Voyage en Ouzbékistan (pt. 1)

Il y a trois ans, alors en première année de cours Florent, je rencontrais Milena, étudiante comme moi. Dans ma grande ignorance, je ne connaissais absolument rien de son pays d’origine, l’Ouzbekistan. Devenue depuis une amie très proche, elle m’a invité à l’accompagner dans sa famille et à me faire découvrir la région. Un peu craintif de partir aussi loin, moi qui ne suis pas coutumier des voyages, dans un endroit, pour moi, aussi reculé, j’ai pu compter sur son enthousiasme pour me décider. Cette série d’article fait le point sur ces quinze jours dans un pays en pleine reconstruction, marqué par l’histoire.


Départ

L’Ouzbékistan est un pays anciennement un peu fermé mais qui s’ouvre de plus en plus. Les conditions de voyage un peu compliqué sont en train de se détendre depuis quelques mois.

La première chose à faire est de demander un visa. D’un coût de 60€ il permet de voyager en touriste pendant un mois. Il faut tout d’abord remplir un formulaire sur le site de l’ambassade, puis l’imprimer avant de se rendre à l’ambassade elle-même pour faire la demande. Moins d’une semaine plus tard, j’avais mon sésame.

Normalement il faut aussi une invitation écrite de la part d’un habitant, ce qui coûte aussi un peu d’argent à la personne sur place. Depuis quelques semaines, ce n’est plus obligatoire !

Je m’y suis pris un peu tard, donc j’ai payé mes billets assez cher, mais il est possible de s’en sortir aux alentours de 800€ aller-retour, sachant que la plupart du temps il y a une escale. Dans mon cas, j’ai passé quelques heures à Moscou avant de rejoindre Tachkent, la capitale ouzbèke.

Départ pour Moscou

Je suis arrivé dans la nuit après 12h de voyage, en comptant l’arrêt en Russie. Milena était déjà sur place depuis quelques jours, et c’est elle et son oncle Nizom qui sont venus me chercher.

Nizom, comme tout le reste de la famille, sera un allié de poids pour ce voyage. Tout le temps passé à Tachkent, il nous aura servi de guide, d’interprète et de négociateur sur les marchés. Ayant travaillé des années pour l’ambassade Américaine, son anglais parfait, nous permet de nous comprendre plus facilement que si Milena avait du faire les traductions entièrement seules.

Tachkent

Tachkent est une ville en pleine construction. Il y a des chantiers partout et d’immenses pans de la ville sont neufs. Le maire a décidé de raser des anciens quartiers pour y construire de nouveaux bâtiments.

La plupart des rues sont larges, il y a des tas de monuments partout, des parcs, des mosquées et pas mal de néons fluorescents. Ça donne un côté un peu clinquant à une capitale plutôt moderne.

Les premiers jours ont été passé à visiter la ville, quelques places, quelques monuments, et surtout le musée mais la ville n’est pas réputée pour le nombre de ses spots à touriste.

L’argent

L’argent est le SUM. Il faut impérativement changer l’argent sur place. Il y a très peu de distributeurs de billets, pas de chèque ni de carte bleue. On paye en espèce pour tout sauf éventuellement les hôtels j’imagine. Parfois ils acceptent les dollars mais c’est rare. Le taux de change est en gros de 10000 SUM pour un Euro.

Le premier jour il a fallu que j’aille retirer l’argent dont j’avais besoin pour le séjour mais la machine a simplement accepté mais sans me donner l’argent. J’avais prévu 600€ pour payer le tour de pays, la nourriture et les cadeaux et j’avais donc peur d’avoir été débité. Heureusement j’étais avec la mère de Milena, qui est partie instantanément en mode scandale dans une banque avec un seul guichet, une réceptionniste et le directeur, vu que tout le reste du bâtiment était en chantier. C’était marrant, mais les pauvres se sont fait engueuler comme j’ai rarement vu. Au final, on a compris que cette banque, Kapitalbank, n’avait pas d’accord avec ma banque française et que l’argent n’avait pas été débité malgré le texte trompeur de la machine.

La nourriture

La nourriture, dans les restaurants, est très peu chère. On mange comme des rois, avec boissons, pains, salades et viande pour 5€ grand max.

Le premier jour j’ai invité Milena, son oncle et sa mère à manger pour les remercier. Nous avons mangé le plat national, le plov (prononcez palow), du riz sauté dont chaque région dit détenir l’unique recette, des salades atchutchu (concombres miniatures et tomates en dés), et bu du thé, appelé  Choï. J’en ai eu pour 11€, pour quatre, dans un restaurant de bonne qualité.

Je suis végétarien, et c’est parfois un peu compliqué à expliquer, ce n’est pas du tout la mentalité du pays. Cela dit, avec des salades et du riz on s’en sort sans problème.

L’eau est normalement potable à la capitale mais par sécurité nous n’avons bu que de l’eau minérale ou du choï dont l’eau a été bouillie.

La nourriture est de très bonne qualité (sauf deux fois). A part le plov et les salades, on mange un excellent pain, le « non », qu’on peut acheter partout, dans la rue ou sur les marchés. On trouve aussi beaucoup de somsas, des pains fourrés à la viande ou à ce qu’on veut.

Pour les fruits, il y avait des melons et pastèques en quantité et en qualité, d’excellents raisins de différentes sortes et des figues prises directement sur l’arbre dans le jardin, un délice sucré.

Je n’ai été malade qu’une seule fois, vers le début du séjour, probablement un somsa au potiron qui avait du être mal décongelé vu que ce n’était pas la saison.

Je dois aussi parler du fait que la famille a dû croire que je ne mangeais pas à ma faim à Paris vu les quantités absurdes de nourriture qu’ils m’ont fait avaler. Je me souviens d’un repas en particulier, chez des cousins, où après avoir extrêmement bien mangé, je pensais être tranquillement en train de finir le dessert lorsque Milena s’est penchée vers moi, affolée, pour me dire que c’était juste l’entrée et que le plat principal arrivait. Impossible de dire non pour ne pas vexer et obligation de finir son assiette pour ne pas gâcher ce qui est extrêmement mal vu.

Enfin, malgré le fait qu’il s’agisse d’un pays musulman, il est possible de boire de l’alcool sans problème. J’ai bu un vin local plutôt bon, sinon c’était bière et vodka, très peu chers. La pinte était entre 60 cents et 1,5€ et la vodka autour de 3€ la bouteille.

Les déplacements

Le plupart du temps, à Tashkent, nous étions avec Nizom et sa voiture. Je ne crois pas qu’il soit possible de louer une voiture ou de conduire en tant qu’étranger. Pour le tour du pays nous avions des chauffeurs mais sinon, on peut utiliser des taxis.

En fait, tout le monde fait le taxi, il suffit de se mettre en bord de route et de baisser le bras pour que des voitures ralentissent et demandent où vous voulez aller. Il faut négocier un peu, mais on peut se rendre n’importe où pour 1 ou 2€.

Le métro de la capitale a été entièrement refait, chaque station est décorée différemment. Il y a quatre lignes. C’est confortable comme un métro, plutôt rapide, mais surtout très peu cher (pour des occidentaux hein), 12 cents le jeton.

A voir à Tashkent

L’église orthodoxe

Le pays est musulman, mais modéré et accepte toutes les religions et communautés. De la Russie il reste encore pas mal de vestiges, notamment une église orthodoxe récemment restaurée.

Complètement par hasard, nous sommes tombés sur un mariage orthodoxe que nous avons pu regarder pendant quelques minutes. C’était très beau, avec peu d’invités mais pas mal de cérémonial. Par respect nous n’avons pas pris de photos.

Madrasa

Une madrasa convertie en école d’artisan

Les madrasas sont des écoles coraniques. Les étudiants venaient y apprendre le coran bien sûr mais aussi les lettres, les mathématiques, l’astronomie et bien d’autre matières. Payantes, elle étaient réservés à une certaine élite, masculine.

La plupart du temps, le rez-de-chaussée et la cour sont réservés à l’étude, et les cellules à l’étage au logement.

La plupart ont été converties, en ateliers d’artiste ou d’artisan, en boutiques de souvenir, en musées ou en hôtels.

Celle visitée à Tashkent montrait des artisans au travail qui vendaient leur production directement dans leurs ateliers. Tout est fait main bien sûr, c’est souvent magnifique et extrêmement détaillé, mais j’ai tendance à penser que tout se ressemble un peu.

Les bazars

Passage obligé, c’est au bazar que les Ouzbeks font leurs courses. Comme un gros touriste, je me suis attardé sur les épices, les fruits et autres fruits secs exotiques.

Ici, on se fait alpaguer par les vendeurs constamment. Tous le monde nous fait gouter les produits. Tu peux toucher à tout et manger à ta faim sans quitter le marché. Par contre, il arrive que les produits sur les étals ne soient pas ceux de la meilleure qualité et il faut parfois négocier ou être un bon client, ou avec un local, pour obtenir les bons produits et les bons prix.

D’ailleurs les prix ne sont presque jamais affichés. Il faut demander systématiquement, et négocier à chaque fois.

La tour de télévision

C’est une grande tour situé non loin du quartier où j’habitais et que j’avais très envie de visiter. On peut y manger dans un restaurant qui tourne avec des baies vitrées pour voir toute la ville de nuit. J’avais particulièrement hâte vu, heu, mon fétichisme pour les villes de nuit…

Grosse grosse déception…

Déjà l’entrée est chère. Puis il faut montrer patte blanche : être accompagné, laisser ses affaires, donner son passeport, être fouillé etc. Bon rien que de très normal pour la sécurité mais un peu stressant quand même.

Ensuite on monte pas bien haut, disons la moitié de la tour. La vue y est jolie en effet mais pas particulièrement prenante. A l’intérieur de la tour, la lumière est très faible, il n’y presque personne, c’est une ambiance un peu bizarre. Il y a des modèles réduits de quelques tours dans monde, mais pas la tour Eiffel.

Ensuite le restaurant est une catastrophe. Trop sombre, lumière bleue très sale, ambiance sous-marine complètement décalée, serveurs désagréables, nourriture chère et sans goût. Je savais qu’il ne fallait pas prendre de la nourriture occidentale en Ouzbékistan, mais pour rater des pâtes à l’eau il faut le faire. Nous étions six et tout le monde a été déçu. C’est pas grave, la balade nocturne qui a suivi était superbe en comparaison.

Départ

C’est après ces quelques jours de visite que nous sommes partis, à deux seulement cette fois, faire le tour du pays.

2 Responses to “Voyage en Ouzbékistan (pt. 1)”

  1. Damien dit :

    Bonjour,
    Merci pour ce partage très intéressant 🙂

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