Voyage en Ouzbékistan (pt. 3)

Khiva

Nous partons directement depuis Nukus, en voiture avec notre chauffeur, pour Khiva. Le voyage dure plusieurs heures, dans le désert, sur des routes pas trop mal entretenues. De manière amusante, on voit parfois des choses étranges dans le désert. J’ai déjà parlé de l’abribus/autel de prière, mais il y en a bien d’autres. Parfois une usine complètement abandonnée au milieu de nulle part. D’autres fois un mini-village avec un tourbillon de sable miniature qui ne semble pas gêner les enfants. Un troupeau de moutons le long de la route, surgie d’on-ne-sait-où, ou un vendeur de pastèque, seul avec rien à l’horizon.

Un tourbillon de sable
Pas de berger ou de chien à proximité

Nous arrivons en fin d’après-midi. L’hôtel dispose d’un grand hall, peu éclairé (mais c’est une habitude j’ai l’impression). Comme à chaque fois, nous donnons nos passeports pour l’enregistrement des touristes, puis nous nous rendons dans nos chambres. L’hôtel a été refait mais c’est pas encore ça. C’est ça de prendre des chambres économiques.

Peu importe, le temps de se laver, à l’eau froide, nous ressortons pour visiter la ville, sans guide pour la soirée.

Khiva, en tout cas le centre derrière les remparts, est une ville très touristique. Un musée à ciel ouvert, conservé en l’état par l’UNESCO qui finance une grosse partie des rénovations, mais pas seulement eux. Nous sommes passé à côté d’un chantier financé par la Chine par exemple. Il y pas mal de travaux un peu partout, notamment dans les parties périphériques de la ville. Les remparts ont été refaits, ainsi que la plupart des habitations, tout en conservant l’architecture d’origine.

Quatre portes percent les remparts. L’une d’entre elle donne sur le coin vraiment touristique, avec des boutiques de souvenirs, des musées, des restaurants et bien d’autres choses.

Lorsque nous sommes arrivés il faisait extrêmement chaud et nous sommes passés, sans le savoir par le coin justement le moins touristique. Aucun restaurant visible, à part un, dont la terrasse semblait particulièrement attirante. Malheureusement, ce fût notre deuxième véritable déception. Prix très élevé, nourriture indigente et indigeste, absolument pas ce à quoi le pays m’avait habitué. Milena, outrée, a été exprimer son mécontentement à l’équipe qui a avoué très clairement que nous étions dans un restaurant pour touriste et que donc nous devions payer le prix fort. Mon amie a pu négocier une réduction de prix mais clairement nous n’avons plus jamais remis les pieds la-bas.

N’y allez pas !

Par contre, le reste était fabuleux. Un autre restaurant notamment était très bien, très bonne nourriture et prix très raisonnable. Nous y sommes retournés souvent, et nous nous sommes faits un ami du serveur, Sardor, particulièrement souriant et serviable. Très content de voir des étrangers et une demi-ouzbek, il a été très gentil pendant les deux jours.

L’après-midi nous avons simplement visité la ville tranquillement sans pression.

Le soir, certains monuments s’allument.

Mon meilleur moment a été de monter sur les remparts, la nuit, et d’observer les étoiles. Un instant fugace mais magnifique.

Le lendemain, visite de la ville dès le matin avec notre guide francophone. Très sympathique, elle nous a fait visiter une demi-douzaine de musées différents ainsi que plusieurs mosquées et madrasas.

La route de la soie !

Je ne vais pas détailler tout, mais c’était très inspirant, avec beaucoup de charme.

Ici, une mosquée restaurée avec l’aide de plusieurs pays et organisations, chacun offrant un nouveau pilier de bois sculpté.

Là un musée avec objets anciens, islamiques, dans une madrasa.

Ou encore un harem. Le roi avait droit officiellement à quatre femmes dont une seule choisie par lui. L’une était choisie par sa famille, et une autre par ses amis, et la dernière je ne m’en souviens plus. Les femmes habitaient d’un côté de la maison, et le harem était de l’autre.

Un passage secret avait été aménagé pour que le roi puisse aller voir l’une ou l’autre de ses femmes sans que les autres ne le sachent, et ainsi éviter les jalousies. Le harem était constitué des filles des villages alentours, et lorsque certaines devenaient plus âgées, elles prenaient en charge le recrutement des nouvelles. Je suis absolument certain que Netflix devrait faire une série sur ce sujet. Trahison, meurtre, sexe, il y a tout ce qu’il faut.

Un chouette minaret aussi, le minaret de la mort. Du haut de cette tour, on jetait dans le vide les condamnés.

Rien à compenser ?

Une reconstitution d’un atelier de fabrication de monnaie. Ici, contrairement à la tradition, ils avaient une barbe très courte, ou parfois pas de barbe du tout, car on pouvait y cacher des matières précieuses.

On fabriquait aussi des billets sur du tissu ou du papier de soie.

Il y avait trop de choses pour que je mettes tout, donc je vais terminer Khiva avec quelques photos sans rapport. La première d’une guerrière qui m’a tout l’air d’être la Wonder Woman de l’époque. J’aime bien. J’avoue.

Et les toits de la ville, vus depuis le plus haut mirador (mais on a pas eu droit au dernier étage pour cause de travaux).

Après ces deux jours intenses, nous repartons, direction Bukhara !

Cet article est dédié à notre ami Sardor 🙂

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