je déconstruis mais çà prend du temps.

Avignon, jour 4

R.A.S ou presque. Repos jusqu’à 15h30 du mat’, balade dans les rues, siestes, tellement d’heure de sommeil à rattraper. Petit anniversaire sympa de l’ami Arnaud que j’invite à dormir à la maison pour éviter de le faire rentrer trop loin trop tard. On est maintenant quatre à l’appart’, j’ai bien fait de prendre grand.

Avignon jour 5

Arnaud me motive alors on sort direct voir des spectacles à 10h du mat’ en mode stakhanoviste. On débute au Train bleu avec Echos Ruraux.

Échos Ruraux

L’histoire d’une famille dont le père agriculteur vient de mourir en laissant une montagne de dettes après un passage au tout bio complètement raté. A part le protagoniste principal, le fils qui doit reprendre la ferme et ne voit aucune solution, aucune aide, toutes les portes se fermer une à une, tous les autres acteurs jouent plusieurs rôles, parfois membres du conseil municipal dont on voit la difficulté à équilibrer les budgets, devant parfois faire des arbitrages déchirants et inhumains, ou encore en grand-mère dont l’aide à domicile risque de partir suite à une décision administrative lointaine, ou encore la sœur avocate qui a fui la ferme pour vivre sa vie à Paris, faire la grande dame, et bien d’autres encore.

J’ai rarement vu une telle énergie sur scène, une telle vigueur, une telle vibration dans les émotions, du rire parfois, du ressentiment souvent, de la tristesse beaucoup, je me suis laissé complètement embarquer, les yeux mouillés par certaines scènes puissantes, dont celle où le fils explique à sa sœur pourquoi il l’envie, comparable dans l’idée et la réalisation au “Non merci” de Cyrano.

En tant que metteur en scène, j’ai parfois des acteurs que je suis obligé de pousser à fond, à qui je demande d’envoyer la voix, et qui me répondent que ça va faire ‘trop’.

Non. Ça ne fait pas trop. Ça ne fait jamais trop. Quand tu penses que c’est trop, t’es à la moitié de ce qu’il faut faire. Et les acteurs de Echos Ruraux nous le démontre parfaitement.

Maxime Sendré

A midi, je décide d’aller voir Maxime Sendré, déjà vu en première partie de Fanny Pchl. Je le croise dans la rue, il a l’air manifestement très heureux de me voir, sa joie est communicative. J’avais peur que la salle ne soit pas remplie mais je me suis complètement trompé. Salle pleine, avec des professionnels et des festivaliers, tellement que je me retrouve à l’arrière. C’est un one-man show prenant comme thème la mucoviscidose dont il est atteint. Et là c’est un festival de blagues, d’humour noir, de situations absurdes, d’imitations de personnages de films. On croise des médecins, des handicapés, des banquiers. C’est très drôle, enlevé, triste et flippant en même temps. On ne sait jamais si les quintes de toux de Maxime sont réelles ou jouées. Ce n’est vraiment pas simple à voir, on hésite en permanence entre le rire franc et la gêne. Bref c’est très très bien aussi.

Cyrano

Enfin à 14h, un Cyrano (il y en a trois ou quatre à Avignon cette année). Rapide, enjoué, avec de très beaux costumes et une mise en scène moderne, des films et des blagues, ça se tient bien même si c’est évidemment trop rapide pour un tel monument. La fin est un poil bâclée, et si la mort de Cyrano me fait systématiquement pleurer dans un réflexe pavlovien (c’est ouf d’ailleurs, c’est incontrôlable et systématique), là je n’ai dû essuyer qu’une petite rivière de larme au lieu du torrent habituel. Donc très bon moment aussi.

L’après-midi se passe tranquillement, passant de bar en bar, de rencontre amicale en rencontre amicale. Puis à 20h je vais voir Gardienne, dont on m’a vanté les qualités, soit directement (par Sylvain), soit par les affiches et le fait que ce soit complet presque systématiquement.

Gardienne

C’est un seul en scène où l’actrice nous raconte l’histoire des femmes de sa famille mais par le thème des enfants et de l’avortement. Elle incarne tour à tour des grands-mères, des mères, des sœurs, des jeunes puis finalement elle-même et chacune exprime à sa manière ses sentiments et ce qu’elle a dû faire pour éviter d’avoir des enfants dont elle aurait eu la charge exclusive. Peu d’homme sont dépeints positivement (autre époque, autres mœurs, ou pas..), et ce qui ressorts surtout c’est le courage de ces femmes à une époque où l’avortement c’était surtout risquer la mort, les infections, les stérilités et autres joyeusetés dont peu ont idée.

Et bien je dois dire que je n’ai pas aimé.

Le début est très long, le débit de parole est très lent, il y a peu d’humour (pas forcément facile cela dit) et la montée en émotion n’a juste pas du tout marché pour moi. Comme pour les autres spectacles “féministes” que j’ai pu voir, et étant né et ayant été élevé moi-même dans une famille de femmes depuis plusieurs générations, je savais déjà tout ça, on m’avait parlé de ces horreurs, j’étais familier et malheureusement impuissant.

J’ai été successivement les hommes qu’elle décrit, égoïste, charnel, peu investi. J’ai été ce bourreau et je ne pourrais jamais m’excuser plus que je ne l’ai déjà fait. L’histoire aurait dû me toucher, j’étais prêt pour ça. Et c’est peut-être pour ça que je n’ai pas accroché. Tant pis.

Je passe la soirée avec Lucile et quelques personnes de rencontre, très sympas. La place des Corps Saints est pleine de monde, des gens jouent de la musique tzigane, une femme danse dans les rues, les verres s’entrechoquent. On entend des rires, de la joie. Mon regard croise celui de celle qui m’a blessé en début de semaine, la lumière perd un instant de son éclat, je bois un coup, regarde ailleurs, ça va mieux mais je décide de partir rapidement. Comme d’habitude en fin de soirée, je croise Thomas Rio, partage mon histoire, ma journée, il me fait rire. Merci mec.

2h30 du mat’, je me couche, apaisé.

Avignon jour 7, déjà

Ça fait plusieurs jours déjà que je suis en collocation avec Lucile et ça se passe bien. Tous les jours elle me fait rire, saute, danse, chante, c’est un bonheur quotidien. J’ai l’impression de vivre avec ma fille, avec juste quelques années de plus mais le même délire. Après la colloc du début de vacances, ça me change. D’ailleurs, je me rends compte que parcourir Facebook me mets parfois des petits coups au cœur, des piqûres de rappel dont je ne veux pas me rappeler. Pourtant je suis à deux clics d’aller mieux, deux petits clics. Clic. Êtes-vous sûr ? Clic. C’est fait. C’est un pincement, mais je me sens déjà mieux. A l’autre maintenant. Clic. Oui je suis sûr. Clic. Soulagement.

En caleçon sur mon siège en plastique collant, je parcours le guide d’Avignon pour trouver un spectacle. La chaleur et le flemme m’interdise de sortir avant 12h. Sur une page au hasard, je tombe sur « La contrebasse » sur un texte de Suskind, l’auteur du Parfum qui m’avait mis une petite claque quand j’ai vu le film. J’avais aidé une amie à travailler sur une partie du texte et j’avais bien aimé. Quelques minutes après je me rends au théâtre, à l’extérieur des remparts.

La contrebasse

Sur un décor minimaliste mais sympathique, l’imposant comédien nous raconte sa relation particulière à la musique, à son instrument, énorme, qui prend de la place dans sa vie professionnelle, sa vie amoureuse aussi, toujours là, ne le quittant jamais. Il boit, enchaîne les bières pendant une heure et demi, perd de plus en plus pied avec la réalité. On comprend qu’il n’est pas à sa place, qu’il n’a pas forcément choisi, qu’il a agi à la suite d’une rébellion pathétique contre l’autorité parentale, qu’il n’est finalement qu’un ouvrier de la musique, détestant son outil, ses pairs, et ses héros, mais ne sachant rien faire d’autre. Un seul espoir, ténu, impossible, une jeune fille, inatteignable, hors de portée, désynchronisée. Va-t-il attirer son attention ? Comment ? Et surtout pourquoi ?

Bon, autant vous dire que malgré une ou deux longueurs, j’ai adoré le texte et l’interprétation de cet homme plus fatigué qu’alcoolisé, triste et flamboyant.

Et puis ça me fait réfléchir, je me projette. Après tout malgré mes tentatives artistiques, qu’est-ce que je suis au fond, à part un informaticien ? Qu’est-ce que j’ai vraiment tenté ? Est-ce que j’ai vraiment tout fait pour sortir de ma zone de confort ?

Je profite du fait que les pintes sont moins chères qu’ailleurs pour rester un peu avant le prochain spectacle. L’acteur est là, me regarde, me dit qu’il m’a vu dans le public, me demande mon avis. On parle une heure de la pièce, de son rapport au métier. Il me dit qu’un festival amateur au fort potentiel va prendre place en Avignon au mois d’Août. Ça lui fait plaisir de voir d’authentique passionnés. « Mais dans ce métier, ne sommes-nous pas tous passionnés ? ». Il me regarde un instant, sourit puis me dit : « Pour la plupart des professionnels, c’est un métier, juste un métier ».

Depuis le temps que je rencontre des comédiens, je me rends compte que la passion qui m’anime, l’envie absolue de ressentir et faire ressentir des émotions disparaît ou se réduit avec l’expérience, comme si le fait d’en vivre devait impérativement éteindre la flamme. J’ai eu le même retour dans le milieu du jeu vidéo, un rêve pour ceux qui n’y sont pas, un métier comme un autre, un désenchantement, pour ceux qui y sont.

En repartant je croise mon amie Émilie et décide d’aller voir Hot House que j’ai déjà vu plusieurs fois mais pas dans la forme actuelle.

Hot House

Dans une prison/hôpital psy éloigné, un directeur frappadingue, et le comité de direction tentent de faire face à la mort d’un patient, et à l’accouchement surprise d’une autre, violée par un membre du personnel dont on ne connaît pas l’identité. Comme à chaque fois j’ai bien aimé, probablement le public aussi vu la salle quasi pleine depuis le début du festival. Je dois avouer ne toujours pas comprendre complètement l’histoire mais c’est drôle, rythmé (sauf à une ou deux reprises), déjanté alors ça me va. Je regrette simplement le choix d’intention donné au personnage du Directeur que je trouve en colère en permanence et pour lequel je verrais plus de nuances, de folie, et de pathétisme.

Évidemment ce n’est en rien la faute d’Hugo, qui défend très bien le choix actuel, mais pour une prochaine version, je crois que c’est une direction à prendre.

Je croise plein de potes d’un coup, Alexandre, Hubert et d’autres. On boit des coups, on reparle de Florent, de Hugues, mon prof préféré de tous les temps, on refait ces quelques années de théâtre qui nous ont tous transformé, on compare nos expériences et nos envies.

Klotilde

A 19h30 je cours voir Klotilde, un seul en scène très drôle.

A un moment elle demande au public qui est venu à cause de l’affiche où elle se découvre pas mal, évidemment je lève la main, je ne suis pas seul, le public rit, elle me dit qu’elle ne se mettra pas à poil, que j’ai été eu, mais ce n’est pas grave, j’ai pas mal bu avant, je suis à 3 grammes, je m’en fous, elle est marrante. C’est du stand-up, elle parle de tout et de rien, je ne saurais même pas dire le thème. J’ai passé un moment agréable, pas ouf mais bien.

La fin est un peu rapide, elle ne parle pas trop au public, démonte son matériel en pensant à autre chose. Je me remémore la discussion avec l’acteur de la contrebasse sur la passion.

Le sourire de Lisa

À 21h20 je vais voir le Sourire de Lisa, un peu plus d’une heure de délire ininterrompu sur le développement personnel, l’accès à sa conscience, à Dieu ou au souffle ou à Leonard de Vinci de l’autoroute ou, ou, ou… C’est bourré de jeu de mot, de référence alakon, et d’explications foireuses dites avec le plus grand sérieux par un formidable acteur belge, forcément.

En sortant je fais la rencontre de la maman de ma colocataire. Elle s’appelle Laetitia. Je bloque sur son visage, qui me fait penser à ma mère. Un truc de dingue, une cousine sans doute. On parle beaucoup, on rigole beaucoup, j’ai l’impression que c’est un truc de famille. On parle boulot, elle organise des stages artistiques, je veux participer ! On décide de se revoir le lendemain, je suis content de ma soirée. Qu’est-ce qu’elle est belle. Sans le vouloir elle me renvoie à ma relation avec les femmes en général. Depuis le théâtre je sors souvent avec des filles plus jeunes que moi, parfois beaucoup plus jeunes comme celle du début d’Avignon, et je suis souvent déçu. Mais j’y retourne quand même, ayant la sensation diffuse qu’il faut que je sois « utile », une espèce de connerie de mentorat peut-être, que je n’ai pas de valeur si je n’apprends pas quelque chose aux autres, si je ne les aide pas. Evidemment, ça fonctionne assez peu. Et puis sans doute ai-je peur que la personne avec qui je suis se rende compte que je suis vide. C’est comme s’il fallait que je sois constamment en mouvement, que je ne peux être intéressant et aimable si je suis juste moi. En deux jours, je me rends compte que l’âge ne fait rien à l’affaire. Elle est magnifique, plus âgée que moi mais aussi jeune dans la tête, artiste, fantasque, tout ce que j’aime et que je retrouve rarement chez les gens de ma génération.

Avignon, Fin

Je suis rentré depuis quelques jours, la tête toujours pleine de soleil et de spectacles formidables.

Comédiens !

Comédiens ! a été ma claque d’Avignon. Une bande de comédiens ont trois heures pour se préparer à présenter une pièce dans un nouveau théâtre, mais ils n’ont que la moitié des décors et un acteur ne connait son texte.

C’est joué par trois acteurs/chanteurs (une demi-douzaine de moments musicaux) absolument dingues, c’est drôle à en pleurer puis la tragédie prend place et on continue à pleurer mais pas pour la même chose. C’est magnifiquement joué, sans temps morts. Standing ovation et tout et tout. Au moment de partir, un immense Viking se lève devant moi, tatoué de partout, barbes et cheveux longs, il se tourne, il y a les yeux mouillés de larmes et me dit : “ça va être dur de s’en remettre hein.”

Nos Pénis Divergent

Sur un ton plus léger, je suis allé voir Nos Pénis Divergent. Deux Pénis sont interviewés par un présentateur déjanté façon Ardisson. Le premier appartient plutôt à un geek et le second à un beau gosse, toujours fier et droit.

Bon, je suis arrivé avec une bonne pinte dans le nez, je suis allé au premier rang et j’ai commencé à tchatcher avec le deuxième rang, déjà hilare. Autant dire que quand le spectacle a commencé, le public était déjà chaud bouillant. C’est très drôle, pas très bien joué en général mais extrêmement généreux. Ça ne s’arrête pas un seul instant, enchainant vanne sur vanne, et souvent beaucoup plus fines que ce à quoi je m’attendais. Ça réussit l’exploit de ne pas être grossier, tout en étant parfois informatif.

Bref, très bien aussi.

Et Dieu créa la voix

Un one man avec beaucoup de chant. L’acteur explique comment s’est créé sa voix et sa passion pour le chant. Il raconte différentes étapes de sa vie, son enfance, ses parents, puis ses métiers avant d’en arriver devant nous, et comment sa voix s’est transformée pendant ce voyage.

C’est très drôle et les moments musicaux sont assez incroyables. Surtout quand on est à 1 mètre, comme je l’étais. C’est généreux.

Tel père telle fille

Enfin, Tel Père, Telle Fille, avec Lucile est une pièce drôle et émouvante où une fille entretient une relation fusionnelle avec son père et n’ose pas lui avouer sa grossesse. Il y a deux acteurs, plus un troisième au téléphone et pourtant très présent. J’ai évidemment été touché par cette histoire dont le nœud n’est pas un conflit, mais bien l’amour. C’est parce qu’ils s’aiment profondément, que cette incompréhension arrive.

Je me suis beaucoup amusé, mais je suis content d’être rentré.

Big up à toutes les formidables rencontres faites sur place, et aux surprises de la vie, bonnes ou mauvaises qui fait qu’on se sent vivant.

L’argonaute, le magazine de la découverte

Depuis tout jeune déjà, j’étais curieux de tout. Élevé devant Temps X, lisant des magazines scientifiques avant l’âge, Jeux et Stratégie et bien d’autres, tout m’intéressait.


Un été, en colonie de vacances, je me suis passionné pour les micro-fusée. Des engins en cartons qu’on envoyait le plus haut possible. On y accrochait parfois des petits bonhommes en plastique, comme des Playmobils ou des Lego et on se prenait à rêver de les envoyer dans l’espace. 30 mètres de haut, c’était déjà l’espace pour nous.

Il y a quelques semaines, on fouillant de vieilles affaires, j’ai retrouvé un numéro d’un journal scientifique appelé L’argonaute. Nostalgique, j’ai décidé de le scanner et de le conserver pour la postérité.

L’objet papier ne m’intéresse plus mais le souvenir à parcourir les pages est toujours là. Alors, si d’autres peuvent ressentir ce que j’ai ressenti, je partage.

Je ne pense pas pas faire de torts à quiconque en mettant ce fichier en ligne. Mais si toutefois c’était le cas, n’hésitez pas à me le dire, je le retirerai.

Pour ma part, je cherche encore les antiques Piranha. Si quelqu’un à ça dans le coin, qu’il me contacte !

Voyage en Ouzbékistan (pt. 5 et fin)

Nous arrivons enfin au terme de notre voyage. Samarcande est la ville la plus moderne que j’ai vu (hors Tashkent) depuis le début du séjour. L’hôtel est grand, propre, avec une piscine. Je ne vais pas y rester longtemps mais j’apprécie.

Nous arrivons le soir et notre chauffeur nous laisse après nous avoir indiqués des restaurants non loin. Végétarien ? Nope, toujours pas.

Le long de la rue principale, les restaurants de poulet alternent avec les magasins de mariage. Plein de magasins de mariage. PLEIN ! Et plein de de poulet aussi mais ça n’a pas de rapport. En Ouzbékistan, le mariage c’est le sport national. Partout où nous avons été, on nous a demandé si Milena et moi étions mariés, et vu que ce n’est pas le cas, incompréhension totale de l’interlocuteur. Elle est jeune, belle, c’est pas normal. Il y a une grosse pression sur les jeunes, et c’est plutôt compliqué de vivre…à l’occidentale.

Restau de poulet, mais il y avait quand même des salades servies par un autre serveur très gentil, lui aussi prénommé Sardor. Ça à l’air plutôt commun. Des cartes en Ouzbek et en Russe, parfois en Ouzbek écrit en cyrillique, autant dire que tout seul, je mourais de faim. Bon, par contre, encore une fois c’était délicieux et pas cher.

Il y a toute une partie de la ville que j’ai trouvé magnifique, avec une architecture qui me plaisait énormément. Évidemment, j’appris aussitôt qu’il s’agissait de l’œuvre d’architecte français. Bravo le touriste…

Le lendemain, la visite principale fut le tombeau d’Amir Timur (ou Tamerlan). Pas mal de faits et de légendes autour du personnage de ce conquérant qui a vécu près de 70 ans et à fait la guerre à tous ses potes autour, mongols, indiens, arabes et j’en passe.

En Inde, il se serait confronté à des éléphants de guerre qu’il aurait réussi à retourner contre ses maitres en les effrayant à l’aide de chameaux dont il aurait fourré l’arrière-train avec de la paille enflammée.

Il voulait une sépulture simple avec une seule pierre. Résultat, on a été cherché le plus gros morceaux de jade du monde pour en faire sa tombe.

On dit aussi qu’il est maudit. Au 20ème siècle, des archéologues ont ouvert sa tombe et par la suite, plusieurs sont morts mystérieusement. Indy staïle. Staline a essayé de se servir de sa légende et a déplacé son corps. Peu de temps après la guerre éclata. Y voyant un mauvais présage, il décida de remettre le corps à sa place et de le faire bénir par un imam.

Près de son tombeau, on trouva un élément étrange, un chalice de pierre dont on ne connait pas vraiment l’utilité. Le guide nous a raconté deux possibilités.

Dans la première, on y mettait des baies dans la vasque et on préparait une sorte de potion dont chaque guerrier de son armée devait s’abreuver pour acquérir de la force. Un Asterix asiatique dis donc.

Dans la seconde, plus crédible, chaque homme devait venir jeter un petit objet, une pierre ou autre avant d’aller guerroyer. Au retour, chaque homme reprenait un objet, le nombre restant indiquant le nombre d’homme tué pendant la campagne.

Nous quittons le tombeau pour rejoindre un des endroits les plus touristiques d’Ouzbékistan, la place du Registan. Refaites de nombreuses fois par les autorités, aujourd’hui c’est devenu un endroit à visiter absolument. Régulièrement, le lieu est transformé en place de spectacle et de nombreux sons et lumières y sont projetés pour les touristes. C’est absolument magnifique

Les motifs sur les murs ne sont pas de simples motifs géométriques. Il s’agit d’inscriptions en Arabe en écriture géométrique. On peut y lire des versets du Coran, mais le plus souvent c’est “Allah Ouakbar”.

Nous quittons la place pour une balade dans des endroits un peu plus éloignés.

Nous faisons halte dans un restaurant divisé en trois. Une première partie à l’étage est plutôt pour les russes. Les cartes sont en russe, les serveurs parlent russes, on peut y fumer et tout est fait pour leur confort.

En bas, c’est la salle Ouzbek, on n’a pas le droit du fumer. Enfin à l’extérieur, le jardin peut accueillir qui le souhaite dans une ambiance tranquille, limite champêtre. Nous sommes entourés d’arbres fruitiers, tout est beau et bon, c’est un peu le paradis. Comme d’habitude, il faut quelqu’un pour nous guider. Nous n’aurions pas trouvé sans ça.

Pour l’avant-dernière visite, nous allons voir un pupitre de pierre, ayant servi à soutenir le plus ancien Coran jamais retrouvé. On dit que ce pupitre possède des vertus magiques. Il permet notamment à toute femme infertile qui passe à quatre pattes sous ses arches de pouvoir enfanter dans l’année.

Enfin nous finissons notre journée dans une fabrique de papier de soie. Un papier extrêmement résistant qu’il est possible de façonner en sac, en vêtements, en masque, en poupée, ou en tout autre objet du quotidien (en plus de pouvoir écrire dessus et d’en faire des enveloppes bien sûr).

Le bois de murier est récolté, son écorce est retirée, grattée puis bouillie. On écrase ensuite les fibres à l’aide d’un gros mandrin en bois puis on plonge le résultat dans un bain pour le laver. Pour faire des feuilles, on utilise un cadre en bois avec une sorte de passoire, on façonne la feuille puis on la fait sécher. En été, à 50 degrés, la feuille sèche en quelques heures. Enfin, elle est polie à l’aide d’une pierre.

Le temps de boire un thé nous repartons pour Tashkent grâce au TGV local appelé Afrosyab. C’est la fin de notre tour du pays.

Les quelques jours qui restent, nous nous baladons un peu dans la ville mais nous restons principalement à la maison, en famille. Le soir c’est pastèque et vodka près de la piscine, discussions enflammées que j’arrive de plus en plus à suivre grâce aux quelques mots appris durant ces quinze jours, et beaucoup de sourire et de bonheur.

Merci énormément Milena pour ces vacances incroyables et merci à toute la famille (qui me lit) et dont j’ai tiré les portraits pour ne pas oublier qu’elles m’ont accueillie comme un de leur membres.

Je reviendrai 🙂

Portraits Ouzbeks

A la fin du voyage, j’ai demandé à la famille de Milena, si je pouvais leur rendre un hommage en photo. J’ai voulu montrer une famille Ouzbek dans sa simplicité et sa diversité. J’espère que ces portraits montreront cette intention.

Voyage en Ouzbékistan (pt. 4)

Le voyage de Bukhara depuis Khiva a duré 6h, dans un désert de plomb, dans une voiture dont on a appris que la climatisation existait mais que le chauffeur ne voulait pas la mettre pour conserver du carburant. Vu comme il fait sec, la chaleur est supportable. Nous n’avions que très peu dormi cette nuit là, alors nous nous sommes relayé dans le fond de la voiture pour piquer un petit somme tandis que notre nouveau chauffeur nous menait à destination.

C’est chouette les voyages dans le désert. A un moment, nous rattrapons une voiture de police qui suit un convoi sur une route étroite. Impossible de dépasser, c’est l’embouteillage au milieu de rien. Le chauffeur zigzague, cherche une ouverture mais rien pendant une demi-heure. D’un coup ça s’ouvre et nous dépassons un camion remorquant ce qui ressemble à un tuyau ou un piston de 20 mètres de long sur peut-être 6 mètres de diamètre, un monstrueux assemblage sans doute destiné à une usine. Des policiers partout autour, ça sent le secret défense, je ne sors pas mon appareil photo.

Ça ne se voit pas mais devant il y a un immense convoi

La dernière heure est particulièrement compliquée pour le chauffeur qui, en raison du mauvais état de la route, fait de nombreux écarts, roule sur le bas-côté, ralentit, dérape de temps en temps, et nous secoue pas mal.

Bukhara

Lors de notre arrêt déjeuner, dans les faubourgs de Bukhara, nous tombons sur une veille femme qui veut absolument nous lire l’avenir. Couverte de talisman, voilée sous le soleil de plomb, elle se fait vertement rembarrée par le chauffeur.

Bukhara est une ville touristique et moderne. Toujours beaucoup de travaux, surtout d’un côté de la ville. L’hôtel est parfait, des chambres spacieuses et propres, de l’eau chaude et internet, que demande le peuple ? (A part des pastèques je veux dire, mais il y avait un vendeur juste devant)

Nous avons commencé par visiter un parc au milieu duquel se trouve le plus ancien bâtiment connu d’Ouzbékistan (si j’ai bien compris). Lors d’une des multiples invasions qu’à subi le pays, les habitants ont décidé de recouvrir le bâtiment de sable, le cachant ainsi à la vue des ennemis. Tellement bien caché qu’ils ont mis 500 ans à le retrouver.

C’est la seule fois où la chaleur m’a vraiment incommodé. Je sentais mon crâne bouillir, et le coup de soleil arriver sur mon crâne chauve. Heureusement j’ai pu acheter un chapeau horrible à un prix abominablement cher, because touriste.

Dans un autre bâtiment, un puit avait été creusé et on pouvait boire de l’eau dont on vantait les vertus médicinale. Il parait que c’est la seule eau du con qu’on peut boire. Vu l’état de mon ventre à ce moment-là j’ai préféré éviter.

Puis nous avons visité la partie moderne, avec ses bâtiments neufs, et son mémorial aux hommes tombés pendant la seconde guerre mondiale. Sur deux côtés, des tablettes donnent par ordre alphabétique les noms et date de décès. Certains sont morts en 1946. Ça fout pas un peu les boules de mourir à la guerre alors qu’elle est terminée ?

Au centre trône la statue d’une mère attendant le retour de son enfant.

Une rue plus tard, nous arrivons dans une partie plus ancienne.

En passant près d’une fenêtre, notre tombons sur une boulangerie artisanale que nous allons visiter. Le four est dans une petite pièce où se serrent trois hommes travaillant à la chaine, découpant, façonnant et cuisant le pain à toute vitesse. Je n’ai jamais été aussi près des gens qui travaillaient, ils se sont poussés pour que je puisse mieux voir !

Par terre, sur un tapis, les pains cuits finissent de refroidir avant d’être emportés par une femme pour la vente dans la rue tandis qu’à l’extérieur un homme musculeux fabrique la pâte dans une baignoire.

Quelques dizaines de mètres plus loin nous réémergeons dans la partie moderne. Des bazars, des boutiques de souvenirs, des ateliers, nous visitons tous ce que nous avons le temps de visiter.

Toujours les façades magnifiques des mosquées, toutes différentes selon les régions, et aux couleurs impossibles à reproduire aujourd’hui.

Dans une des mosquées, Milena a été obligée de porter une magnifique (ahah) jupe bleue longue car elle était trop découverte.

A Bukhara il y a aussi une forteresse gigantesque avec de hautes murailles.

Visite plutôt peu intéressante. Il ne reste rien. Tout a été transformé en musée ou en boutique de souvenir. Bon, sinon, considérez qu’il n’y a pas de toilettes, c’est mieux.

Dans l’une des cours intérieure, celle où le roi donnait audience, se trouve un mur juste devant l’entrée. Ce mur servait à ce que les pégus du coin ne tourne pas le dos à sa Seigneurie en repartant ce qui était une grave offense passible de plein de trucs pas cool, genre la mort. Résultat on a mis un mur, comme ça le gars recule, se prend le mur dans le dos, longe comme un con, et peut enfin se tailler sans risquer sa peau.

A la fin de la visite de Bukhara, nous sommes allés manger dans un excellent restaurant sur la place principale. Il y avait une statue de Nasreddin Khodja, un des héros du coin. Comique, sage, imam, arbitre, c’est le roublard du patelin, celui qui ose et qui dit. Il y a des centaines d’histoire le mettant en scène. Il est toujours monté sur son âne.

Nasreddin Khodja

Quelques heures plus tard, nous repartons pour la dernière étape du voyage, Samarcande !